Vendredi 20 novembre 2009

photo parue sur topmada.com lors de la manifestation du 13 mai 2009
Par Ny Marina
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Vendredi 20 novembre 2009

                     C'est révoltant. Ils osent parler de concession. Ceux qui se sont emparés par la force du pouvoir à Madagascar affirment avoir fait beaucoup de concessions. Apparemment, ce n'est pas le bon sens qui les étouffe. Des concessions ? C'est le peuple malgache qui en a fait le plus. Ou du moins, on lui a fait subir toutes les humiliations  sans que son avis, à un moment quelconque de la crise, ait été sollicité. Le peuple s'exprime par voie électorale. Et c'est le choix de ce peuple qui avait été violé par coup d'Etat. Et en plus, ce n'était pas pour améliorer son quotidien, c'était pour l'enfoncer encore plus dans la misère. Et entendre ceux qui ont été à l'origine de tout ce mal déclarer qu'ils ont fait trop de concessions amène à une constatation: leur égoïsme pèse lourd, vraiment très lourd, face à leur patriotisme.

                     Aucun droit n'est à tirer d'un putsch. Au contraire, c'est un procès, et ensuite la prison, qui est normalement la réponse juridique à un coup d'Etat contre un Président élu et des institutions composées d'élus. Seulement, suite au ralliement de l'armée aux insurgés, le peuple, le vrai, peu enclin à la violence, et d'ailleurs désarmé, s'est plié. Ceux qui ont osé contester ont été fortement reprimés. Les insurgés ont usurpé de manière éhontée la voix du peuple pour soumettre le pays à un autoritarisme qui ne reposait sur aucune légitimité. Acculés par la communauté internationale à composer avec leurs victimes, c'est à dire avec les élus ( les représentants légitimes du peuple), et les autres forces politiques, les putschistes ont été contraints de revenir sur leurs prétentions à gérer le pays de manière unilatérale et exclusive. En la matière, il convient d'appeler "chat" un chat:  ce n'est pas une concession d'abandonner ( et encore en partie) un pouvoir illégitime acquis de manière illégale, c'est juste un processus de rétrocession de ses droits au peuple et à ses représentants. Les concessions, elles, sont surtout du côté des élus à qui ont été retirés de force leurs mandats. Alors, les amis de Andry Rajoelina doivent cesser d'abuser de concepts nobles par leur sens. Accepter de céder un droit légitime par patriotisme est une concession et est noble. Présenter comme une concession l'abandon d'un pouvoir illégitime n'est rien d'autre que de la manipulation.  
                     Le partage et le consensus sont les principes qui devraient régir l'application des Accords de Maputo et d'Addis Abeba. Ces principes requièrent de la part de tous une certaine humilité. Personne ne doit s'estimer avoir plus de droits que les autres, et surtout pas les auteurs d'un coup d'Etat. Le gouvernement de la Transition est annoncé pour le 21 novembre, c'est à dire pour samedi. Les observateurs espèrent que cette date n'est pas juste une réponse qui se veut rassurante par rapport à l'impatience de l'opinion publique. Ils osent croire que le "Conseil de la Présidence" s'est entendu sur la règle de répartition des ministères clés et de souveraineté. Andry Rajoelina ne doit pas se laisser influencer par des conseillers qui gardent intacts leurs reflexes de putschistes. Il est temps qu'il essaie de se comporter en vrai Président, c'est à dire en leader qui se place au-dessus des mêlées et qui, ainsi, dispose de reculs et de distance par rapport à sa propre mouvance, pour arbitrer de manière juste, avec les deux autres présidents. La présidence d'un Etat républicain s'acquiert normalement par une élection. C'est cette élection qui lui confère la respectabilité. A défaut de pouvoir jouïr de cette respectabilité électorale, Andry Rajoelina peut tout de même essayer d'acquérir la respectabilité tout court: par une attitude responsable, patriote et non partisane. Mais en est-il capable ? Jusqu'ici, les faits démontrent le contraire. Mais il est toujours temps de se rattraper.    

