Lundi 21 décembre 2009 1 21 /12 /2009 14:57

Les latinistes cultivés (ou de cuisine) diraient : « Alea jacta est », le sort en est jeté. Et dans certains quartiers populeux, les marbrés à tempérament de voyou diraient : « zé tsy faly mibotsina razoky aaaa. Tairo zé tairina, fa re’fa rovitsa zairina aaaaa ». Car tous s’accorderont à dire qu’avec ses récentes décisions, Andry Rajoelina joue à « quitte ou double » avec le reformatage unilatéral de l'échiquier politique qu’il veut imposer. Primo, il veut être le seul à pouvoir se faire appeler « Monsieur le Président », titre lié à un fauteuil mal acquis mais qu'il espère lui profiter longtemps. Secundo, il met en place un gouvernement qui n'est reconnu que par lui, ses sbires et ses griots. Tertio, à partir de la seule vision de cette fine équipe, il trace sa propre feuille de route pour la sortie de crise.

Conclusion des courses : on est exactement retournés à la même situation entre le 17 Mars et Juillet 2009, avant que ne s'enclenche la série des Maputo. On a affaire à un pouvoir issu d'un coup d'Etat appuyé par les militaires, non reconnu par la Communauté internationale, et bâti sur des fractures béantes au sein de la société malgache. Retour à la case départ : méthode bizarre pour quelqu'un qui dit incarner le futur de la Nation.

Forcing à la mauritanienne

Concrètement, où en es-t-on ?

D'une part, en publiant depuis vendredi une série de décrets, Monsieur Rajoelina a balayé du revers de la main tous les acquis de Maputo (1 et 2) ainsi que d'Addis-Abeba. Or, ce sont ces textes qui donnaient une assise juridique à son pouvoir. En les rejetant, il redevient donc ce qu'il était le 17 mars 2009, car au moins les Accords de Maputo traçaient un cadre de tolérance à son putsch. Les institutions décidées consensuellement pour être inclusives sont donc passées à la trappe, dans l’objectif sournois d'ôter toute envergure officielle à Albert Zafy et Mamy Rakotoarivelo. Si le Conseil national de la réconciliation a tout simplement disparu, les autres ont été  remplacées par de nouvelles institutions nées d'une masturbation intellectuelle collective des membres du pouvoir hâtif, quoique l'utilisation du terme intellectuel soit ici un peu présomptueuse. Le Congrès de la transition est donc remplacé par l’Assemblée nationale (à élire dans trois mois), la Haute cour de la transition par la Haute cour constitutionnelle, et la nomination d'Eugène Mangalaza comme Premier ministre de consensus a été abrogée.. L'anthropologue a donc été remplacé depuis dimanche par le colonel Albert Camille Vital. Cette nomination d'un Saint-Cyrien est-elle téléguidée par le grand bwana, et décidée sous le feuillage de l'arbre à gland ? En tous cas, de la part d’Andry Rajoelina, c'est un signe de confiance envers les militaires, voire d'appel au secours en dernier recours. Mais c'est aussi un message d'avertissement envers l'opposition.

En clair, le camp Rajoelina a décidé de revenir à une approche autiste de la gestion de la vie nationale, sous l’ombrelle bienveillante de la Haute autorité de la transition, trop heureuse de revenir aux affaires. D'abord, par la mise en place de son propre agenda de sortie de crise, en imposant des élections législatives le 20 mars. Celles-ci sont pourtant une fausse solution, car elles s’attaquent à un faux problème en bottant en touche et en translatant les vraies questions au sujet du maintien de Rajoelina au pouvoir. Ensuite, par la mise sur pied d'une transition monocolores avec des structures à sens unique pro-TGV pour pouvoir caser les copains et les coquins. Les forêts de bois de rose (s’il en reste) applaudissent de toutes leurs branches. Notons que le schéma que tente de mettre en place Monsieur Rajoelina est un forcing calqué sur le modèle de la Mauritanie, à la seule différence près que les mauritaniens sont directement passé à la présidentielle. Là-bas, le pouvoir putschiste a également organisé des élections bidon, sévèrement critiquées par l'opposition comme non transparentes, non fiables et non équitables, mais que la communauté internationale s'est empressée de reconnaître, plus par lassitude que par conviction.

D'autre part, dès leur retour de Maputo, les trois mouvances ont légitimement et naturellement refusé les récentes décisions de Monsieur Rajoelina. Elles ont donc annoncé quant à elles un comportement dans la logique des Accords de Maputo, qui restent pour elles le cadrage constitutionnel. Le Professeur Mangalaza reste Premier ministre, et les trois mouvances vont nommer les membres qu'elles estiment leur être dues dans le Gouvernement. En outre, la liste des membres de leur quota au sein du Congrès de la transition au quota des institutions transitoires prévues par Maputo a commencé à être annoncée par voie de presse. Le Congrès de la transition est donc appelé à tenir une réunion préliminaire le 22 Décembre à Tsimbazaza.

