Jeudi 5 novembre 2009
L'Addis de der ?
 
Au Nord- Ouest, rien de nouveau. Après deux jours de réunion, il n’y a rien à signaler du côté d’Addis-Abeba. Sceptique devant les pseudo-avancées de Maputo 1 et Maputo 2, nous écrivions le 27 Août 2009 le paragraphe suivant. « Apparemment ça coince déjà à Maputo, dès les débats pour l’attribution du premier poste sur les 457 à se répartir entre les mouvances, celui de Président de la Transition. D’un côté, le Président Ravalomanana revendique « N’importe qui, sauf Andry Rajoelina ». De l’autre côté, Monsieur Rajoelina clame « Personne, à part moi ». Et au milieu, Didier Ratsiraka qui tire des ficelles pour reconquérir une importance dans le jeu politique malgache. Quant à Albert Zafy, il se conduit en homme sage. Et au milieu de tout ce beau monde, mais à 1700 kilomètres de distance, le peuple malgache, qui travaille et paye ses impôts, mais qui subit les fadaises de sa classe politique depuis 1960 ».

Vous remplacez Maputo par Addis-Abeba (et remaniez le chiffre de la distance), et vous obtenez un texte dont la pertinence semble être encore et toujours d’actualité, plus de deux mois après. Car sur le principe de la continuation des discussions entre les quatre leaders politiques, Maputo 3 a bel et bien eu lieu, mais a juste été déplacé géographiquement à Addis-Abeba.

Même si cela irrite certains lecteurs qui font remarquer (hélas, à juste titre) « que nous devons bien faire avec nos politiciens, vu que nous n’en avons pas d’autres » nous avons souvent manifesté notre défiance devant la classe politique malgache et les intérêts réels qui sous-tendent leurs actes, maladroitement camouflés derrière le fameux intérêt supérieur de la nation. Car les faits sont têtus depuis trois mois, malgré ce que Patrick hier mentionnait comme petits pas obtenus : une charte par ci, un consensus par là sur le nom de Mangalaza, une clé de répartition sur les strapontins. Mais dès que l’on s’approche du sommet de la pyramide, les discussions calent irrémédiablement. Les politiciens malgaches peinent à s’entendre sur une sortie de crise, et ce n’est pas en changeant la ville d’accueil ou le numéro de la réunion, que le résultat sera garanti. Depuis Maputo 1, on reste encore sur la même question : qui va diriger la Transition ?

Quelques heures après la signature des Accords de Maputo, nous en dénoncions déjà les ambiguités en anticipant certains problèmes. Puis face aux poussées enthousiastes après les accords d’Antananarivo en Octobre dernier, nous nous empressions de mettre un bémol le 7 octobre  : « sur ces quatre noms (Rajoelina, Mangalaza, Rakotovahiny et Zafy) est une bonne chose, mais il ne faut pas se fourrer le doigt dans l’œil : on dit que le diable se cache dans les détails. Les négociations sur les ministères dits « de souveraineté » (justice, intérieur, forces armées, finances et affaires étrangères) sont encore une autre paire de manches ». N’est-ce pas sur ce thème que Andry Rajoelina a affirmé avoir des droits avant son départ pour Addis-Abeba ? Cela annonçait déjà une bonne séance de boogie-woogie à Addis-Abeba.

Malgré ceux qui souhaitent, par optimisme, par conviction ou par naïveté, placer leurs espoirs dans la classe politique malgaches,Addis-Abeba 2 risque de faire chou blanc (1). Dans ce cas, le Groupe international de contact (GIC) va certainement sortir un communiqué pour noyer le poisson, et mettre le focus sur une répartition de strapontins et de poufs sur laquelle il y aura eu consensus, pour éviter de laisser croire que l'argent a été jeté par les fenêtres. En attendant Maputo 4 (qui pourrait se dérouler à Dakar, Port-Louis, Pretoria, au Caire ou ailleurs…).  

Bien entendu, personne ne souhaite cette issue, mais il faut être réaliste : les politiciens malgaches ne sentent pas encore que le pays est au fond du gouffre, et pensent qu’il y a encore de la marge pour le marchandage.  Or tant qu’ils auront ce sentiment, ils vont continuer le processus d’escalade, et ce jusqu’à ce qu’il y ait un vainqueur qui s’impose, par conviction ou par K.O. des adversaires. On ne sait trop quel sera l’indicateur qu’ils attendent pour se décider à ENFIN discuter sérieusement : les sanctions internationales, la guerre civile, ou les 100.000 employés du textile qui risquent de se retrouver dans la rue si l’AGOA n’est pas reconduit ?

C’est pour cela que nous écrivions déjà le 5 août 2009 : « sans vouloir jouer l’oiseau de mauvais augure, je ne crois pas trop en Maputo » Cela avait soulevé le courroux de certains. Trois mois après, il serait intéressant de voir la tête de ceux qui prédisaient déjà à l’époque le Paradis, avec Rajoelina dans le rôle de Saint-Pierre (si ce n'est de son patron). Car le principal obstacle à la sortie de crise, c’est l’état d’esprit des personnes qui négocient. Et cet état d’esprit n’est pas près de s’améliorer. Le Président Ravalomanana et Monsieur Andry Rajoelina ont encore trop de ressentiments récents qui vont les empêcher pour un certain temps de faire l’un envers l’autres les concessions fondamentales, qui sont pourtant les plus dures.