Par sammy rasolo  /  /rasl.trib.mid.over-blog.com
Par Ny Marina
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Vendredi 20 novembre 2009

sur mydago.com

Lyllison de Rolland sy Charles Andrianasoavina

Nanao valan-dresaka hoan’ ny mpanao gazety ny manamboninahitra tanora tarihin’i Lyllison de Rolland sy Charles Andrianasoavina ny Talata 17 Janoary teo izay nilaza fa tsy iadian-kevitra fa an’ny Ankolafy Rajoelina ny ministeran’ny fiandrianam-pirenena : raharaham-bahiny, fiarovam-pirenena filaminana anatiny, fitsarana, fitantanam-bola sy ny teti-bola izay mbola narahin-dry zareo hoe: « Fandikan-dalàna ny fizirizirian’ny ankolafy sasany tsy hanaraka io fa mety hiteraka korontana ». « Handray fepetra Izahay » raha tsy voahaja izany hoy izy ireo.

Jeneraly Désiré Rakotoarijaona

Tsy niandry ela ny fanitsiana sady valin-kafatra hoan’ireo manamboninahitr’Ambohitsirohitra nataon’ny Jeneraly Désiré Rakotoarijaona ka nilaza fa ny filoham-pirenena voafidim-bahoaka ihany no manana zo tsy azo ifampizarana (droit régalien) fa tsy araka ny filazan’ireo manamboninahitra sady mpanolotsain’i Andry Rajoelina ireo.


Roger Luc

Nandrehitra ny afo eo amin’ny tsy fitoviam-pijery eo amin’ny samy miaramila ny fanambaran’Komandà Charles sy Colonely Lyllison. Nanao valin-kafatra avy hatrany ny Komandà Roger Luc sy ny capiteny Mbohoazy Lahinilainy « fanimbazimbàna ny soa toavina miaramila ireto nataon’ny zokiny teny Ambohitsirohitra ireto » hoy izy ireo maly.
Tena manao politika ry zalahy ireto ary miandany an’i Andry Rajoelina. Fampisaraham-bazana, fanaovana tsinotsinona ny maha miaramila, fanalam-baraka ny foloalindahy ny fandikan-dry zareo ny fihetsika tahaka ireny. Farany « samy afaka miandany amin’ny ankolafy izatsy na zaroa ny miaramila rehefa samy hifanao, ary afaka hitady koloneny sivy lahy ka hamory mpanao gazety koa izahay ».


Minisitra Nöel Rakotonandrasana

Nanamafy ny minisitra Nöel Rakotonandrasana fa « fihetsika tsy ara-dalana ary tsy fanajana ny rafitra an-tanan-tohatra » ireny nataon’i Lyllison de Rolland sy Charles Andrianasoavina ireny ». Efa namoka teny ombieny ombieny ny foloalindahy hoe tokony hahazo halalana hiteny amin’ny lehibeny izay vao manao fanambarana amin’ny haino aman-jery mivantana. « Tokony mendrika azy ireo ny hampiarana ny sazy miaramila ». Tantara mitohy ny an’dry zalahy miaramila


Jly Rasolomahandry

Noraràna tsy mahazo miditra an-toby ireto manamboninahitra am-perinasa ireto fa nanao fanambarana tamin’ny mpanao gazety tao amin’ny Motel Anosy. Dia Jly Rasolomahandry Edmond,Amiraly Radavidson, manamboninahitra

Par Ny Marina
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Jeudi 19 novembre 2009

sur mydago.com

Que veut TGV, ou la France (C’est pareil) ?

Madagascar

Madagascar

  1. Que l’on maintienne ce flou politique-terroriste jusqu’à la révision très prochaine des Accords de cooperation, en 2010.
  2. Que l’on maintienne la marionnette jusqu’aux festivités marquant le cinquantenaire de l’Indépendante, qui sont prévues à relent hexagonal.
  3. Que l’on maintienne l’équipe inféodée aux gaulois pour pavoiser aux jeux francophones.
  4. Que soit annhilée toute volonté d’indépendance des malagasy, en éliminant si besoin toutes les personnalités susceptibles d’en être les catalyseurs.

