Lettre ouverte aux militaires malgaches : afin que personne n’ignore…

Publié le par Ny Marina

13 mai 2009 Tous les régimes successifs sans exception ont pillé les ressources de notre pays, dilapidé l’argent public et opprimé notre peuple d’une manière ou d’une autre.
Aucun Malgache n’a échappé à l’oppression quelle que soit sa forme, physique, économique, médiatique, politique ou judiciaire. Militaires ou civils n’ont pas échappé à l’arrogance de ces politiciens.
Le Président Marc Ravalomanana pour réconcilier son peuple doit faire preuve d’humilité, et doit prendre ses responsabilités en reconnaissant pleinement ses erreurs et le mal causé à ce peuple qui l’a conduit à la situation actuelle.
Le Président Marc Ravalomanana doit admettre qu’un devoir de reconnaissance et de réconciliation s’impose – tout propos visant à nier catégoriquement ce qui lui est reproché ne ferait qu’alimenter le sentiment de révolte et nourrir la haine et la soif de vengeance de ceux qui étaient prêts à tout et sont allés jusqu’au bout pour lui ôter le pouvoir. Malgré la division apparente du peuple, on note deux points communs entre ce peuple désuni d’une part, la soif de liberté et de combattre un régime jugé autoritaire et d’autre part la blessure profonde qui a bien du mal à se refermer.
Andry Rajoelina a dit « le peuple donne le pouvoir et reprend le pouvoir ». Il a raison, il n’aura pas tort non plus de rendre le pouvoir au peuple, non pas par la voix des ondes, mais par la voix des urnes, il n’aura pas tort non plus de considérer que dans un État de droit, l’auto proclamation n’existe pas.
L’homme le plus puissant et le plus adulé du monde, le Président Barack Obama, fait sans cesse preuve d’humilité envers son peuple et envers le peuple du monde entier. L’humilité n’est pas une faiblesse, mais une force – sinon la plus grande des sagesses.
Or tandis que les hommes politiques à Madagascar n’aspirent qu’au pouvoir et à la vengeance, à la mise à mort physique, intellectuelle, médiatique et constitutionnelle, le peuple malgache n’aspire qu’à l’unité, à la liberté et à la cohésion nationale.
Aux militaires de la CAPSAT, comme tous les Malgaches, vous vous êtes émus des évènements du 07 février dernier ainsi que de la mort de centaines de nos compatriotes calcinés et emportés par les flammes durant la « révolution orange » d’Andry Rajoelina, connu sous le nom TGV pour son caractère fonceur, dit-on.
Beaucoup de nos compatriotes ont payé de leur vie suite à la fermeture de VIVA télévision. Vous avez dénoncé et refusé de participer à l’humiliation, aux arrestations que vous jugiez injustifiées et injustes de certains de nos compatriotes et vous vous êtes refusés à obéir aux ordres par empathie et par compassion pour vos semblables – telles étaient les raisons principales et motivations de votre désobéissance. Votre message était clair et votre décision, sans appel…
Le sentiment de fraternité qui nous unit tous nous a amené à nous mettre à votre place et à vous comprendre.
Oui, le « non –dit » n’enlève en rien le sentiment commun, connu de tous les Malgaches à faire partie d’une même grande famille.
Nous partagions avec vous le même sentiment de douleur au vu des images de nos compatriotes tombés sous les balles à Ambohitsirohitra et ceux morts brûlés vifs sur leur lieu de travail. Votre tristesse apparente s’est traduite par la désobéissance et la nôtre, par des larmes incessantes. Larmes qui ne cessent de tomber aujourd’hui encore.
Le peuple malgache est connu et admiré pour son unité et dit-on de lui qu’il est un peuple pacifique. À l’heure où des guerres se propagent dans le monde entier, et l’Afrique est le premier continent touché par la guerre. Notre cohésion est reconnue dans ce même continent où nous constituons un véritable exemple, une inspiration pour les autres nations qui ne se limitent pas au continent africain.
Dans un pays arc-en-ciel comme le nôtre où nos ancêtres sont venus par bateau des quatre coins du monde pour peupler cette île, dans un pays qui abrite aujourd’hui plus de dix-huit ethnies, c’est d’abord la sagesse de l’armée qui permet l’unité, la paix, et la sécurité de tout un peuple.
C’est la combinaison de sagesse et le respect mutuel entre ce peuple et de cette armée qui nous a permis de tout temps d’affirmer notre différence.