Cela augure déjà d'une ambiance intéressante pour cette semaine qui commence, car dans la logique du camp Rajoelina, le Congrès de la transition n'existe plus.  Son chef Mamy Rakotoarivelo, pourtant nommé de manière consensuelle lors de Maputo 2, risque donc d'être accusé d'usurpation de fonctions, et les membres nommés par les trois mouvances risquent de se voir interdits d'accès manu militari au Palais de Tsimbazaza (qui n'est d'ailleurs pas très loin du CAPSAT). Les pseudo-juristes du régime hâtif ont d'ailleurs agité très rapidement la menace d'utilisation de l'arsenal juridique contre les trois mouvances (association de malfaiteurs, outrage au Chef de l'Etat, entente séditieuse....). Là encore, je me marre : depuis quand des putschistes ont-ils une quelconque légitimité à invoquer la loi, après l'avoir eux-mêmes foulée aux pieds sans honte ni scrupules quelques mois auparavant ?

Ainsi, on a donc deux logiques qui vont s'affronter. La seule chose que l'on espère est que l'affrontement se cantonnera au domaine des idées.

Echiquier bipolaire

On retiendra de la déclaration musclée du Président Zafy vendredi dernier que les trois mouvances comptent procéder à l'installation des ministres qu'elles auront nommés. Imaginons un instant ce qui va se passer dans la tête de certaines personnes. Celles qui sont hyperactives dans le business du bois de rose ; celles qui ont le pouvoir d'imposer à certaines sociétés (dont l'Etat est actionnaire) des fournisseurs étrangers qui surfacturent éhontément leurs prestations ; celles qui ont par leur simple signature le droit d'accorder licence ou exonérations ; celles qui goûtent enfin au prestige de la République après des années de dèche ; etc. Ces gens-là vont naturellement encourager Andry Rajoelina dans son extrémisme unilatéral, dans le but de protéger leur vision très personnalisée de l'intérêt supérieur de la Nation.

On notera également que des militaires ont protégé les délégations des trois mouvances lors de leur retour, aussi bien à Ivato qu'au Carlton. Cela signifie qu'une partie de l'armée a choisi de montrer son désaccord avec les méthodes des mutins qui ont porté Andry Rajoelina au pouvoir, sans nécessairement être supporters des trois mouvances. En outre, rappelons le courage des neuf colonels qui ont récemment osé dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Autrement dit, les bidasses ne sont plus seuls au monde à exprimer leurs opinions pro-Rajoelina. Cela peut être rassurant, car montre que finalement ce ne sont pas tous les militaires malgaches qui ont une kalachnikov à la place du cerveau (lire ici le brillant exposé de Georges Rabehevitra sur cette arme), et que certains ont encore gardé un certain sens des valeurs. Mais cela peut être inquiétant, car l'existence affichée de deux pôles au sein de l'armée peut conduire aux pires extrémités.

En effet, de cette situation peuvent découler deux possibilités. Soit l'existence d'anti-bidasses va calmer ces derniers, un peu comme le principe de la dissuasion nucléaire : on se tient tranquille car le camp d'en face a aussi du répondant. Soit cela va finir par conduire à des affrontements entre militaires, ce que (presque) personne ne souhaite. Car n'oublions pas que certains esprits tordus ont toujours agi en montrant que pour eux, la fin justifiait les moyens. Même s'il faut fabriquer des martyrs pour faire avancer la cause d'une révolution sordide, et assassiner des milliers d'entreprises et d'emplois. N'oublions pas qu'il y a des malins qui trainent leurs guêtres dans la classe politique depuis le 10 août 1991 à ce jour, en passant par le 7 février 2009.

Andry Rajoelina joue depuis vendredi ses dernières cartouches, et semble avoir fait sien le dicton «  marche ou crève ». Il va donc tenter de s'en sortir tout seul avec son clan, et a choisi de faire fi d'un consensus national et international sur son pouvoir. Quelque part, il n'avait de toute façon plus beaucoup de choix, et pour tenter de sauver les meubles, il se devait de remettre la balle dans son camp. Toutefois, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Cette approche n'a donc aucun espoir de recevoir l'adhésion de l'opposition nationale et de la communauté internationale, sans oublier que de plus en plus l’opinion publique s’irrite de voir que le régime Rajoelina n’est finalement pas très différent du précédent. En particulier, la décision d’empêcher le retour des délégations de Maputo III a été formidable de bêtise humaine et tactique, car a illustré clairement la mentalité des dirigeants actuels. Mais l’anecdote a aussi montré que les grands nationalistes au pouvoir actuellement filent droit dès que bwana fronce les sourcils. Cependant, Monsieur Rajoelina a choisi de marcher envers et contre tout et tous pour mener à bien son rêve, celui de se faire appeler Président. Et il a aussi fait le choix pour d'autres, en particulier ceux qui dépendent de l'AGOA : eux, ils peuvent crever. Les fêtes de fin d'année et le taom-baovao promettent d'être d'une ambiance mémorable, grâce à super-DJ.

Par Ny Marina
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Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 13:26
sur sobika.com

Réunion du GIC prévue le 17 décembre : annulée.