Il n’y a pas la moindre volonté d’élections présidentielles avant 2010. Portez-en le deuil. Il(s) va/vont te me concocter des propositions irrecevables qui lui/leur permettront de reculer…jusqu’aux calendes grecques. Alors? Qu’attendons-nous pour réagir? Les palabres? On les a usées jusqu’à la moêle: sans résultat. La « pseudo-sagesse »? Elle cache des sentiments que je n’ose même plus expliciter. Alors? Alors?

 

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sur madatimes.com 

Le gouvernement samedi

18-11-2009| Écrit par R.C.
La deuxième réunion des trois présidents et du premier ministre a arrêté le calendrier de mise en place des institutions de la Transition. Le gouvernement sera sur pied samedi, d’après la radio Madagascar lisant un communiqué. Soit quinze jours après Addis-Abeba et une semaine après le deadline qui n’en était pas un que les mouvances se sont auto-imposées après la rencontre dans la capitale éthiopienne. Dans une conférence de presse ce mercredi, le premier ministre Mangalaza Eugène Régis a en outre annoncé qu’il dispose d’un petit quota à lui sur les membres du gouvernement dans les « autres sensibilités » prévues par l’acte additionnel d’Addis-Abeba.

Calendrier

S’agissant des autres institutions, le congrès et le conseil supérieur de la Transition verront le jour le 24 novembre tandis que le conseil national de la réconciliation est annoncé pour le 29 du même mois. Le congrès de la Transition est présidé par Mamy Rakotoarivelo, de la mouvance légaliste tandis que le conseil national de Réconciliation par Zafy Albert de la mouvance du même nom. Le camp de Marc Ravalomanana a déjà fait parvenir la liste des 52 congressmen et congresswomen dans son quota tandis que les autres tergiversent comme toujours. Pire, la mouvance putschiste n’a pas encore désignée le président du conseil supérieur de la Transition qui lui revient quinze jours après Addis-Abeba. Voilà donc un calendrier qui arrive bien tard mais qui a le mérite d’être là quand-même.

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sur sobika.com

Le nouveau gouvernement pour ce week end


 
Hier s'est tenu un conseil présidentiel regroupant le président de la Transition, les deux co présidents et le premier ministre. A l'issue de ce conseil, il a été convenu que le nouveau gouvernement devrait être entériné pour samedi 21 novembre.  Par ailleurs un calendrier pour la sortie des institutions est prévue : Le  23 novembre, date de la publication des membres du CNR, le 25 novembre date de publication des membres du Conseil Supérieur de la Transition et du Congrès de la Transition. Ainsi, avec ces échéances, la conduite de la Transition commence à prendre forme et rassure à la fois l'opinion publique ainsi que la communauté internationale. Cela veut dire que les mouvances ont 3 jours pour s'entendre sur la répartition des ministères ce qui présage un dernier rush fort en négociations. Les sorties remarquées des militaires pro Rajoelina ont ravivé des craintes concernant un blocage éventuel, ce qui n'est pas à exclure. Le commandant Roger Luc, celui qui s'était interposé face au commandant Charles à Ivato lors du retour de Manandafy de Maputo s'est d'ailleurs exprimé à ce sujet en critiquant l'attitude des militaires ayant demandé les ministères de souveraineté pour le président de la Transition. De son coté, la société civile a fait parvenir une liste de plusieurs dizaines de noms pour participer aux institutions de la transition. Bref, nous sommes entrés dans la dernière ligne droite pour tous ceux qui souhaitent apporter leur contribution dans les nouvelles institutions qui vont régir Madagascar pendant quelques mois.
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sur french.news.cn

Les événements clés de la crise politique à Madagascar (CHRONOLOGIE)

Publié le 2009-11-08 08:21:05 | French. News. Cn

ANTANANARIVO, 7 novembre (Xinhua) -- Les quatres principales mouvances malgaches ont signé samedi à matin à Addis-Abeba un accord sur le partage du pouvoir pendant la transition qui doit conduire à à l'élection présidentielle fin 2010, au terme de leurs négociations dans la capitale éthiopienne.

Voici les événements clés de la crise politique à Madagascar depuis décembre 2008 :

- décembre 2008 : le gouvernement du président Marc Ravalomanana ferme la chaîne de télévision privée du maire d'Antananarivo Andy Rajoelina, après la diffusion d'une interview de l'ex-président Didier Ratsiraka, exilé en France depuis 2002.