Ainsi, l’un et l’autre deviennent un facteur de blocage vers la sortie de crise pour le pays. Si Marc Ravalomanana s’en est rendu compte et a décidé de son propre chef et dignement de ne pas participer à la gestion de la Transition, Andry Rajoelina pour sa part ne l’entend pas de cette oreille. On ne peut pas lui en vouloir : pour avoir un sens minimum de ce fameux intérêt supérieur de la Nation, il faut une envergure minimum d’homme d’Etat, ce qui s'acquiert par l'expérience, le talent et les bonnes fréquentations. Or autour de lui, il n'y a que des griots qui l’encensent et l’hypnotisent au son de gargarismes du style : « c’est celui qui a tué le crocodile qui doit se parer de sa dentition ». Or, il ne faut pas qu’il l’oublie : même si une certaine réalité du terrain lui est relativement favorable, le fait d’être arrivé au pouvoir par un coup d’Etat ne le rendra jamais légitime avant une élection, quoiqu’en disent ses thuriféraires. Et d’ailleurs, si Monsieur Rajoelina était aussi légitime que ça, il ne serait pas obligé de passer sous les fourches caudines de la communauté internationale. Celle-ci doit cependant commencer à s'impatienter.

Une solution qui serait possible pour aboutir à une sortie de crise rapide serait que Andry Rajoelina quitte la tête de la Transition, en rendant par exemple le pouvoir au triumvirat militaire à qui Marc Ravalomanana avait remis les pleins pouvoirs. Ces généraux mettraient en place un gouvernement civil qui organiserait les élections, tout en s’interdisant de se présenter. Par contre, tous les politiciens pourraient se présenter, y compris le Président Ravalomanana et Andry Rajoelina. Ainsi les urnes trancheraient une bonne fois pour toutes, et on quitterait ce schéma calamiteux de prise de pouvoir par la rue que seuls les adeptes de la loi de la Jungle peuvent approuver. Mais ne nous faisons pas d’illusions : ce schéma est impossible. On attendra donc encore la prochaine réunion convoquée par le GIC.

Ceci étant dit, même si nous constatons avec amusement que le temps que plusieurs prévisions se sont avérées justes depuis Janvier, nous espérons nous tromper et entendre aujourd’hui qu’un accord a été trouvé, et qu’une vraie transition sereine pourra commencer. Mais à la différence de notre contradicteur préféré sur le forum, nous ne fonctionnons ni au THB ni aux substances euphorisantes. Aucune raison donc que nous nous mettions à croire à l’existence des éléphants roses. Le 8 Mai 2009, alors que les rumeurs d’accord politique circulaient, nous mettions en garde : « attendons donc de voir la Convention signée avant de sabrer le champagne, du moins pour ceux qui en ont encore avec cette crise. Les autres se contenteront de ranovola ». Depuis, on se rend compte que les accords signés dans la capitale mozambicaine ou le communiqué de presse du 6 octobre à Antananarivo ne semblent être que des péripéties sans importance. Même pas la cerise sur le gâteau, car il n'y a ni gâteau, et encore moins de cerise.


par Ndimby A.
__________
 (1) Le sage et bien documenté Patrick nous rappelait il y a quelques jours qu’une réunion sur la crise malgache avait déjà eu lieu à Addis-Abeba en Avril.
Par Ny Marina
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009

Ndimby A.

 
afficher les détails 1 nov. (Il y a 4 jours)
Espèce de fils de ...
 
Même les Malgaches de Dago qui suivent l'actualité française ne peuvent avoir échappé à l'épisode de la présidence de l'Etablissement public d'aménagement du quartier d'affaires de la Défense (Epad), avec Jean Sarkozy dans le rôle principal. On ne parlera pas du fond de cette histoire, qui se déroule en France et concerne les Français : pour ces deux raisons (au moins), je m'en moque donc complètement. Laissons aux françafricains du forum de Tribune.com le privilège démocratique de venir épancher leurs sentiments pro-HAT (Haute autorité de l'Etat) sur les forums gasy au sujet de la vie politique malgache. Histoire sans doute de continuer la mission civilisatrice du bon bwana que la pacification galliénique et les tirailleurs sénégalais n'ont pu finir de mettre en place.

Le devoir parental

Mais revenons à nos moutons de ce jour, autrement dit les aventures de Jean Sarkozy qui nous invitent à réfléchir sur le thème général des « fils de » et « filles de ». Si Jean Sarkozy s’était appelé Dupont, Ranaivo, Popeye ou Ndiaye, quelqu’un aurait-il démissionné volontairement du Conseil d'administration de l'Epad pour lui laisser le champ libre ? Il ne peut toutefois souffrir de discussion que la mission fondamentale des parents est de fournir à leurs enfants les armes nécessaires pour affronter la vie dans les meilleures conditions. Inculquer le savoir-vivre et le respect du Droit (civil, commercial ou constitutionnel...), assurer l'éducation, et financer l'instruction sont les principaux chantiers. Le bilan n'est toutefois pas toujours garanti, malgré les efforts en principe fournis par tous les parents qui se respectent : certains enfants sont incapables d'aller loin dans les études, usent de méthode sans foi ni loi pour arriver à leurs fins, et même dans le pire des cas, renversent par la force des régimes établis.