Nous souhaitions parler de la conférence de presse de militaires appelant à la neutralité et au retour des délégations de Maputo mais l''information nous a été confirmée hier soir : la réunion  initiée par la communauté internationale ou GIC ( l'Union Africaine, et France entres autres ) qui devait se tenir le 17 décembre au Carlton de Tana sera, sauf changement de dernière minute annulée. Selon nos sources, pas de confirmation pour une date de report éventuelle mais si cela était le cas, cela pourrait être possible en Janvier 2010. L'annonce de cette réunion au lendemain du blocage des délégations à Maputo avait suscité un espoir d'une reprise des pourpalrers entre les 4 protagonistes de la crise actuelle, d'autant qu'elle était qualifiée de réunion de haut niveau avec la venue de personnalités de premiers rangs. Rappelons toutefois qu'une réunion du GIC n'est pas à la base une réunion de négociations. C'est une réunion lors de laquelle la communauté internationale fait le point sur la situation politique malgache. Les différentes mouvances étaient conviées, dont Ravalomanana et Ratsiraka notamment par l'Union Africaine. Faut -il voir dans ces invitations et l'annulation un lien de cause à effet ? Possible, mais il faut y voir aussi l'agenda des diverses personnalités à la veille des fêtes de fin d'années, qui n'ont pas forcément la motivation de se "coltiner" un voyage à Madagascar pour un résultat courru d'avance : entente impossible entre les protagonistes tant les haines et point de vue sont divergents.
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sur madatimes.com
Varun Energy acquiert les mines d'uranium à Madagascar
16-12-2009| Écrit par G.R.
Varun Energy est l'une des premières sociétés privées indiennes qui va obtenir des droits directement dans cette affaire.

Madagascar a une forte concentration d'uranium, à part le thorium et l'or. Le groupe a acquis 1.111 blocs couvrant une surface de 6,900 km ² avec des réserves estimées à 1.700.000 tonnes d'uranium, de 4.350.000 tonnes de thorium et des filons d'or pour l'exploration, l'exploitation et la vente des productions. Varun est présente à Madagascar en tant que Varun International SARL et Madagascar Energy Corporation avec 67 pour cent du capital des deux sociétés. Kiran Mehta, CMD, Varun Group, a refusé de commenter.

Varun Industries, avec un chiffre d'affaires de Rs 1,400 crore, par l'intermédiaire de ses filiales et compagnies associées a des intérêts diversifiés au niveau mondial dans des domaines comme les gemmes et les bijoux, le pétrole et le gaz naturel, les mines et l'énergie. La société a été cotée en 2007. Elle met également en vente des produits en acier inoxydable sous la marque Varun.

L'incursion du groupe dans l'uranium offre un potentiel de croissance considérable, car la demande actuelle pour le métal lourd comme carburant de substitution commercialement viable pour la production de l'énergie nucléaire dépasse de loin l'offre.

Selon un rapport de la "World Nuclear Association," l'Inde a un ambitieux programme d'énergie nucléaire et espère avoir des capacités d'énergie nucléaire de 20.000 MW en ligne d'ici 2020 et de 63.000 MW d'ici 2032. Elle vise à fournir 25 pour cent de l'électricité d'origine nucléaire d'ici 2050.

Reliance Industries agit dans l'exploitation d'uranium, mais indirectement, avec 49 pour cent des parts dans l'exploration en Australie, a des permis d'exploration dans certaines parties du continent. Jindal Power and Steel est une autre société qui possède un dépôt d'uranium en Mongolie acheté à une entreprise canadienne.

 Source

http://www.business-standard.com/india/news/varun-energy-acquires-madagascar-uranium-mines/379475/

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sur mydago.com

Charles et Lylison n’ayant pu empêcher les militaires légalistes

Communiqué des officiers legalistes

Communiqué des officiers legalistes

 

Charles et Lylison débarquent

Les commandants Charles et Lylison sont venus au Carlton ce mardi 15 décembre après-midi à la déclaration des officiers légalistes. Des témoins ont indiqué qu’ils sont venus armés et en tenue civile. Pourquoi sont-ils venus dans cette tenue ? N’étaient-ils pas en service commandé ? Ou les ordres qu’ils ont reçu n’étaient pas légaux ? Ou alors étaient-ils venus de leur initiative personnelle ? Ou encore en voulant arrêter les militaires légalistes plus gradés qu’eux, ils ne voulaient pas montrer qu’ils ne respectent pas la hiérarchie militaire ? Les réponses à ces questions viendront plus tard.

 

Charles et Lylison ne sont pas des légalistes

Toujours est-il que leur objectif n’était pas d’être avec les officiers légalistes. Charles et Lylison voulaient en fait empêcher ces légalistes de s’exprimer. Ils auraient tenté de les arrêter avant qu’ils ne s’expriment. Peine perdue. Les légalistes ont bel et bien réussi à s’exprimer. La preuve, non seulement les photos de notre article parlant de ces militaires au Carlton à 16h00, mais aussi cette vidéo ci après.

 

Le communiqué distribué malgré tout

Et aussi le scan du communiqué que notre correspondant a pu nous envoyer. Le communiqué a bel et bien été livré aux journalistes présents.

 

Charles et Lylison dépités se vengent

Le dépit s’empare de Charles et Lylison. Ils s’attaquent aux civils dans la soirée. Ils sévissent dans les quartiers d’Ampasika, 67ha. Tout le monde se pose la question suivante : « Ils s’attaquent aux civils à la maison car ils n’osent pas faire face à des militaires ou quoi ? »

 

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Par Ny Marina
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 15:17
AGOA : futur sujet de larmes pour des centaines de milliers de personne. Quantité négligeable pour le pouvoir hâtif.
 
Air Force One : avion transportant habituellement le Président des Etats-Unis. Sous d'autres cieux, oiseau de mauvais augure qui peut entraîner la chute de ceux qui en ont font un objet de fantasme, ou qui en plagient bêtement le nom.
 
Amiral : marin sans bateau, comme son collègue le capitaine Haddock. Cela lui donne beaucoup de temps libre pour jouer le perturbateur. Il a clamé à plusieurs reprises son soutien au processus qui a placé Rajoelina au pouvoir, aussi bien en argent, en hommes ou en militaires.
 