La question de la loyauté de l’armée malgache envers son peuple ne s’est jamais posée jusqu’à aujourd’hui. La fermeture d’une station de télévision dont seul Tananarive et ses environs pouvaient capter a pourtant conduit à la mort de plus d’une centaine de nos compatriotes et a fait l’objet de millions de dollars de pertes économiques. Malgré toutes les tentatives visant à masquer cette réalité, il est de notre devoir à tous, civils et militaires de ne jamais nous détourner ou de fermer les yeux sur cette réalité-là afin que personne n’ignore.
Alors, plusieurs questions se posent, une station de télévision, quelles que soient son importance et l’influence de son propriétaire vaut-elle la perte de toutes ces vies humaines ?
Fallait-il et faut-il que le sang de pauvres innocents coule – quand on sait que de tout temps nous nous reconnaissons en nos semblables, tant on sait que leur vie vaut la nôtre ?
La véritable injustice n’est-elle pas celle affligée au peuple malgache depuis des années par les régimes successifs ?
Andry Rajoelina est-il la victime la plus à plaindre dans un pays où « ny hohanina androany tadiavina androany ? » où dans les villages, des pères de famille, leur bêche sur l’épaule, partent à l’aube pour essayer de trouver un travail afin de pouvoir permettre à leurs familles de manger le seul repas de la journée – rentrer, dormir et repartir le lendemain pour recommencer ?
Avons-nous pris acte du fait que si VIVA télévision n’a pas été fermée, Andry Rajoelina ne serait jamais devenu le « révolutionnaire » qu’il a prétendu devenir et oser parler non pas au nom, mais à la place du peuple ?
À la Mairie de Tananarive, ce dernier a affirmé maintes fois, n’avoir aucune intention de faire de la politique. Or, le sort du peuple malgache au moment où il prononçait ces paroles, jusqu’à aujourd’hui dépend et se construit autour d’une volonté politique.
C’est la raison pour laquelle dans un État de droit, le peuple vote pour qu’il puisse être maître de son destin en élisant l’homme ou la femme politique qu’il pense capable de le représenter et de défendre ses intérêts. Ainsi, c’est donc par pur opportunisme que le sort des Malgaches est devenu une priorité et c’est la soif de vengeance qui conduit à la révolution et de parler au nom d’un peuple souverain sans son consentement.
La fermeture d’une station de télévision valait-elle l’adhésion et la sécurisation d’une partie de l’armée du départ d’un TGV à Madagascar alors que nul n’ignore que les rails pour TGV à Madagascar n’existent pas – pas même dans nos rêves les plus fous. À l’heure où même les trains marchandises ont déjà du mal à circuler ?
Or la place du 13 Mai a constitué un véritable quai pour ce TGV. Incontestablement il a réussi à embarquer façon « taxi bé » des milliers de passagers vers une destination incertaine, mais dont on suppose ressemble au paradis, si ce n’est le paradis. Alors, il faut foncer coûte que coûte.
L’armée, sans doute sous l’emprise des sentiments de révolte face aux pertes de vie de leurs compatriotes, a contribué bon gré mal gré au départ du TGV et de ces passagers affamés et assoiffés au sens propre et figuré. Le 07 février 2008 pourtant, le TGV fonceur curieusement ralenti, mais prend tout de même le temps et la précaution de débarquer les passagers qu’il sait déterminés à arriver à destination.
En train ou à pied, ne jamais s’arrêter.
La réalité est que la destination finale n’était pas si loin. Entre la Place du 13 Mai et Ambohitsirohitra, il n’y avait qu’un pas alors le TGV n’avait aucun besoin de foncer. Le train à grande vitesse a aussi un grand pouvoir, celui d’apparaître et de disparaître selon les situations.
Il disparut le 07 février pour réapparaître le 08 février et déplorer la mort de ses passagers.
Il a disparu de son domicile pour réapparaître à celui de l’Ambassadeur de France quelques jours plus tard, affirmant avoir 50 millions pour 18 millions de Malgaches.
Au final, il embarque quelques milliers de passagers à son bord et a délibérément ou involontairement (selon) laissé à quai quelques millions d’autres.
La fermeture de la station de radio télévision d’Andry Rajoelina a conduit son public à manifester pour sa réouverture.
À l’heure où l’on parle de crise mondiale, à Madagascar, la crise est quotidienne et n’a jamais quitté la population. Nous nous accrochons à Dieu et à tout ce qui nous permet de nous évader et oublier nos misères et VIVA Télévision a largement contribué à cette évasion.
