Réflexions sur la vie politique malgache…

Publié le par Ny Marina

sur le blog de Fijery

19 septembre 2009

Un TGV à New-York

Andry Rajoelina est invité par les Nations unies à un Sommet international sur le changement climatique, programmé pour le 22 septembre à New York. On peut imaginer la joie indicible qui doit animer ce Monsieur qui aime qu’on l’appelle Président, et pour qui cette invitation à se faire nommer comme tel au siège de l’ONU est la consécration ultime. D’ailleurs, son porte-parole Annick Rajaona ne s’est pas privée d’enclencher la machine à propagande et dire au micro de Reuters que la reconnaissance internationale était en marche. Mais bon, on a eu l’habitude d’entendre cela après les voyages de Monsieur Rajoelina au Sénégal, en Lybie, à Bruxelles ou même à Maputo. Et comme soeur Anne, on n’a encore rien vu venir.

Anticipant la récupération que la Haute autorité de transition (HAT) allait faire de ce voyage, les Nations unies (que le Général de Gaulle avait bien raison d’appeler « le Machin ») ont pris soin de souligner que cette invitation ne devait en rien être interprétée comme une reconnaissance internationale du pouvoir de Transition. Ce communiqué est quand même un tantinet hypocrite : comment peut-on inviter à un Sommet de Chefs d’Etat quelqu’un dont on dit ne pas reconnaître le pouvoir ? Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir invité Satrobory ou Manandafy ? Toujours est-il que la présence de Monsieur Rajoelina à New-York est une belle victoire de la diplomatie française, discrète et efficace quand il s’agit d’utiliser toutes les possibilités pour imposer son poulain à la face du monde.

Quand on sait que c’est le comportement de la mouvance Rajoelina qui a fait voler en éclats les Accords de Maputo obtenus au forceps sous l’égide de l’ONU, de la SADC, de l’Union africaine et de la Francophonie, on se pose des questions sur la cohérence du comportement onusien, qui a un pied en dehors tout en gardant un pied au-dedans de la cour de la HAT. Un diplomate que nous avons interrogé, sans doute le champion du monde toute catégorie de la langue de bois, nous a affirmé que « Madagascar et sa biodiversité unique ne pouvaient être laissés en dehors de cette réunion primordiale pour l’humanité ». Ouf, les lémuriens pendus aux branches d’arbres sont contents. On verra plus tard pour les travailleurs pendus aux marchés de l’AGOA.

Le seul espoir est que là-bas, isolé de sa base et de son entourage malfaisant, et entouré de personnalités internationales qui pourront lui apprendre le B.A.Ba du sens de l’Etat, Andry Rajoelina puisse enfin ouvrir les yeux. Car sincèrement, ce n’est sans doute pas le Président de la HAT qui est le plus à même de donner un avis pertinent sur le changement climatique, quand on sait que c’est depuis qu’il est au pouvoir que les déforestations massives ont lieu dans les réserves naturelles.

Mais peut-être que cette invitation est un prétexte pour organiser discrètement des réunions de la dernière chance pour une solution politique à la crise malgache, avant qu’il ne soit trop tard pour appliquer les Accords de Maputo. Car s’il fallait que ce soit juste pour son ego qu’il aille parader dans les salons feutrés de l’immeuble de verre de New-York et aux frais du contribuable, ce serait sans doute cher payé pour le contribuable pour que l’ancien DJ se fasse appeler Président par les vazaha.

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