Pour les exemples des hontes pour leur famille, il y a un très large éventail de choix, depuis le détrousseur sur la voie publique à Analakely (espèce en forte croissance depuis les manifestations du premier semestre 2009), jusqu'au détraqué mental Adolf Hitler, en passant par le sergent libérien Samuel Doe. Point commun : aucun scrupule dans la volonté de s'approprier par la violence quelque chose auquel ils n'avaient pas droit. Car il y a une grande différence entre l'ambition légitime et louable de celui qui veut grandir par le travail (même s'il n'a pas de diplômes, car il existe d'autres valeurs) ; et la prétention du mal élevé, mal éduqué et peu instruit qui considère qu'il a tous les droits. Et plus on est petit et mesquin, plus on est mégalomane : le putschiste Jean Bedel Bokassa n’a-t-il pas exigé de se faire appeler « empereur » ? Devant cela, ceux qui font des coups d’Etat pour se faire juste appeler « Monsieur le Président » passeraient presque pour de gentils garçons.

De la mission parentale énoncée plus haut, il n'y a donc rien de répréhensible à ce que les parents donnent un coup de pouce à leurs enfants, ou même leur fournissent un bel ascenseur à piston : c'est leur droit, et même leur devoir d'assurer l'avenir de leur progéniture.  Là où le bât blesse, c'est quand cette méthode de transmission dynastique est appliquée dans certains secteurs qui nécessiteraient pourtant des principes d’équité, de justice ou de transparence. Ainsi, il est a priori tout à fait acceptable qu'un père (ou une mère) qui part à la retraite remette les rênes de son entreprise à son enfant. Mais on s'étonne que dans certaines Républiques qui ne le sont que de nom en ce XXIème siècle, ce sont des transmissions de pouvoir qui se font encore au bénéfice des fils à papa.
Baby Doc
Jean-Claude Duvalier (Baby Doc), un sinistre fils de...
Quelques exemples : François Duvalier à Baby Doc (chef d'Etat à 19 ans à la mort de son père) ; Kim Il Sung à Kim Jung Il en Corée (et il semble que Kim Jong Un, le fils cadet du dernier cité soit préparé depuis Juin 2009) ; le Congolais Joseph Kabila que les partisans de son père Laurent-Désiré ont installé après l'assassinat de celui-ci ; le Syrien Hafez el-Assad qui s'arrange pour faire nommer son fils Bachar après sa mort ; le Gabonais Ali Bongo « démocratiquement élu » avec 41% des voix pour remplacer son père Omar. Bien sûr, on peut toujours faire preuve d’optimisme naïf, et croire que dans ces pays il n'y ait personne d'autre qui soit suffisamment brillant pour se proposer en alternative. Mais on peut surtout imaginer que des systèmes mis en place depuis des décennies ont verrouillé les voies d'accès au pouvoir, ce qui fait que certaines élites au pouvoir ont intérêt à maintenir une certaine sclérose des réseaux politiques, économiques et militaires. Exception faite de Laurent-Désiré Kabila qui n'a pas eu le temps de s'éterniser très longtemps au pouvoir, ayant eu au bout de cinq ans une  fin tragique, qui somme toute est loin d'être indigne de ceux qui accèdent au pouvoir par la force des armes.

Soulignons toutefois que le propos n'est pas de s'insurger contre les héritiers politiques. Le problème que nous pointons du doigt ici n'est pas l’existence de dynasties dans un système républicain, mais le mode d'accès et de maintien au pouvoir de certaines familles. L'Histoire rengorge d'anecdotes de successions par voie électorale : Benazir sur les traces d'Ali Bhutto au Pakistan ; Indira à la suite de Jawaharlal Nehru ; Georges W. qui occupa le bureau ovale après Georges Bush ; et même Cristina qui succéda à son mari Nestor Kirchner en Argentine, réussissant là où Bill et Hillary ont échoué, et surtout étant dans l’Histoire le premier couple à se transmettre directement le pouvoir suite à une élection présidentielle.

Il ne faut pas croire que le concept de Zanak'i Dada a été inventé au Magros : depuis que Madagascar est une République, les générations de politiciens existent, et certains parcours paternels créent souvent des vocations. Roindefo fils de Jaona, Ny Hasina fils de Richard, Francisque fils de Jules, Ruffine fille de Philibert, Jacques fils d'Albert, Patrick fils d'Ismael... Certains ont même fondé l'association des enfants de la première République. Cependant, aucun chef d'Etat malgache n'a encore cherché à imposer sa descendance, même s'il fut un temps, l'opinion publique prêtait à Didier Ratsiraka le rêve de préparer sa fille Sophie. Ceci étant dit, le népotisme qui accorde des passe-droits aux proches et à la famille a toujours été de mise dans le domaine économique, et pas toujours de manière glorieuse. La bonne gouvernance n'existe donc pas toujours (et même pas souvent) quand les intérêts familiaux se mêlent aux intérêts économiques (groupe Tiko, Sonavam etc.), eux-mêmes juxtaposés à l'exercice d'un mandat électif. Peut-on alors envisager que ces mauvaises pratiques puissent un jour transpirer dans la vie politique et faire en sorte qu'un chef d'Etat manoeuvre pour nous imposer son galopin, en dehors de tout processus électoral démocratique, juste et équitable ?