Réclamer sa réouverture était donc incontestablement légitime. Surtout à l’heure où la parole de Dieu ne varie pas beaucoup et si elle varie, c’est pour plus de culpabilisation et plus d’interdictions y compris interdiction de nous occuper de nos morts et de nos ancêtres – pour certaines religions dont celles fraîchement installées dans notre pays.
Malheureusement, VIVA ne diffuse qu’à Tananarive et environ.
L’évasion et les divertissements n’ont donc pu atteindre qu’un public purement tananarivien.
Les provinces n’ayant jamais eu le loisir d’en apprécier les qualités ou les défauts.
Nous vous avons vu et nous vous observons – vos visages, vos images, vos faits et gestes circulent partout dans le monde entier et dans tous les supports médiatiques.
Nous ne vous perdons pas de vue, car vous nous ressemblez.
Des hommes peuvent s’égarer, mais un peuple ne peut pas se perdre. Puisque les armes sont braquées sur nous, qui sommes vos frères et sœurs de sang et vos semblables, alors nos regards seront braqués sur vous. Nous chercherons votre regard jusqu’au bout. Il apparaît aujourd’hui que le véritable TGV au caractère fonceur, c’est vous.
Alors, donnez-nous un peu de votre énergie et fonçons ensemble et œuvrons ensemble pour la paix. Lutter pour préserver la légalité c’est aussi lutter pour préserver l’identité et la liberté de nos générations futures dont vous êtes aussi les garants.
C’est aussi lutter pour tous les Malgaches sans exception qu’ils soient civils ou militaires. Ceux qui sont tombés sous les balles sont morts au non de notre liberté, votre liberté.
Le 26 juin 1960 a marqué l’indépendance et la liberté du peuple malgache. Indépendance dont beaucoup ont le sentiment d’avoir perdu le 21 mars 2009 par voie « extra constitutionnelle ». D’autres pensent avoir été emprisonnés depuis l’avènement du Président Marc Ravalomanana.
Les avis divergents et seuls des élections transparentes permettront de confirmer ou d’infirmer ces sentiments.
Nous avons tous gravé dans nos mémoires l’image d’un homme, nommé RAZILY, aspirant à la liberté, pas uniquement à sa liberté, mais à celle de ses compatriotes. Il s’est dirigé vers certains d’entre vous, militaires, drapeau à la main, avec comme seule protection, un cartable d’écolier porté comme bouclier. Les images qui circulent de lui le montrent, brandissant un drapeau qui est aussi le vôtre, symbole notre souveraineté et de notre indépendance.
À la vue des images, le drapeau pourtant lui a été arraché et lui violenté.
Aujourd’hui encore, nous ignorons le sort et le devenir de RAZILY.
Nous estimons que sa place est auprès de sa famille.
Le 26 juin, lorsque vous défilerez pour commémorer l’indépendance et la liberté du peuple malgache dont vous-même en faites partie.
Lorsque vous commémorerez la mémoire de vos anciens, morts au combat pour votre liberté, lorsque vous porterez ce même drapeau malgache en le brandissant de la même manière que RAZILY l’a porté,– je souhaite que vous vous souviendrez de ces quelques mots et que vous ayez une pensée pour lui. Il n’est pas différent de vous. Il est de votre sang et qui sait peut-être de votre rang.
À l’heure où il est devenu illégal d’être légaliste, et un délit d’exprimer ses idées dans les rues, la place de la démocratie, Ambohijatovo ou la place du 13 Mai, n’est pas un quai pour embarquer vers une destination inconnue, mais un bien moyen pour rester chez nous. C’est un socle qui porte le nom et l’objet de notre engagement et un endroit pour nous permettre d’exprimer notre désir rester comme la place du 13 Mai fut un quai pour TGV.
Sans identité, un être humain est un clandestin. Politiques et/ou militaires ne pourront contraindre tout un peuple à devenir clandestin dans leur propre pays.

D’une manière ou d’une autre, ce peuple reviendra aux sources, car il aspirera à retrouver ses repères, de la même manière que vous retrouvez les vôtres en retournant à vos casernes après avoir affronté vents et marées du monde civil.
Je ne suis qu’une simple citoyenne qui demande humblement à tous mes compatriotes civils et militaires qu’ils soient d’Antsiranana, Tuléar, Majunga, Toamasina, Fianarantsoa ou d’Antananarivo de méditer sur le fait que notre pays est actuellement en train de vivre les moments les plus sombres de son histoire. De même, nos vies et notre avenir sont compromis pour la simple raison que deux hommes, depuis toujours se vouent une haine farouche et s’amusent au jeu de la « chasse aux sorcières ».
