sur tribune.com

Publié le par Ny Marina

Affaire Manandafy Rakotonirina

« Verdicts politiques »

mercredi 23 septembre 2009
JPEG - 163.5 ko

C’était le 29 avril 2009, au Carlton.

Accusés d’avoir usurpé des fonctions et porté atteinte à la sûreté de l’Etat, Manandafy Rakotonirina et consorts ont été condamnés à des peines « légères » et avec sursis de surcroît. Les réactions des partisans de la Haute autorité de transition (HAT) et celles des partisans de la mouvance Ravalomanana qui qualifient ces peines de « politiques » sont évidemment contrastées. Le commun des citoyens pour sa part est demeuré sans voix. D’abord il avait entendu dire que les verdicts ne tomberont pas avant le 6 octobre, c’est-à-dire pas avant la tenue de la réunion du Groupe de contact (GIC) et de la suite de la médiation conduite par Joachim Chissano ; mais tout d’un coup, voici que le tribunal a dit la loi sur l’affaire Manandafy et consort.

À comparer avec les charges qui sont perçues comme très lourdes, en se remémorant en plus la manière avec laquelle les Manandafy et ses complices ont été cueillis au Carlton le 29 avril 2009 par un déploiement des forces armées et les traitements dont ils ont été l’objet, l’imaginaire populaire est très surpris des sentences qui ont été dictées. Manandafy Rakotonirina, qui a été désigné Premier ministre par le président de la République de l’époque, Marc Ravalomanana, a écopé de deux (2) ans d’emprisonnement avec sursis pour atteinte à la sûreté de l’État et usurpation de titre. Deux civils et quatre militaires arrêtés en même temps que lui ont quant à eux été condamnés chacun à un (1) an de prison avec sursis pour port d’arme illégal. Ihanta Randriamandranto, celle qui dirigeait la lutte féminine dans le mouvement « égaliste », a subi la peine la plus légère : six (6) mois d’emprisonnement avec sursis pour atteinte à la sûreté de l’État.

Les condamnés ont encore le temps de faire appel, dit-on ; mais le feront-ils ? Certains de leurs avocats font comprendre que oui, arguant que le Tribunal n’a pas pris en compte les accords de Maputo 1 qui passent l’éponge sur les délits politiques antérieurs à leur signature. En tout cas, Naïka Eliane, la femme sénateur qui a été arrêtée avec violence le 12 septembre dernier et retenue à la prison de Manjakandriana, a obtenu la liberté provisoire.

Recueilli par Bill

Commenter cet article