- janvier 2009 : Rajoelina dénonce des atteintes aux libertés en s'élevant contre la politique nationale du président Marc Ravalomanana.

- 26 janvier 2009 : Rajoelina déclenche une grève générale, au moins deux morts et dix blessés dans une manifestation politique à Antananarivo.

- 31 janvier 2009 : Rajoelina se déclare en charge des affaires du pays.

- 7 février 2009 : Rajoelina se proclame président de Madagascar et annonce la formation d'un gouvernement de transition.

- 17 mars 2009 : Ravalomanana démissionne. Le directoire militaire transfère le pouvoir à Rajoelina en tant que président des autorités de transition.

- 20 mars 2009 : l'Union africaine (UA) suspend Madagascar.

- 21 mars 2009 : Rajoelina prête serment comme président de la "Haute Autorité de Transition" (HAT).

- 30 mars 2009 : la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), suivie de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), suspend Madagascar.

- 3 avril 2009 : les assises nationales malgaches consacrées à la crise politique.

- 9 au 10 avril 2009 : premières discussions directes entre délégations de Ravalomanana et Rajoelina à Madagascar, en présence d'émissaires des ex-présidents Didier Ratsiraka et Albert Zafy.

- 20 mars 2009 : deux partisans de Ravalomanana tués lors d'un affrontement entre forces armées et manifestants anti-gouvernementaux. Deux morts le 24.

- 12 juin 2009 : les négociations sur la crise à Madagascar sont suspendues à nouveau après le retrait de la HAT.

- 22 juin 2009 : l'Autorité de transition de Madagascar prend le contrôle des forces armées.

- 31 juillet 2009 : les chefs des quatre mouvances acceptent de participer aux pourparlers à Maputo, au Mozambique.

- 1 août 2009 : les parties prenantes malgaches signent une charte de transition à Antananarivo à l'issue de deux jours de consultation à huis clos.

- 4 au 9 août 2009 : pourparlers à Maputo, où est signé un accord sur une transition politique d'une durée de 15 mois maximum, à l'issue de laquelle des élections législatives et présidentielles se tiendront sous la supervision internationale. Une amnistie sera accordée à Ravalomanana, lui permettant de revenir au pays.

- 25 au 28 août 2009 : deuxième cycle des pourparlers à Maputo, sans aboutir à un accord sur la répartition des postes clés au sein du gouvernement de transition.

- 7 novembre 2009 : quatres mouvances malgaches signent à Addis-Abeba un nouveau accord sur le partage du pouvoir, qui maintient Andry Rajoelina, à la tête de la Haute Autorité de Transition, mais lui adjoignant deux "co-présidents" et un Premier ministre issus des autres mouvances.


 
 
Par Ny Marina
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Jeudi 19 novembre 2009

Ndimby A.

 
 
Quoi que dise qui que ce soit, je constate avec regret, mais aussi avec amusement et sans étonnement, que le fameux Gouvernement de transition issu des Accords d'Addis-Abeba n'est toujours pas sur les rails, deux semaines après la fin de la réunion dans la capitale Ethiopienne. Autrement dit, dès que l'ombre du Président Chissano s'éloigne, les politiciens malgaches se retrouvent entre eux, en proie à  leurs vieux et peu glorieux démons. Chaque jour qui passe depuis le début de la crise semble démontrer que les hommes politiques de Madagascar ont impérativement besoin des Africains et des Vazaha pour pouvoir s'entendre entre eux : Addis-Abeba 2 n'était donc peut-être pas le dernier de la série des rencontres sous l'égide du Groupe international de contact (GIC). Car pour boucler la boucle, il faudrait envisager de regrouper encore une fois la bande des quatre, pour avoir la liste complète du Gouvernement. Puis une autre fois pour les membres du Congrès. Puis encore une fois pour le Conseil supérieur de la transition. Et pour la Haute cour de la transition. Etc.

A qui est la faute de ce blocage ? Même si l'ambiance post-Addis Abeba appelle à la retenue et à la conciliation, force est de regretter un comportement plus que dilatoire de Andry Rajoelina et de son équipe dans l'application des divers accords signés.