Or le seul grand perdant, c’est nous peuple malgache que nous soyons civils ou militaires. Des règlements de compte entre hommes ont conduit à la tuerie, à la destruction, à la division et presque à la guerre civile si ce n’est déjà fait. Nous ne méritons sans doute pas l’arrogance et la violence passées ou à venir qui sont devenues les seuls substituts et les seules alternatives au dialogue, au respect mutuel et au sens des responsabilités.
Quelques milliers de passagers ont certes embarqué à bord de ce train, mais beaucoup d’entre nous n’ont jamais prétendu être armés physiquement ou psychologiquement pour partir vers des aventures incertaines. Beaucoup n’ont jamais entendu parler de ce train non plus.
Ceux qui ont choisi de rester et de ne pas embarquer ne doivent en aucun cas être forcés, à monter dans les wagons comme l’ont été les juifs pendant la guerre mondiale.
Tout un peuple a été contraint d’embarquer contre leur volonté et envoyé vers une destination inconnue après avoir été dépouillé de leur identité, de leurs biens et de leur dignité humaine (leurs valeurs ne comptaient pas), ce sous le regard malveillant d’une armée prête à tout.
Or le voyage n’a été qu’un aller simple et seuls le pilote (Hitler) et les militaires le savaient sans retour.
Au nom de tous les patriotes morts tombés sous les balles, et brûlés vifs, et au nom de ceux qui se battent pour retrouver la liberté, qu’ils aient suivi le TGV ou non, nous sollicitons la sagesse de l’armée afin qu’elle ne soit pas tentée d’utiliser l’arme de la colonisation qui vise à diviser le peuple pour régner.
Au nom des millions de Malgaches compatriotes dans toutes les provinces qui ignoraient et qui ignorent toujours l’existence de VIVA TV et du TGV, nous réclamons leur droit à rester seuls maîtres de leur destin.
Nous demandons à l’armée de les aider à pouvoir s’exprimer par la voie des urnes dans et les meilleurs délais – ce même s’ils choisissent à leur tour d’embarquer dans ce train dont les rails sont encore inexistants, et ce, même si le voyage est un aller simple –, l’essentiel c’est qu’ils choisissent.
Le pouvoir comme le savoir se transmet. Nos anciens nous ont transmis leur savoir et leurs valeurs depuis que Madagascar est Madagascar.
Nous voulons pouvoir les transmettre, à notre tour tant nous nous faisons un devoir d’honorer et de préserver ce que nous avons de plus précieux c’est-à-dire, notre identité et notre patrie.
L’armée est notre référence en matière de devoir, d’éthique et d’honneur.
Hormis la lourde responsabilité d’assurer notre protection et notre sécurité, vous êtes aussi notre « Ray Amand-Reny » en matière de paix.
Ne commettez pas d’infanticide et si conflit de générations il y a, faisons la guerre avec les mots et non avec les armes comme nos anciens nous l’ont montré en nous inspirant de notre propre démocratie basée sur le « fihavanana », « fifanajana » et le « fifanankalozan-kevitra »
Nous demandons le droit à rester à quai, car sans être des lâches, nous ne sommes pas des grands ambitieux. Nous ne voulons pas nous perdre même si la destination du TGV s’avère être le paradis. Car le seul paradis que nous connaissons c’est Madagascar, notre patrie.
A l’instar de Malgaches à l’étranger qui aspirent à revenir, nous ne cherchons en aucun cas à partir ou à aller au paradis que ce soit vision ou version TGV.
Nous sommes le peuple du « moramora » et la vitesse ne nous convient pas – d’ailleurs, la vitesse ne nous permettra pas d’apprécier les paysages. Encore une fois, nous ne cherchons pas le paradis et nous ne souhaitons pas être envoyés de force.
Bien au contraire, nous voulons vivre sur terre et honorer nos ancêtres. Le savoir et le pouvoir ne s’arrache pas, ils se transmettent dans le plus des respects. Toutefois, si le pouvoir acquis par les armes est plus important que nos vies et le pouvoir de l’argent plus important que l’avenir de nos enfants alors, la seule solution de conserver ce pouvoir pour ceux qui pointent ces armes en direction de leurs semblables – est transmettre ces armes à leurs propres enfants pour qu’ils puissent eux-mêmes les transmettre à leurs descendants.
Car seul leur propre sang pourra les comprendre. Nous ne les comprendrons pas et le sentiment sera le même en ce qui concerne nos enfants qui se battront à leur tour pour la liberté.