Andry Rajoelina : copie certifiée conforme des défauts de Marc Ravalomanana, mais en plus jeune, et sans aucune de ses qualités.
 
Araldite : méthode de celui qui a (presque) tout fait pour accrocher son postérieur à Mahazoarivo.
 
Barbe blanche : souvent signe extérieur de sagesse et de maturité, sauf chez les membres de la HAT.
 
Bois de rose : Bretton Woods de secours.
 
Bolchévik : attardé mental qui raisonne comme au début du XXème siècle, et pense que les alternances au pouvoir doivent encore se faire par la force, la violence et la coercition. Adepte de Che Guevara, Pol Pot et tous ces autres crétins qui ont écrit leur nom en lettres de sang dans l’Histoire. Relire ici l’éditorial « Œufs cassés pour belle omelette improbable ».
 
Châtaignier : arbre aux branches solides et au feuillage touffu sous lequel aiment à se reposer les dignes fils de la Françafrique. Son fruit est un gland, d'où le surnom de « dugland » ou « glandeur » que mériterait cet arbre. Pour en savoir plus, cliquer ici.
 
Chômage : héritage laissé en cadeau par la HAT pour des dizaines de milliers de personnes et en 2009 (et en 2010).
 
Communauté internationale : patchwork disparate et peu cohérent.
 
Consensuel : entre gens civilisés, qualifie une décision qui obtient après discussions l'accord de toutes les parties concernées. Chez les peuplades sauvages, les primates et les Mowgli, accord obtenu sous la menace du gourdin, ou de la kalachnikov.
 
Côtier : voir merina.
 
Coup d’État : concept à géométrie variable. En sciences politiques, renversement par la violence de pouvoirs publics établis. Peut prendre divers noms en fonction du taux d'alcoolémie, du degré d'illumination ou du grade dans l'ordre de la fauconnerie (où le faux est de trop) : révolution salutaire, safidim-bahoaka.
 
Dadis Camara : l'idole des jeunes idiots. A eu la malchance de n'être que blessé par un mauvais tireur.
 
Daewoo : parole magique prononcée par les gourous d'opérette pour hypnotiser les foules stupides. Note : l'expression « foule stupide » est un pléonasme débile. Qui a déjà vu une foule intelligente, surtout sur une place publique, surtout si elle est composée de bolcheviks et d’écrevisses marbrées ? Voir foule.
 
Démocratie : voir élections.
 
Démocratie bidon : forme spéciale de démocratie dans laquelle il s’agit de mettre en place un processus de renversement du pouvoir en place, mais au nom de la lutte contre la dictature et du rétablissement des libertés et de la bonne gouvernance. Bien entendu les belles paroles deviennent fumée (ou pet) dès qu’on atteint l’objectif. Se manifeste entre autres par l’interdiction de manifestations d’opposants sur la voie publique, l’emprisonnement de parlementaires élus pour motifs fallacieux, et l’autisme des gens au pouvoir.
 
Deux (2) : chiffre qui s'interprète en numérologie dans ses aspects négatifs par dualité, opposition et conflit. Etrangement lié aux crises politiques violentes à Madagascar. Par exemple, en utilisant la réduction théosophique (addition de chaque chiffre jusqu'à en obtenir un seul), 2009 = 2+0+0+9 = 11 = 1+1 = 2.  Autre exemple, 2002 = 4 = 2 x 2. 1991 = 2. Et 1972 se termine par 2. Dans cette logique, la prochaine crise aurait lieu en 2018 (=2), ce qui paraît bien loin vu le contexte. Autres possibilités : 2011 (=4) ou 2012.
 
Dinosaure : espèce d'animal endémique à Madagascar, et qui n'est malheureusement pas en voie de disparition. Possède de fascinantes capacités à se maintenir, à réapparaitre, à ressusciter, à se régénérer et à se reproduire.
 
DJ : école pour former aux hauts emplois de l'Etat. Bon taux de placement à la sortie : « chef d'Etat », Ministre, conseiller à la Primature. Montre ainsi l'inutilité de l'ENAM.
 
Elections : souvent un attrape-nigaud dans le Tiers-Monde.
 
Faillite : héritage laissé en cadeau par la HAT pour des centaines d'entreprises en 2009 (et en 2010).
 
Faucon : oiseau rapace dans le ciel, extrémiste dans la classe politique. Également méthode journalistique des éditorialistes vicieux (ou expérimentés) pour proclamer un diagnostic médical sans risquer de procès. Le mot s'utilise souvent suivi d'un anesthésiant du style « sans oublier les vrais ».
 
Foule : sous la conduite de leaders qui en usent comme d'un marchepied, agrégat ou ramassis (rayer la mention inutile) d'individus oisifs qui se convainquent de faire avancer l'humanité à force de chevaux de bataille fallacieux, de slogans du même acabit et de grèves anti-économiques.
 
Foza orana (écrevisse marbrée) : crustacé toxique et sans qualité qui pullule en principe dans les rizières, mais aussi sur les places publiques.  De la même qualité de parasites nocifs qui sévissent sur les prairies pubiques sales sous le nom de morpion.
 
Françafrique : réseau de malfaisants composé de bwana et de colonisés perpétuels nostalgiques du banania.
 
France : patrie des châtaigniers (voir châtaignier). Egalement éjaculateur précoce de reconnaissance envers les putschistes (voir hâtif).
 
