CONVERSATIONS EN VILLE

Publié le par Ny Marina

Le 06 septembre 2009

 

CONVERSATIONS EN VILLE

 

Je voulais parler de l’intolérance et de la violence à Madagascar, tant il y aurait à en dire. Mais l’actualité impose de parler de l’actualité la plus immédiate.


Nous savons aujourd’hui ce que sont les propositions que Rajoelina et sa mouvance ont fait connaître par courriel informatique au Groupe International de Contact. Malgré ses hésitations domestiques, Rajoelina n’a pas changé. Il se considère toujours comme le président de la transition, il dissout le gouvernement comme le peut faire tout vrai chef d’Etat, renomme Pointe de Sagaie au poste de « premier ministre », et lui demande de former dans les soixante-douze heures un gouvernement de consensus selon l’esprit, dit-on, de Mapouto.


Ndefo est donc confirmé dans la place. Rajoelina lui a refilé la patate chaude, car lui-même n’a pas réussi à constituer ce fameux gouvernement d’ouverture. Il aurait tant voulu en annoncer à Mapouto la composition par courriel.


Quels « ministres » de la Hat vont donc rester en place ? On peut penser que seront du nombre Augustin de Madagate qui, en Asie du Sud-Est, a pu rencontrer un des conseillers de Barack Obama, qui a pu aussi lancer un grand projet informatique et n’a pas une gestion administrative de son département, Hajo Andrianainarivelo, ministre de la Décentralisation qui ne donne pas dans le mensonge de la désinformation, Richard Fienena, ministre de l'Economie et de l'Industrie, qui s’est déjà illustré à l’extérieur, Masimanana Manantsoa, ministre de l'Intérieur qui a déjà manifesté son désaccord avec la justicière, Jean Claude Rakotonirina, ministre du Commerce, qui défend le riz confisqué à Tiko, Rolland Ranjatoelina, ministre des Transports, un excellent technicien qui sait ce qu’il faut faire pour que les transports puissent aider au développement de l’économie. C’est sur ces maintiens que l’on pourra juger de la qualité de l’apport des transitionistes dans la nouvelle transition.

Mais la lutte va être chaude, car les Forces de non-changement désirent 70% de toutes les places. Que vont devenir Voninahitsy Jean Eugène, Pety Rakotoniana, Désiré Ramakavelo, Alain Ramaroson et les Otrikafo qui, s’ils nous ont promis des lendemains meilleurs, s’en sont sans doute promis à eux-mêmes ? Vont-ils croire, comme le claironne un général en retraite de la Hat, que l’ancienne puissance tutélaire les a incités « à foncer » et qui ajoute qu’ils ne vont pas s’en priver ? Rajoelina serait-il un avatar malgache d’un Ali ben Bongo ?

Du côté de Rajoelina, on pouvait espérer que, dans les mouvances, un certain nombre de personnalités modérées seraient tentées par l’aventure. Apparemment, ce n’est pas le cas et les trois mouvances ont déjà annoncé qu’elles excluraient ceux qui succomberaient à la tentation.

Pour la Hat, la luta continua ou plutôt, comme on le disait autrefois à Madagascar, mitohy ny tolona.

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