Schéma pas impossible

Ce schéma est peu probable, mais pas impossible, du moins sur le plan théorique. L'expérience montre que la foule malgache se laisse régulièrement manipuler par les pseudo-Messies et accepte de gober n'importe quelle fadaise, avant de se rendre finalement compte que le pseudo-Messie n'était qu'un vil bonimenteur. Pas étonnant, écrivions-nous il y a quelques mois : le QI d'une foule est inversement proportionnele à sa taille. Souvenons-nous des thèmes de 1972, 1991, 2002 et 2009, et de la déception systématique quelques années plus tard, d’ailleurs à la mesure de l’enthousiasme généré sur la Place du 13 mai. C’est pour cela qu’aux bienheureux (voir Matthieu 5 :3) qui ont soutenu le coup d’Etat de 2009, et qui maintenant se plaignent de ses impacts socio-économique, nous répétons sans aucun scrupule : « Akorinao izay ! »  (et accessoirement mais en français, shut up).  Comme dirait la Fontaine, « vous chantiez, j'en suis fort aise, et bien dansez maintenant ». Avec tant d’ingénus volontaires pour remplir les places publiques sur la base de n’importe quoi déclamé par n'importe qui, il suffirait de peu pour qu'un jour, un autre bonimenteur encore plus habile que ses prédécesseurs impose à d’autres foules son rejeton à la tête de ce pays.

La solution pour éviter cela passe par une refondation des bases mêmes de la pratique politique au sein de ce pays. La forme néopatrimoniale en usage au sein des partis politiques autorise déjà à des critiques : à Madagascar, il semble normal et naturel que le parti soit dirigé pendant de nombreuses décennies par son fondateur, et que le flambeau soit ensuite repris par son fils, comme si le parti était un bien familial. Le Leader-fanilo a fait exception, mais quoiqu'on en dise, Herizo Razafimahaleo était politiquement d'un autre calibre que la plupart des tocards de la classe politique, qui n’a de classe que l’expression. Ainsi, on apprend maintenant que Didier Ratsiraka revendiquerait à nouveau la direction de l'Arema, le parti qu'il a créé en 1976 ! Cela démontre la défaillance dans la préparation du renouvellement des élites, à moins que ce renouvellement n'ait jamais été voulu.

Le développement d'institutions fortes et crédibles, la mise en place de balises à l'exercice du pouvoir, la nécessité de prodiguer une véritable éducation citoyenne au peuple et surtout aux politiciens, l'indépendance de la Justice : voilà autant de grands travaux qui s'annoncent nécessaires. Je vois d'ici les applaudissements hâtifs qui vont s'écrier : «  mais justement, c'est la raison d'être de la Transition, qu’il faut donc soutenir pour qu’elle se passe bien ».

Le bien-fondé d'une Transition vers un véritable Etat de droit, bien gouverné et régi par une démocratie réelle n’est pas à remettre en cause, surtout après 50 années d’errements sous prétexte d’Indépendance. Par contre, ce qui est extrêmement critiquable, c'est la méthode employée par les initiateurs de la Transition actuelle ; et surtout la qualité même de ces initiateurs-là. Comment avoir confiance et mettre de l’espoir dans des gens qui n'hésitent pas à faire autant de manoeuvres pour s'asseoir à Ambohitsorohitra ou s'accrocher à Mahazoarivo, au mépris du nombre de morts, de faillites et de chômeurs ?
Ces gens-là et leur clique sont alors bien capables de nous imposer un jour leurs « fils de » ou « filles de ». Une race qui tend à devenir courante au sein  du Tiers-Monde. Une espèce à part, comme d'ailleurs les putschistes. Après les « fils de » ceux-ci, les « espèce de ... » ceux-là ?
Par Ny Marina
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009

Le 31 octobre 2009

 

LE BONHEUR PAISIBLE RADZOUËLIEN

 

 

Dans le passé malgache, il y a deux mots dont il faut se souvenir, car ils expriment l’idéal prédominant de la vie. Ce sont le verbe miadana et son dérivé fiadanana. Plus important que le fihavanana, le fiadanana – je devrais mettre une majuscule –, le Fiadanana est donc le bonheur paisible que de bonnes relations sociales, qu’une bonne administration et qu’un bon gouvernement procurent à ses sujets. Pour la vie d’une maisonnée, je me souviens d’un proverbe des Anciens – un Ohabolan’ny Natolo dans l’édition Rabetafika – qui dit :

Miadana ory

Toy ny andevolahy homan-kerotra

Qui est choyé dans sa misère

Ressemble à l’esclave qui mange de la crème

Je reprends la traduction donnée dans le mémoire de l’Académie Malgache en 1972. nous pourrions nous permettre tout aussi bien de traduire le premier vers par : « Qui, dans sa misère, jouit d’un bonheur paisible… ». Jouissant d’un bonheur paisible, le retraité boit du lait (misotro ronono). Mais la crème fraîche (hero-dronono) est bien préférable et supérieure au simple lait tout venant que nous donnent nos vaches.