Georges Rabehevitra : voir Lalatiana.
 
Gifles : choses qui se perdent, et qui auraient pourtant bien aidé à fixer un minimum de bon sens et d'éducation chez les mauvais garnements.
 
Gros bras : substitut à un argumentaire intellectuel. S'utilise quand on n'a pas d'arguments ou d'intellect, ou quand on n'a pas les deux. Le gros bras peut être civil ou non, mais doit toujours être motivé à travers la satisfaction de ses besoins primaires (promotion, pourboire ou pourfumer).
 
HAT : Haute autorité de la transition.
 
Hâtif : qualifie celui a hâte d'arriver vers son objectif, sans se préoccuper des règles, de la loi ou du savoir-vivre. S'applique également à une forme d'impuissance masculine (synonyme : éjaculateur précoce).
 
Indépendance de la Justice, Etat de Droit, Droits de l’homme : en théorie, choses promises par tous les auteurs de coup d’Etat à leur arrivée au pouvoir. En réalité, lire ici le point de vue du Syndicat des Magistrats. En pratique, demander à la bouquiniste Haja (Ambohijatovo), au Docteur Jaurès (67 ha), à l’ingénieur Vonjy, au Sénateur Eliane Naika, au député Raharinaivo, ou aux exilés involontaires de Maputo III.
 
Intérêt supérieur de la nation (ISN) : synonyme chez les politiciens malgaches de titres ronflants et d'avantages, ainsi que du plaisir à dandiner son popotin sur un tapis rouge en recevant les honneurs militaires.
 
Kalachnikov : dans le monde entier, tient lieu de cervelle pour les bidasses.
 
Lalatiana : voix amicale de la conscience des éditorialistes.
 
Lapin : n'est respectable que dans une marmite, accompagné de vin blanc et de moutarde.
 
Larmes : s'entendent à la radio chez des crocodiles qui ont eux-mêmes manœuvré pour envoyer la foule se faire massacrer sous les balles de la garde présidentielle. A verser en disant d’une voix chevrotante : « Mitomany aho ry vajoaka malagasy ».
Loi : épouvantail utilisé sans vergogne pour faire peur à l'opposition, même si on a soi-même fait pareil quelques mois auparavant. Refrains les plus populaires : trouble de l'ordre public, atteinte à la sûreté de l'Etat, coup d'Etat, diffamation publique.
 
Maputo : de temps à autre, capitale de Madagascar.
 
Martyr : victime qui sera un jour bourreau. Exceptions : ceux et celles qui sont offerts en sacrifice pour servir la cause de la révolution, et qui n'auront pas l'opportunité de passer à la seconde phase de l'évolution.
Merina : voir côtier.
 
Ndimby A. : marque déposée d'épine au pied (=sacré emmerdeur) pour les auteurs de coup d'Etat et les adorateurs de ceux-ci. Venant de ces gens-là, ce qualificatif entre parenthèse est à apprécier comme un prix Pulitzer.
 
Omar : personnage des Guignols de l'info en France, préfixé Mollah. Sous d'autres cieux, également guignol à soutane et sourire bêta, mais préfixé Monseigneur, et cachant un esprit profondément tortueux.
 
Orange : couleur de révolution en hommage à la couleur des bacs à ordures d'Antananarivo.
 
P.T. : il ne faut pas P.T. plus haut que son Q.I.
 
Patrick A. : futur mangeur de pizza aux anchois et câpres.
 
Peuple : entité invisible dont on ne voit hélas la plupart du temps que la face visible et hideuse sous forme de foule. Utilisé comme prétexte à tort et à travers par les politiciens pour justifier leurs (mauvaises) actions.
 
Pillage : concept de supermarché en libre service organisé par ceux qui ont intérêt à fragiliser l'autorité de l'Etat, et qui ont trouvé en ce moyen le moyen de maintenir la motivation des écrevisses.
 
Place de la démocratie : place inaugurée hypocritement pour le folklore. A usage unique pour les propres besoins de celui qui l’a utilisée en premier, comme les préservatifs et les serviettes hygiéniques.
 
Prisonnier politique : Sorte de jeu tordu effectué par rotation, et qui consiste à mettre en prison ceux qui ne partagent pas vos opinions, en attendant que ces derniers en sortent pour vous y mettre à votre tour. Dans beaucoup de cas, abrégé de l'expression « politicien aux mœurs de voyou emprisonné pour raisons pénales, et qui espère se faire blanchir par à une amnistie ».
 
Putschiste : qualificatif de ceux qui effectuent un coup d'Etat en utilisant la force. Conseils pour ceux qui ont du mal à comprendre en quoi la force a été présente de Janvier à Juin 2009 : consulter un ophtalmologiste ou un psychologue spécialiste des troubles de la mémoire. Ou mieux, faire des études supérieures.
 
Titanic : bateau de la Haute autorité de la Transition.
 
Tombola TGV : tombola dont le gros lot est un billet aller simple pour Maputo.
 
Tsaho : rumeur. Information qui passe de bouche à oreille sans passer par le cerveau. Daewoo hono ééé, bengy hono ééé, bômba artisanale hono ééé etc.
 
V : signe fait avec les doigts ou les pinces. Voir superbe photo sur le blog de NJ.
 
Vahoaka : voir démocratie ou peuple.
 