Primo, ils veulent remettre en cause le partage entre les mouvances des ministères de souveraineté nationale, alors que ce principe était pourtant déjà acquis en Ethiopie. D'ailleurs, je m'y attendais, et j'avais averti depuis plus d’un mois et à plusieurs reprises que ces postes seraient les principaux écueils pour le vrai  retour à la sérénité. C'est la raison pour laquelle, contrairement à beaucoup, je n'ai jamais manifesté d'enthousiasme délirant après les décisions prises à Maputo, Antananarivo ou même Addis-Abeba. La sortie de crise sera toujours lointaine, tant qu'on n'aura pas un accord sur ces postes hautement stratégiques, car ils donnent accès à l'argent (finances), à la mainmise sur les élections (intérieur), à la notoriété internationale (affaires étrangères), aux poursuites judiciaires en cours ou à venir (justice) ainsi qu'aux forces de sécurité (armée et police).

Secundo, il est manifeste que le Président de la transition (PT) et son entourage mettent une extrême mauvaise volonté à prendre certaines décisions découlant pourtant logiquement des Accords d'Addis-Abeba. Cela va des avantages logistiques liés à la fonction des co-présidents de la Transition (bureaux, véhicules etc), à la libération des prisonniers politiques (à commencer par le député Raharinaivo). Qu'on ne nous dise pas que la Transition manque de véhicules, quand on voit toutes ces voitures mises à disposition des membres et des vassaux de la Haute autorité de la Transition (HAT), grâce au parc automobile constitué pour le Sommet de l'Union africaine.  Et qu'on ne nous  dise pas non plus qu'il faut respecter les procédures judiciaires avant de libérer Raharinaivo, car ce serait oublier trop vite la libération hâtive de ces prisonniers se disant politiques, mais condamnés pour des dossiers de droit commun. En fait, le PT ne veut pas donner trop d'espace et d'envergure aux co-présidents, sous peine de voir la sienne diminuer. Car si MM. Rakotovahiny et Rakoto-Andrianirina font valoir légitimement qu'en tant que co-présidents, ils ont les mêmes droits protocolaires que Andry Rajoelina ; ce dernier se plaira à chaque fois à rappeler à ses deux collègues du Conseil présidentiel qu'ils sont à l'étage au-dessous, car le texte d'Addis-Abeba lui accorde la fonction de Chef de l'Etat. Pauvre Etat...

Tertio, alors que le sens même des réunions de Maputo et d'Addis-Abeba était basé sur la volonté de trouver une solution politique à une crise politique, certains officiers sont remontés au créneau en début de semaine pour exiger que la mouvance Rajoelina rafle les ministères de souveraineté. Dans un Etat démocratique, autrement dit où la Constitution et les élections sont reines, le pouvoir militaire se subordonne au contrôle des civils. Quant aux militaires, ils restent à la caserne et se mettent au garde-à-vous, tout en fermant leur clapet pour mériter l'appellation de la Grande muette. Car quand celle-ci commence à l'ouvrir à tort et à travers pour donner ses instructions, avertissements et conditions à la classe politique, c'est que quelque chose ne tourne plus rond. Soyons un instant sérieux : comment accorder de la crédibilité à des officiers qui affirment ne pas entrer dans le jeu politique, mais qui sont utilisés par un politicien pour stabiliser son assise vacillante, après avoir été utilisés par le même politicien pour faire basculer un mouvement de contestation en sa faveur ? Cette question s'adresse en particulier aux aveugles et naïfs qui refusent d'admettre qu'il y a eu un coup d'Etat appuyé par une action des militaires, donc putsch militaro-civil.

Nous ne sommes donc pas encore entrés dans la phase de sortie de crise. Comme nous l'écrivions il y a quelques semaines, la porte n'est pas la route : avoir signé un Accord est un premier pas important, mais insuffisant. Attendons donc la présentation du Gouvernement avant de sabler le champagne, qui selon toute probabilités restera encore un peu de temps au frais.