La toponymie en Imerina nous fournit de nombreux exemple de villages qui s’appellent Miadanandriana, Miadamanjaka et Miadanimerina et qui témoignent d’événements qui firent le bonheur des ancêtres de leurs actuels habitants. Dans la toponymie, l’on peut trouver aussi le souvenir d’événements malheureux, comme ce village de l’Ambodirano qui autrefois s’appela Fiadanana « Bonheur paisible » et qui devint Ambohimangidy « A la colline amère » !

Est-ce ce bonheur paisible que les transitionistes veulent rétablir dans le pays ?

*

Interviouvée sur Rfi la semaine écoulée, Nathalie Rabe, notre « ministre » de la communication, dit que tout est parti après l’interdiction de TV Viva pour mettre fin aux horreurs ravalomananiennes. Etait-ce par ignorance ou par volonté de désinformation que la voix charmante de cette « ministre » parlait ainsi sur la radio mondiale ? Car, hier à L’Invité du Zomà, Pointe de Sagaie rappelait à tous les téléspectateurs les malheurs qui lui étaient infligés par Rajoelina. Nous savons que s’il occupe toujours la primature à Mahazoarivo, on lui a retiré ses collaborateurs en licenciant les nouveaux recrutés et en affectant les autres dans le bâtiment d’Antaninarenina occupé maintenant par la Primature. Le pauvre se retrouve administrativement tout nu – ce qui est le comble du déshonneur comme on le voit dans Tsiafabahiny, une chanson de geste betsileo que Lucien-Xavier Andrianarahinjaka publia en annexe à sa thèse. Pointe de sagaie est donc administrativement tout nu, alors qu’il raconte qu’il était avec Rajoelina depuis le mois de septembre 2008 – date à laquelle tous les deux avaient commencé à mettre au point leur coup d’Etat. C’était donc bien avant l’interdiction de Viva. Le pauvre est même obligé aujourd’hui de faire manifester ses partisans. Un Premier Ministre qui envoie les gens manifester dans la rue contre le gouvernement, voilà bien un événement très distinctif de la vie politique malgache et que l’on n’avait pas encore vu ailleurs. Nous savons bien innover. Manifestement, ce pauvre Pointe de Sagaie n’a pas, quant à lui, accédé au bonheur paisible qu’il espérait.

*

Qu’en est-il de nous tous ? Vivons-nous un vrai bonheur paisible à l’ancienne en ces temps de fanjakan’Ijoelina ? Si votre réponse est négative, c’est que vous n’avez pas su vous adapter à la situation actuelle et que vous n’avez pas compris ce qu’est le bonheur radzouëlien. Il n’est sans doute pas inutile de vous aider à en bénéficier et à en jouir. Ne soyez pas, comme le dit cet autre proverbe, des :

Tompony mba mihono

Toa zanak' anabavy

ne soyez pas « Des propriétaires qui disent "il paraît" », car vous ressembleriez aux enfants de la sœur qui ne sont pas informés des projets en cours. Voici mes conseils.

Pour vivre heureux, vivons cachés, dit la sagesse populaire. Adaptée au temps présent, elle nous conseille de n’apparaître ni à la télévision ni dans les autres médias. Faites comme Ndimby et Patrick, ces deux grands futés dont les propos mettent en colère les politiciens de tous les bords, tant ils sont clairvoyants en vrais andriana maminany de notre époque. Ils sont capables de voir l’avenir et quand, le matin, ils annoncent que la grêle va tomber l’après-midi, leur prévision se réalise. Si vraiment vous vous sentez obligé d’intervenir sur la scène publique, faites-le sous un pseudonyme.

Si, comme Raharinaivo, vous êtes légaliste et prêt au consensus et à la réconciliation, mais que vous ne vouliez pas vous retrouver à Antanimora, sachez que vous êtes du nombre des plus grands ennemis de la Transition. Pour ne pas bénéficier d’un séjour de vacances à Antanimora ou dans d’autres lieux du catalogue de l’Agence Justicia, restez bien tranquille dans votre  famille la plus petite.

Si vous êtes un fidèle inconditionnel de Ravalomanana et que vous ayez choisi la clandestinité depuis le 17 mars, que, de plus, les Fis enragent de ne pas vous avoir trouvé jusqu’à aujourd’hui, votre situation me semble sans remède, sauf à persévérer dans une heureuse clandestinité.

Si vous êtes pro-Hâtif mais que vous ne soyez pas « ministre », pensez, vous aussi, aux lendemains qui déchantent et ne vous précipitez pas pour faire cortège aux petits qui voudraient nous gouverner. Pensez à ce pauvre Pointe de Sagaie et désengagez-vous rapidement des apparitions publiques. Pensez aussi à ses proches qui sont inquiétés pour avoir, dit-on, préparé un nouveau coup d’Etat pour protéger les désirs du  « vahoaka ».