Vuze : françafricain de forum.
Par Ny Marina
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 15:16
J’applaudis des deux mains la récente décision prise par Andry Rajoelina d’empêcher les délégations de rentrer de Maputo et de les forcer à l’exil. En effet, cette manoeuvre présente le grand avantage de révèler et confirmer au grand public les qualités de faux démocrate du Président de la transition (PT), même si c'est une drôle de façon de célébrer la Journée mondiale des droits de l'homme (10 décembre). Le grand avantage de cette décision scandaleuse est donc qu’elle certifie conforme ce que ses adversaires de toujours pensent de sa mentalité et de ses méthodes. Mais elle jette aussi le trouble chez ses partisans modérés, qui s’étonnent qu’il suive ainsi les traces des bêtises de Marc Ravalomanana contre Pierrot Rajaonarivelo. Etonnons-nous de cet étonnement : dans ses défauts et ses excès, Andry Rajoelina n’est qu’une pâle copie de Marc Ravalomanana. La seule différence majeure, c’est que Marc Ravalomanana avait aussi de grandes qualités, malheureusement cachées par la révélation de ses erreurs. L’ancien DJ est loin, mais alors très loin, de pouvoir en dire autant.

Le PT et son entourage se sentent autorisés à un tel comportement, sur la base de l’expérience des manœuvres dilatoires de l’ancien régime pour empêcher le retour de Pierrot Rajaonarivelo avant les dernières élections présidentielles. Et là encore, on ne peut que s’offusquer. Ce coup d’Etat a été perpétré au nom de la lutte pour la démocratie, contre la dictature et contre les abus de gouvernance. Or, ce que l’on constate de plus en plus dans ces domaines, c’est que les actes scandaleux restent les mêmes, mais seuls le nom et le bord politique de leurs auteurs a changé. On assiste donc à un copier-coller des pratiques, dont seule l’identité des auteurs change. Une fois encore, le problème à Madagascar ne sont ni les lois, ni les institutions, ni les structures : ce sont les hommes qui sont derrière, et les mêmes causes produisent immanquablement les mêmes effets. Par conséquent, on pourra changer autant que l’on voudra le numéro de la République, mais les fondements resterons les mêmes. Seuls les naïfs vont croire que la République numéro IV va apporter un monde nouveau et des pratiques nouvelles. Les vieilles planches de notre classe politique vont-elles permettre de donner de nouveaux meubles ? Même question pour les nouvelles planches des jeunes arbres, mais qui ont grandi sur un le terreau pourri de nos 50 ans de vie politique.
Cette tentative de forcer à l’exil les délégations parties à Maputo s’ajoute à une longue liste d’abus et d’erreurs de ce pouvoir hâtif. La Place de la démocratie inaugurée en grandes pompes, le bois de rose, le racket des entreprises, les informations qui commencent à circuler sur la corruption, les emprisonnements et procès au sujet desquels même le Syndicat de la Magistrature se pose des questions, sans oublier les violations de droits de l’homme pour lesquelles l’Union Européenne a demandé une enquête. A ceci s’ajoutent une économie qui agonise peu à peu, la probabilité que l’AGOA échappe au pays, et les perspectives de sanctions européennes. Ne nous voilons donc pas la face : le pays est au bord de la catastrophe, et la source de nos maux est le coup d’Etat perpétré par Andry Rajoelina. Car il y a un an, malgré des problèmes avérés et des questionnements légitimes sur les travers du régime Ravalomanana, l’économie malgache se portait largement mieux que maintenant. Ainsi, au nom des centaines d’entreprises qui ont fermé, des dizaine de milliers de chômeurs qui recensés, et des milliards d’investissement effectués par les opérateurs économiques en préparation de l’accueil du sommet de l’Union Africaine, le concept de crime économique contre la Nations devra être remis au goût du jour, et ses coupables un jour punis sans aucune possibilité de prescription. Car il faudra civiliser nos politicards et leur enseigner que la vie du pays est basée sur l’économie, et que celle-ci ne doit plus être l’otage sacrifié de leurs manœuvres pour arriver ou se maintenir au pouvoir.
 
Les raisons de la colère
 
Officiellement, le courroux du PT contre les délégations de Maputo III est motivé par les modifications qui ont été apportées aux Accords de Maputo, et qui placent Andry Rajoelina au même niveau que les co-présidents de la Transition. Si le PT avait mis un peu de bonne volonté à faire fonctionner ce système tripartite, cette idée de modification n’aurait sans doute pas germé. Cependant, en dehors de cet aspect, les Accords signés à Maputo III ne désavantagent aucunement le camp Rajoelina, et ont objectivement fait avancer de quelques pas vers la sortie de crise. La mouvance Rajoelina obtient la plupart des Ministères de souveraineté qu’elle a réclamés, et peut choisir les titulaires de la Justice et de la Communication sur la base de propositions faites par les corporations concernées. Il n’y a donc pas de quoi fouetter un chat au sujet de Maputo III. Aussi, quand on entend les cris d’orfraie qui accusent ce sommet d’avoir généré un coup d’Etat, on ne peut que rigoler. D’ailleurs, depuis quand des putschistes ont-ils une légitimité quelconque de se plaindre d’être victimes de coup d’Etat ?