Le PT exige les ministères de souveraineté ainsi que ceux qui lui permettront de maintenir ses amis fidèles, dont les postes des télécommunications et la communication. Une fois encore, il ne s'agit que de ady-seza, ce qui démontre une fois encore que ce fameux Intérêt supérieur de la nation dont tous les politiciens se prévalent, n'existe que dans leur imagination. On l'a d'ailleurs déjà vu avec les tentatives désespérées de Monja Roindefo pour s'accrocher à Mahazoarivo, sous couvert de juridisme mal placé chez un Premier ministre insurrectionnel. Pour revenir au point où nous sommes actuellement, on se demande d’ailleurs à quoi servait ce cinéma à Addis-Abeba, car au final, les signatures des quatre leaders politiques ne valent que leur pesant de poil à gratter. Et il est maintenant évident que certains des signataires ont apposé leur paraphe, plus par peur des menaces de plus en plus précises de sanctions européennes, que par conviction de la nécessité de mettre fin à cette crise. 

Raisons souterraines

Au-delà de la vulgaire bataille pour des sièges qui traduisent les luttes d'influence à la veille des élections, il semble qu'a priori, deux phénomènes sont les principaux obstacles à une véritable sortie de crise..

Le premier est ce qu'un analyste politique malgache, mais travaillant pour la communauté internationale, appelle « la théorie de la courbe en J ». Selon lui, les personnes qui vont à une table de négociations ne pourront rechercher sincèrement une vraie solution s'ils ne sont pas intimement convaincus qu'ils sont au creux de la courbe.  Par contre, tant qu'ils penseront avoir encore de la marge pour négocier, ils continueront à tirer sur la corde pour marchander. La crise continuera à s'enliser, et le pays à s'enfoncer. Question : que faut-il encore à Andry Rajoelina pour se rendre compte que le pays est déjà au fond du gouffre ? Plus d'entreprises qui ferment ? Plus de chômeurs ? Le retrait définitif de l'AGOA ? Une guerre civile ? Ou, comme le suggérait le poète Sedera Ravalison, 20 ans de plus ?

Le second point est une interrogation sur les suspicions de gros bras motivés financièrement pour appuyer le coup d'Etat. Si la solution tarde tant à se dessiner, c'est sans doute parce que des personnes dans les coulisses du pouvoir hâtif font blocage de tout leur poids pour s'y opposer. Question 1 : existe-t-il des intérêts financiers individuels qui font que des gens n'ont pas envie de quitter trop tôt le pouvoir de Transition ? Question 2 : comme chez les commerçants karana, le produit (ou service) déjà vendu n'est ni repris ni échangé. Des voyous qui ont reçu de l'argent pour mettre la force de leurs bras ou de leurs armes au service de ceux qui ont organisé le renversement du Président Ravalomanana, se sentent-ils obligés de verser dans le jusqu’au-boutisme pour ne pas avoir à rendre les avances perçues, ou pire, rendre des comptes à la justice ? Car il semblerait que l’Europe souhaite des enquêtes sur les exactions commises sur les civils. On ne saurait trop suggérer au PT de s’engager à ce que lumière soit faite sur toutes les exactions de cette crise, et non se complaire de façon autiste juste sur la date du 7 février 2009.

Encore une fois, la communauté internationale doit rester vigilante, et se dire elle aussi qu’on a ouvert la porte, mais qu’on n’est pas encore au bout du chemin. L’expérience montre qu’Andry Rajoelina et son entourage deviennent raisonnables uniquement sous la menace de l’application de sanctions financières et de gel de l’aide internationale. Si la France s’est très rapidement empressée d’annoncer que pour elle le temps était revenu au beau fixe et que son aide allait reprendre (rien d’étonnant, même si le Gouvernement de transition était encore any an-kibon’ny omby…), il serait souhaitable que les véritables pourvoyeurs d’aide budgétaire (Union européenne, Banque mondiale, BAD) attendent d’y voir plus clair sur la formation et surtout le fonctionnement du Gouvernement, avant de rouvrir les robinets. Car dans ce contexte, le déblocage trop rapide et suivant un mauvais timing de l’aide risque d’encourager certains à se complaire dans leur constipation mentale volontaire et affligeante.
Par Ny Marina
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