Si vous avez une grosse 4*4 et que vous n’osiez plus sortir le soir, ni sortir un véhicule que, du temps de Ratsiraka, l’un de mes amis disait être les « nouveaux chars de l’armée d’occupation », faites comme beaucoup d’autres : vendez-le vite et achetez-vous un petit utilitaire. Vous dépenserez moins d’essence et serez moins visible.

Si vous avez un goût prononcé pour les grosses voitures comme Ravalomanana pour les avions, ne succombez pas à cette maladie – j’allais dire tentation, mais c’est vraiment une maladie –, car vous provoquez d’autres tentations. N’oubliez pas que l’habit ne fait ni le moine ni le capsate.

Si vous êtes tasque force et que vous ayez un grosse 4*4, ne poussez pas votre moteur au maximum – ce n’est pas un jouet – et ne roulez pas trop vite, car vous risqueriez, comme vos collègues du côté d’Antalaha, de rater un tournant, de vous retrouver à l’hôpital et que l’on trouve sur vous des dizaines de millions d’ariary dont on ne sait pas à quoi ils vous servaient.

Si vous êtes capsate, je suis incompétent pour vous conseiller. C’est à Barbe Blanche ou à Mgr Omar qu’il vous faut vous adresser. Mais pensez tout de même à l’avenir et aux lendemains qui déchantent.

Si vous avez déjà mis votre femme et vos enfants en sécurité à l’extérieur, n’oubliez pas que c’est vous que vous avez mis en situation d’otage potentiel.

Si vous avez une petite entreprise comme une mûrisserie de bananes ou même si, simplement, vous possédez quelques billets verts – je ne parle pas de dollars, mais de billets de Iray alina ariary de la Banky Foiben’I Madagasikara –, ne serait-ce que deux comme Honorat qui, contre son bon gré, est maintenant parti peindre dans l’au-delà, pensez à tous ces malfrats qui ont pris modèle sur les capsates. Et sachez que, dans un proverbe, nos anciens avaient déjà constaté que :

Kely vidy ny velona

Les vivants sont de peu de prix.

Alors, rentrez chez vous, fermez vos volets, barricadez votre porte et ne sortez plus pour vous exposer inutilement. Voilà comment jouir du Vrai Bonheur radzouëlien.

Par Ny Marina
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 5 novembre 2009

Ndimby A.

Grande Ile, mais petit poucet
 
Madagascar est incontestablement riche de ressources, mais le niveau de pauvreté dans le pays est loin de refléter cette richesse. Dans la plupart des classements internationaux, à part ceux du nombre de lémuriens, caméléons et autres baobabs endémiques, la Grande Ile ne se trouve jamais en haut du tableau. En pleine crise économique mondiale, certains de nos compatriotes, emportés par un patriotisme discutable, ont choisi de sponsoriser, organiser et soutenir un coup d’Etat. Qu’est-ce que cela va changer sur le plan des grands indicateurs ? Les dernières semaines ont été riches de la publication de rapports mondiaux dans divers domaines. Une belle occasion de parler un peu de faits et de chiffres concernant la situation de notre pays, dont la population, selon les derniers calculs de la Banque mondiale, est de 19,110,941 individus pour 2009. Précision utile en réponse à une brillante contribution de la forumiste Madimozely sur le sujet, elle-même répondant à des calculs forts savants mais aussi très faux de la part d’un pseudo-scientifique. Un échange dont je vous conseille vivement de lire pour étudier la sociologie du forum.

Publié par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la version 2009 du Rapport mondial sur le développement humain place Madagascar à la 145ème place, avec un Indice de développement humain (IDH) de 0,543  (développement humain moyen). De 2000 à 2007, l’IDH de Madagascar est passé de 0,501 à 0.543 (progression de 8%). En comparaison, l’Ile Maurice est 81ème (développement humain élevé), avec un IDH de 0,804, qui était de 0,770 en 2000 (progression de 8%). La progression de l’IDH de Madagascar est donc pour la même période relativement plus importante que celle de Maurice. Rappelons que l’IDH est un indicateur composite dont la valeur est comprise entre 0 et 1 (1 étant la valeur maxi male), et qui reflète la qualité de la santé, de l’éducation et du revenu.        

Le Failed states index 2009 a été publié par Foreign Policy. Classé parmi les pays en danger, Madagascar y est placé à la 68ème place des pays présentant un risque de devenir un failed state, avec un score de 81,6 (plus le score est haut, plus le risque est élevé). Tant au niveau du rang que du score, Madagascar progresse vers le haut du tableau, ce qui n’est pas rassurant par rapport au thème : le podium est trusté par la Somalie (114,7), le Zimbabwe et le Soudan. Pour ceux qui s’intéressent au sujet, nous nous permettons de vous recommander la lecture de l’éditorial qui alerte sur ce danger qui guette Madagascar. L’Ile Maurice quant à elle est classée au 148ème rang, avec un score de 44,7 points.
Untitled
Index Mo Ibrahim : comparaison entre Madagascar et Maurice
Destiné à classer les pays africains en fonction de la qualité de la gouvernance, l’index Mo Ibrahim s’est intéressé à 53 pays dans son classement 2009, publié le 5 Octobre 2009 à partir de données collectées de 2007 à 2008.  Madagascar se trouve au 13ème rang avec un score de 58,4 sur 100. Avec 82,8 sur 100, l’Ile Maurice se trouve à la tête de ce classement. Une comparaison entre les deux pays  sur les quatre grandes catégories  montre sans nécessité de commentaires l’écart qui existait entre les deux pays en 2007/2008, lors de la collecte des données.