Cependant, on soupçonne le véritable motif de la colère du PT d’être la lettre envoyée à Copenhague pour s’opposer à sa participation à cette rencontre mondiale. On connaît le plaisir du Monsieur à se faire appeler Président, et son envie de pouvoir enfin parader en tant que Chef d’Etat dans un sommet international, après le désastre de New-York. La lettre envoyée par les co-présidents et les chefs d’institution a donc mis le fer dans une plaie béante, d’où ce pétage de plomb qui se traduit par une nouvelle règle dans l’aviation civile : tous les vols en provenance de Maputo sont interdits jusqu’en mars 2010. Outre le fait que les délégations sont pour le moment bloquées de l’autre côté du canal, on s’approche de l’incident diplomatique avec le Mozambique. Sans oublier que c’est aussi un affront fait envers le médiateur Chissano, qui voit ainsi une seconde fois, mais cette fois-ci à distance, Andry Rajoelina lui claquer la porte au nez.

De façon réaliste, il est certain que cela ne peut que se décanter dans les jours qui suivent. La France sait toujours comment faire pression pour recadrer ses vassaux de la Françafrique, et ne manquera pas d’agir pour mettre fin à une situation gênante, alors qu’elle s’efforce de manœuvrer pour empêcher que les sanctions de l’Union européenne ne tombent. Les délégations reviendront donc assurément, mais le mal sera fait : l’image de Rajoelina est un peu plus écornée, les fractures entre lui et les trois mouvances sont encore plus marquées et n’augurent pas d’un bon esprit de collaboration pour le reste de la Transition, et les communautés nationale et internationale savent avec quelle catégorie de démocrate elles ont affaire. Au moins sur ce point, c’est un aspect positif. Volontairement ou non, les délégations de Maputo III ont joué un bon coup, car elles ont poussé Andry Rajoelina à se ridiculiser par une faute, mais l'obligent en plus à s'enferrer vers une voie extrêmiste. Il faudra donc s'attendre à un gouvernement unilatéral, regroupant ses fidéles, mais aussi les copains et les coquins. Ce gouvernement ne sera pas reconnu, sauf par les bwana, et la crise va perdurer et s'aggraver. Cette année, le Père Noël sera vraiment une ordure. Sauf si une petite lueur de sagesse revenait chez nos politiciens, mais sur ce point, ne nous faisons pas tellement d'illusions, surtout au niveau de la Haute autorité de transition, dont les membres sont encore trop occupés à s'accrocher à leurs sièges, envers et contre tout, et tous. Cependant, le fait que nous soyons au bord du clash a au moins un aspect positif : la prise de conscience qu'il faudra peut-être arrêter de jouer avec le feu.

Ils étaient trois à Maputo III, faudra-t-il un Maputo IV pour reformer le quatuor ? Car la situation devient cependant de plus en plus grave, et le pays de plus en plus malade. Il semble que les qualités de Professeur agrégé de médecine d’Albert Zafy soient insuffisantes pour apporter les soins à cette Grande Ile victime d’une poignée de serpents, de rapaces et de dinosaures. Sans doute faut-il maintenant laisser plus de marge d’initiative au docteur vétérinaire Rakotovahiny.

Ndimby A.
Par Ny Marina
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 15:14

Le 09 décembre 2009

 

 

 

Je n’ai pas encore d’addiction qui me contraigne à aller seurfer sur internet pour savoir ce qu’on pense de Madagascar à New-York, Moscou, Pékin ou Pyongyang. Ce n’est pas dans ces hauts lieux où nos hommes politiques ou leurs émissaires allaient chercher la bonne parole que nous trouverons les solutions à nos problèmes malgacho-malgaches. Je préfère fréquenter ma campagne ou des campagnes proches dans notre Grande Île. Mais comme j’ai des amis qui fréquentent sinon ces lieux du moins leurs discours sur la toile, je viens de recevoir de l’un d’entre eux un communiqué officiel de l’Onu faisant suite à une réunion du Comité des droits économiques, sociaux et culturels consacrée à Madagascar. Il y aura, me dit-on, un rapport détaillé de cette réunion, quand il aura été traduit en français. Je ne l’attendrai pas et il y a peu de chance que j’y perde beaucoup de mon temps à en scruter les dessous. Je préfère le passer à des jeux d’esprit qui, m’a-t-on dit, permettent de retarder l’apparition d’un éventuel Alzheimer. Je les préfère à ce genre de textes qui m’irritant, me fâchant et m’indignant, font monter ma tension, tant me chagrinent et m’agacent la bêtise et l’obscurantisme moderne de haut niveau.

Les gens du Nord, que ce soit des souchiens – on dit aussi, à la mode américaine, des caucasiens – ou des apparentés de toutes couleurs – qui sont des « mutants », comme on aurait dit ici à l’époque coloniale–, se comportent comme Jean Laborde et ses amis missionnaires au 19e siècle et veulent que le gouvernement malgache, quel qu’il soit, prenne des mesures juridiques et légales, comme si les textes discutés dans les assemblées représentatives étaient connus de l’opinion et comme si le Journal Officiel était vendu dans les marchés de brousse et alimentait la lecture quotidienne de contemporains qui le plus souvent ne savent ni lire ni écrire. Tout se passe comme si l’Etat malgache consacrait son temps moins au bénéfice du peuple qu’à la satisfaction des souhaits des organisations internationales avec la signature à répétition de pactes et conventions internationales.

