une chance pour rompre avec la culture du 13 Mai

Publié le par Ny Marina

Maputo 2 : une chance pour rompre avec la culture du 13 Mai

 

Encore une fois, voici une contribution du forumiste Jolami qui nous offre encore une fois un excellent texte au sujet de sa vision de Maputo 2.

Ndimby A.

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A l’approche du sommet de Maputo 2 et à l’arrivée à Antananarivo des représentants de l’Equipe Conjointe de Médiation pour Madagascar, chaque mouvance fourbit ses armes. Les mouvances s’accusent mutuellement de non-respect des Accords de Maputo. Elles rivalisent d’énergie, d’arguments de bonne ou de mauvaise foi pour tenter d’obtenir le maximum de sièges dans les institutions de la Transition.

On peut déplorer, désapprouver le spectacle. Mais, en même temps, cela fait partie des pratiques politiques dès lors qu’une Transition inclusive et consensuelle implique tout de même une répartition des sièges et des fonctions.

L’essentiel n’est pas là !

L’essentiel est que cette répartition ne soit pas faite uniquement dans un esprit de partage du gâteau mais dans un esprit de recherche d’un véritable changement de faire de la politique, dans la quête d’une nouvelle République et d’un nouveau contrat entre les politiques et le peuple basées sur le souci de garantir l’intérêt supérieur et général du peuple Malagasy et de Madagascar.

Certains doutent de la sincérité de la classe politique à ce sujet. Ils pensent que les uns et les autres vont s’entendre sur le dos du peuple pour pouvoir se partager le pouvoir dans leurs intérêts personnels et non dans l’intérêt de ce même peuple.

Au vu du passé, on peut les comprendre.

Pour autant, il est impératif de saisir la chance historique de Maputo 2 pour rompre avec les mauvaises pratiques du passé et ouvrir une nouvelle et positive page de l’histoire politique de notre pays.

De quoi s’agit-il ? Tout le monde le sait. Depuis 1972, sauf pour 2 fois (en 1992 et en 2006, mais encore dans des conditions telles que la sincérité des scrutins était douteuse), le pouvoir se conquiert sur la place du 13 mai. C’est une pratique tellement ancrée dans notre système politique que aucun acteur n’envisage qu’il puisse en être autrement. Faute de place, il n’est pas le lieu ici d’en dresser la liste des causes. En revanche, à part l’épisode Zafy, on peut constater que les présidents Ratsiraka et Ravalomanana ont voulu l’un et l’autre se maintenir très durablement au pouvoir en bricolant les élections ou/et la Constitution et en abusant de leur pouvoir. Cette volonté de s’accrocher au pouvoir a rendu ces deux chefs d’Etat sourds et autistes face aux mécontentements, fondés ou non. Ils pensaient à tort qu’il suffisait de verrouiller le pouvoir pour le conserver. Ils ont oublié que cette attitude favorise chez nous les manifestations de réclamation de changement de pouvoir sur la place du 13 mai. Et ils ont oublié que ces manifestations ont toujours été couronnées de succès : chute du régime en place, avènement d’un nouveau régime. La classe politique elle-même le sait. Sauf exception, elle soutient chaque nouveau président pour pouvoir bénéficier des avantages du régime en place. Dès lors que le président ne garantit plus suffisamment les avantages de la classe politique, celle-ci est prompte pour conduire la foule sur la place du 13 mai afin de faire tomber le président en place et réclamer un nouveau président.

En posant des conditions à la reconnaissance internationale du régime de Transition issu de la révolution dite Orange portée par Andry Rajoelina, la Communauté internationale nous offre l’occasion de se débarrasser de cette très mauvaise habitude.

En allant à Maputo 1 et en s’engageant à aller à Maputo 2 malgré la pression d’une partie de son camp, Andry Rajoelina a sans doute compris l’importance historique de ce processus. Une transition inclusive et consensuelle, qui ne veut pas dire une transition égalitaire entre les mouvances, est une occasion inespérée d’exiger de la classe politique un engagement devant l’opinion malagasy et devant l’opinion internationale d’installer de nouvelles institutions stables qui puissent garantir l’alternance démocratique et non l’alternance par l’insurrection place du 13 mai. Une transition inclusive et consensuelle est une occasion pour la classe politique de travailler ensemble et non séparément dans cet objectif.

Dotés du bon sens populaire, les Malagasy attendent des politiques qu’ils fassent de Maputo 2 un succès. Cette réussite n’est pas seulement que les politiques s’entendent sur des répartitions des sièges et des fonctions. Cette réussite le sera et le sera totalement si les politiquent donnent un signal fort de respect de la Charte des valeurs et de l’esprit de Maputo : l’intérêt supérieur du peuple Malagasy prime les intérêts particuliers.

Chiche !

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