Un autre rapport récemment publié est celui de Reporters sans frontières. Cette année, Madagascar perd quarante places et se retrouve au 134ème rang, avec une note de 45,83 (la meilleure note possible étant de 0). Le saccage de tous les médias qui pouvaient servir de base arrière audiovisuelle aux partisans de Marc Ravalomanana lors du fameux Lundi noir (25 janvier), l’assassinat d’un journaliste, et les intimidations apparentes ou cachées sur la presse ont pesé lourd dans la balance. Madagascar ne précède le Zimbabwe que de deux places. Quant à l’Ile Maurice, elle est à la 51ème place, avec un score de 14.
Sur le plan du revenu, dans son nouveau classement publié en juillet 2009, la Banque mondiale continuer à placer Madagascar parmi les pays à faible revenu (PNB/habitant de 410 USD), tandis que l’Ile Maurice est classé au sein des  pays à revenus moyennement élevés -  Upper middle income countries (PNB/habitant de 6.400 USD).

Partant de données collectées entre juin  2008 et mai 2009, le rapport Doing business 2010 destiné à évaluer la facilité d’effectuer des affaires dans 184 pays a été publié le 9 Septembre 2009. Madagascar y est placé à la 134ème place (gain de 10 places par rapport à l’édition précédente), tandis que l’Ile Maurice y pointe à la 17ème place.

Et même s’ils n’ont pas été mis à jour récemment, il est important de rappeler les indicateurs de gouvernance calculés par l’équipe de l’universitaire Kauffmann dans les études Governance matters (1996 – 2008) : accountability, stabilité politique, effectivité du gouvernement, qualité de la régulation, état de droit et contrôle de la corruption. Les deux tableaux suivants montrent le rang suivant le percentile de chacun des six indicateurs de gouvernance retenus. Mode de lecture : une barre à 75% signifie que 75% des pays évalués se situent moins bien, et 25% se situent mieux dans le classement.
 MD chartMRU chart

Que peut-on en conclure ?

Il semble que les chiffres étudiés établissent un lien entre démocratie, stabilité politique, qualité de la gouvernance, revenu et développement humain.  Toutefois, et comme nous l’avons déjà évoqué sur le blog Fijery, le développement n’a pas toujours besoin de démocratie pour se mettre en place, mais la démocratie permet une meilleure répartition des richesses, ce qui réduit les frustrations  et assure une meilleure stabilité politique. La crise 2009 à Madagascar en est une preuve flagrante : les petites mais réelles avancées effectuées sous Marc Ravalomanana n’ont pas fait le poids face à une impatience de la population, savamment manipulée par l’opposition.
  RSF IDH Revenu par habitant (Atlas, PPP) DB Mo Ibrahim Failed State
Période de collecte 2009 2007 2008 Juin 2008 – Mai 2009 2007 / 2008  
Madagascar 45,83 (134ème) 0,543 410 USD 134ème 58,37 (13ème) 68ème
Maurice 14 (51ème) 0,804 6.400 USD 17ème 82,83 (1er) 148ème
Norvège 0,0 (1er ex) 0,971 87.070 USD 10ème N/A 177ème
Mali 8 (30ème) 0,371 580 USD 156ème 54,54 (20ème) 83ème
Guinée 28,50 (100ème ex) 0,435 390 USD 173ème 40,41 (44ème) 9ème
France 10,67 (43ème) 0,961 42.250 USD 31ème N/A 158ème
Mauritanie 28,50 (100ème ex) 0,520 840 USD 166ème 50,57 (28ème) 46ème

Le second point à aborder est que malheureusement, le temps souvent mis pour effectuer les calculs et produire les rapports font que les chiffres ne reflètent pas vraiment la réalité au moment ou ils sont publiés. Ainsi, dans le tableau ci-après, seul le classement de RSF est fiable, et représente la réalité qui prévaut actuellement à Madagascar du fait de l’action des putschistes. En effet, seuls quelques illuminés considèrent encore que nous vivons les premières étapes de la « première démocratie malgache ». Voir dans la situation actuelle un triomphe de la démocratie est une élucubration qui a une valeur de vesse.

Le dernier point concerne la comparaison que nous pouvons faire avec l’Ile Maurice. Partis plus ou moins du même point au début des années 1970, les Malgaches et les Mauriciens sont arrivés à des niveaux différents parce qu’ils ont empruntés des chemins distincts. Dans un éditorial il y a quelques mois dans lequel nous abordions les défaut inhérents à notre culture, nous avions déjà décrit quelques points qui peuvent expliquer le miracle économique mauricien et le désastre malgache : la volonté et la capacité d’anticiper les évolutions économiques, une gestion efficace de la cohabitation entre plusieurs groupes ethniques, mais surtout une stabilité politique fondée sur des institutions fortes et servie par des politiciens à l’ego sans aucun scrupule pour accéder et se maintenir au pouvoir.