 

Le machin m’agace, parce qu’il se réjouit que le gouvernement ait décidé que l’instruction primaire serait gratuite et obligatoire. Obscurantisme de haut niveau, car il ignore que le gouvernement royal avait déclaré l’instruction obligatoire en 1876 – je dis bien mille huit cent soixante seize, c’est-à-dire pour les francophones des années avant Jules Ferry. Quant à la gratuité, elle a existé pendant tout le 20e siècle. Ce qui m’inquiète, c’est que le Machin – mettons-lui tout de même une majuscule –, ne s’inquiète pas que les soi-disant gouvernants actuels ont décidé d’annuler la politique du gouvernement Ravalomanana qui voulait prolonger de deux ans l’enseignement primaire et doter toutes les écoles de fokontany de classes pour dispenser cet enseignement.

Le Machin m’agace aussi, parce qu’il se réjouit que le gouvernement ait fixé à 18 ans l’âge minimum du mariage pour les garçons comme pour les filles. S’il m’agace, ce n’est pas parce que ma femme et moi avions déjà nos trois enfants, quand nous avions 22 ans. C’est parce qu’il ignore que si on ne donne pas aux gamines de la brousse les moyens d’aller au moins en classe jusqu’à 16 ans et si l’on n’en vérifie pas l’effectivité, les mêmes gamines dans le Sud continueront à être données en mariage à l’âge de 12 ans. Le droit civil est de toujours du seul ressort des familles et n’y ont pas changé grand’chose ni les décisions de Ranavalona ii, ni celle de la marâtre, ni le droit civil moderne écrit par la Ire République. Il y faut donc trouver d’autres moyens que législatifs.

Le Machin m’agace encore quand il condamne la loi de 2007 autorisant l’acquisition de biens fonciers par des investisseurs étrangers et, en liant les deux faits, de n’avoir pas facilité l’acquisition de terres par les paysans et les personnes vivant à la campagne. Il faut délier les deux questions. L’accès des étrangers à la propriété foncière est un problème strictement malgache ; depuis toujours, l’on y admet que l’on ne peut vendre à un étranger ne serait-ce que de quoi poser un grain de paddy. C’est ce principe que combattit la France et qui a abouti à la conquête. L’Onu n’est pas habilitée à s’ingérer dans ce genre de problème. Quand il dit cela, le Machin ne veut que condamner la présidence de Ravalomanana.

La deuxième question est celle de l’acquisition des terres par les Malgaches. En fait, ils n’ont pas besoin d’en acquérir, car depuis toujours ils la possèdent comme tanindrazana et que le souverain n’en était que le « maître » (tompo). Le problème est celui du titrage et du bornage. De ce point de vue, le précédent gouvernement avait lancé, appuyée par nos amis étrangers, la politique du « guichet foncier » qui était en bonne voie pour remédier au fait que la colonisation française avait déclaré terres domaniales toutes celles qui n’étaient pas immatriculées, alors qu’aucune terre ne l’était. Dire que le gouvernement Ravalomanana n’a rien fait en ce domaine relève de la seule critique radzouëlienne. Le grand problème qui existe est celui des magouilles de toutes sortes dues à un certain nombre de fonctionnaires du service des Domaines. Concernant les paysans, rappelons aussi les conclusions, toujours valables, d’une étude faite il y a plus de vingt ans : A Madagascar, moins que des paysans sans terre, il y a surtout des terres sans paysans.

Le Machin m’agace toujours quand il dit « qu’en vertu du Code de la nationalité actuellement en vigueur, les enfants nés de mère malgache et de père étranger ne peuvent acquérir la nationalité malgache ». A l’Indépendance en 1960, toute personne qui avait des ancêtres malgaches et pouvait avoir aussi des ancêtres étrangers, « retrouvait » sa nationalité malgache. Ensuite, pour la nationalité, la nationalité lui était reconnue, seulement si le père était malgache. Depuis quelque temps, une nouvelle disposition fait qu’un certificat de nationalité malgache est accordé à tout enfant pour lequel le père étranger fait une demande. La situation est donc tout à fait différente, mais l’Onu ne le sait pas. Ou plutôt ses informateurs le lui ont caché. Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage.

L’Onu continue à m’agacer, quand il « exhorte en outre le pays à prendre les mesures appropriées pour éliminer la discrimination qui persiste à l’encontre des descendants d’esclaves ». Or, outre les mesures royales antérieures à la conquête, la colonisation a « aboli » l’esclavage en 1896. Et il n’existe aucune discrimination légale discriminant les descendants d’esclaves. Je doute que l’Onu le fasse seulement pour apitoyer les bonnes âmes. Je suppose plutôt que les réseaux de la mouvance Ratsiraka entretiennent cette idée, car comme en 2002 ou aujourd’hui avec Rossy et ses bas quartiers, ils voudraient capter à leur seul profit cette éventuelle clientèle électorale.

Inutile de poursuivre ce catalogue qui fait monter ma tension et va me coûter cher en médicaments. Il est facile quand on est à New-York avec des salaires internationaux ou des per diem confortables de critiquer la pauvreté. Ces gens-là peuvent souhaiter que « le Code du travail s’applique aux personnes travaillant dans les entreprises des zones franches », ils le font bien inutilement, car au rythme où s’amplifie la crise, il n’y aura plus bientôt d’entreprises franches. Par contre, ils ne disent aucun mot sur les conséquences sociales de la crise politique et laissent le fanjakan’Ijoelina enfoncer le pays dans le Nouveau Bonheur de l’anarchie pauvre.

Je ne voterai pas pour l’Onu aux prochaines élections, si élections il y a.

Par Ny Marina
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