Par la présente, j’appelle tous mes compatriotes, de tous les bords pour qu’ensemble et avec courage, nous osions faire preuve d’une prise de conscience générale.
L’unité est le garant de la liberté - La paix est un comportement. Angelina Soamininala « Crise humanitaire : Appel à la solidarité et à l’intervention internationale » 13 mai 2009 Combien de morts faudra-t-il pour que la communauté internationale s’émeuve enfin et que l’on vienne effectivement en aide à la population malgache ?
Madagascar est un pays en guerre. Il ne s’agit pas ici d’une guerre d’invasion. Il s’agit d’une véritable guerre menée par un groupe d’individus qui, à travers un coup d’état, ont effectivement pris de manière anticonstitutionnelle le pouvoir en s’alliant à une frange soudoyée de l’armée, contre les citoyens malgaches épris de démocratie.
En ayant pris le pouvoir sans réel projet politique, préoccupés avant tout d’écarter les gens de l’appareil d’état qui auraient pu s’opposer à eux, ils se sont avérés incapables de fédérer les différentes forces politiques du pays, ou de les impliquer pour parvenir à une solution de consensus.
Qui plus est, refusant ce consensus qui aurait pu ramener la paix, ils démontrent aujourd’hui une incompétence politique, technique et économique qui a mené en quelques semaines le pays à une véritable cataclysme économique (faillites en cascade, arrêt des flux douaniers, disparition intégrale du tourisme …). La population qui aspire au respect de la légalité et des valeurs démocratiques a manifesté contre ce coup d’Etat et a réclamé le retour à l’ordre constitutionnel.
Mais les manifestations pacifiques de cette population, qui n’a jamais exprimé un quelconque appel à la violence, ont été et sont encore violemment étouffées.
Les tentatives d’intimidation voulant juguler l’expression des citoyens, ont rapidement évolué en répression : arrestations arbitraires, enlèvement et disparitions de personnalités politiques et de journalistes, censure des médias (condamnée par Reporters Sans Frontières), assassinat et dispersion de manifestants par des tirs à balles réelles, intimidations vis-à-vis du corps médical hospitalier pour dissimuler les effectifs de victimes… etc …
L’insécurité qui s’est installée, caractérisée par des exactions de plus en plus violentes et de plus en plus systématiques (pillages, intrusion dans les maisons, enlèvements, racket, …) menées par un corps d’armée renégat et des milices privées affidées au pouvoir, a installé un véritable climat de terreur.
Si la résolution de cette crise doit appartenir avant tout aux malgaches eux-mêmes, la violence de ces évènements nous laissent aujourd’hui désemparés, d’autant que le danger est grand de voir, dans le désastre économique et politique que vivent aujourd’hui les malgaches, se déclencher en plus une véritable guerre civile alimentée par les enjeux de pouvoir des différentes factions alliées hier pour renverser le gouvernement en place et qui ne tarderont pas demain à se déchirer.
La Communauté Internationale est témoin de cette situation, mais reste relativement muette, peut être à défaut d’information ou de volonté politique.
Après l’avoir vue formellement condamner le coup d’Etat, notre inquiétude est grande qu’une reconnaissance de fait par la communauté internationale se fasse au fil du temps de cette autorité mise en place par un putsch, au détriment des intérêts vitaux et des aspirations démocratiques des citoyens malgaches et de la sécurité de leur avenir.
Le pouvoir actuel, en prétendant défendre SA démocratie, contredit les principes fondamentaux émis dans la déclaration des droits de l’homme, repris dans la charte des droits de l’homme et la charte des Nations Unies.
Le droit à la paix, à la prévention des conflits, à la sécurité et au développement économique, social et culturel de notre pays et de ses citoyens est violemment bafoué.
Nous en appelons aujourd’hui à toutes les instances, organisations, groupements politiques, groupements d’individus citoyens, pour qu’ils nous reconnaissent et nous soutiennent, à travers toute forme d’action, dans notre lutte pour un retour à la paix civile et un retour au respect des plus élémentaires principes démocratiques.

Un réseau de citoyens malgaches
Cette alerte a été rédigée par un réseau de citoyennes et citoyens malgaches qui veulent réunir leurs efforts face à la crise que traverse leur pays. Certains d’entre eux ont exprimé à leur manière leur avis et dont quelques exemples sont joints à cette alerte.

 “A Vous la Parole” Courrier des lecteurs (topmada@gmail.com)

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