Selon certaines indiscrétions dans les milieux du textile malgache, c’est actuellement le patronat mauricien qui intercède actuellement auprès des autorités américaines pour que Madagascar puisse continuer à avoir accès à l’AGOA. Non pas par soutien envers le pouvoir hâtif, mais juste parce que dans la chaine de production, le textile mauricien dépend des entreprises de Madagascar, auprès desquelles beaucoup d’opérations de sous-traitance se font. Tout problème affectant le secteur à Madagascar risque donc d’avoir des répercussions à Maurice.

L’état catastrophique actuel de l’économie malgache montre que la classe politique n’a pas hésité un seul instant à sacrifier les entreprises sur l’autel de leurs ambitions. Il sera très intéressant de voir les prochains rapports qui contiendront enfin les données pour 2009, et qui démontreront par les chiffres (si besoin était encore) l’impact de l’action des auteurs du coup d’Etat pour Madagascar.

Mais comme de bien entendu, certains vont encore tenter de nous faire gober que ce n’est pas de leur faute, tandis que leurs griots et autres thuriféraires joueront aux vierges effarouchées pour crier systématiquement au scandale de l’accusation haineuse et injuste. Qu’ils aillent raconter cela aux chômeurs et aux entreprises qui ferment, et dont le nombre augmente jour après jour. Il est trop facile de dire « que ce n’est pas grave » au nom d’une démocratie à l’image d’une certaine place inaugurée en Janvier : du folklore. A l’aube de la rencontre d’Addis-Abeba (prévue du 3 au 5 Novembre), certains devraient réfléchir à cet autre indicateur dont tous se gargarisent : l’ISN (intérêt supérieur de la nation), qui jusqu’à présent ressemble au monstre du Loch Ness. Tout le monde en parle, et personne ne l’a vu.
Par Ny Marina
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mardi 27 octobre 2009

Madagascar : Recul de partout

On recule de partout à Madagascar, que ce soit sur le classement de RSF ou de la situation économique. Ce qui est risible est que les incompétents au pouvoir ne voient rien, et ne font que réagir. La décision d’ouvrir les médias à la couverture de Magro relève plus de la manipulation à l’encontre de la CI, plutot qu’une volonté pour promouvoir la liberté de la presse. Cette dernière n’était pas non plus parfaite au temps de Ravalo, mais c’est la crise économique qui va plonger ce pays dans la merde. La plupart des gens que je vois dans la rue sont renfrognés, querelleurs et désespérés.

Les prix ne cessent d’augmenter et on préfère batifoler à droite et à gauche plutot que de résoudre le problème. Que les biens-pensants se rassurent, je parlais de batifolages diplomatiques, car on n’en a rien à cirer des frasques intimes de certains. Mais les médias adorent ce genre de trucs, car cela leur permet de se donner de l’importance, alors qu’ils sont complètement muselés. Les zones franches sont en passe d’être des zones mortes, et je ne pense qu’une résolution de la crise corrigera immédiatement le problème. Il faudra des années pour que la situation redevienne normal. Pendant ce temps, Ivato ressemble à la colombie où tout le monde est de mèche pour la contre-bande. Mais on refuse de voir des réalités plus affolante telles que le bois précieux qui continue de sortir malgré quelques opérations bidons de capture.

 

Les crabes oranges ou crevettes continuent leur danse macabre en se foutant de tout le monde. On fait même disparaitre les fournitures aux couleurs de Ravalomanana pour qu’il ne vienne pas hanter des prochaines élections déjà truquées. Ensuite, on distribue quelques stylos dans des EPP avec le visage angélique de la “première dame” pour faire croire qu’on s’intéresse à l’éducation. On fait semblant de donner de l’importance au Conseil d’Etat afin de donner l’impression que les institutions sont indépendantes. Parfois, on voudrait fuir cette capitale de dingue pour se prélasser à la plage, mais on risque d’être attaqué sur le chemin par des bandits qui ressemblement de plus en plus à des gendarmes.

Mais pour certains la vie est constituée d’articles haineux tel que Jeannot Lapin et toute sa clique. “Il faut donner sa chance à Rajoelina” éructe-t-il, mais de faire quoi ? Je sais déjà le titre de l’autobiographie de cette vilaine petite crevette : ” Comment on organise un coup d’état pour plonger un pays dans la ruine complète”. Et ca ose donner le titre de premier média à Madagascar, arf !!

Dans un système qui va tout droit à l’échec de la démocratie, il est parfois bon de mettre un élément aléatoire, et ce dernier peut s’appeller Monja Rondefo. Je ne pense pas qu’il accepte une défaite possible au Conseil d’Etat, et le contraire serait une catastrophe pour la HAT.

Oui, on recule de partout, et on le fait à grande vitesse pour plonger dans un abime sans fond !!

Par Ny Marina
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

C'est pour vous

Ce blog est pour ceux qui veulent comprendre, qui refusent la vendetta et la politique sale. N'hésitez pas à le signaler autour de vous. Seul, on est démuni mais ensemble on peut être une formidable masse de puissance.

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recommander

Créer un Blog

Syndication

  • Flux RSS des articles

nombre de visites

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés