tour d'horizon : une valse à trois

Publié le par Ny Marina

Les deux mamelles de Tgv : la Lybie et la France
22-09-2009| Écrit par M.R.
madatimes.com

Les choses se décantent de plus en plus. Et au fond, on voit deux corps étrangers qui soutiennent le régime putschiste comme deux mamelles : la Lybie et la France.


Ce qui suit est un article d’un observateur mettant en lumière les connections dont bénéficient Tgv à Tripoli et à Paris. Faut- il en effet rappeler que le président autoproclamé de la transition a fait son premier déplacement à l’extérieur chez Kadhafi et puis en France.

Pour comprendre le casse-tête malgache actuel, et surtout l'entêtement surprenant du jeune "D.J." qui prétend présider aux destinées de Madagascar, il faut toujours et encore, voire exclusivement, chercher du côté des vieux démons de la France-Afrique les clés d'une problématique qui, pourtant et autrement traitée, aurait déjà pu trouver facilement sa solution si l'on voulait bien la prendre par les cornes. Car, plutôt que de blâmer "l'incapacité des Malgaches à résoudre leurs propres problèmes", sempiternelle lamentation facile et à bon prix que véhiculent bien volontiers des âmes bien pensantes dans les allées du Quai d'Orsay et de l'Elysée, ces Messieurs-dames imbus de condescendance, qui par ailleurs sont totalement ignorants de la spécificité malgache, réalité qu'ils écartent de toute façon avec un dédain certain pour ne pas s'embarrasser des bonnes réflexions pourtant nécessaires, veulent tout simplement appliquer à Madagascar une recette africaine de résolution de crise expérimentée avec un certain succès sur le continent noir.

Nouvelle diplomatie

En clair, foin les principes et droits fondamentaux, les valeurs fondamentales, ou les références légales, l'essentiel n'est-il pas que les intérêts de la France, ceux des milieux d'affaires en particulier, continuent de prospérer, que dans l'apparence, la présence de la France puisse s'afficher coûte que coûte, ce même si, comme elle le pratique actuellement comme étant l'un des supports les moins voyants de sa "nouvelle" diplomatie, elle se cache volontiers derrière l'Union Européenne, la Commission de l'Océan Indien ou l'Organisation Internationale de la Francophonie pour mieux faire passer ou admettre ses projets. Le jeune "D.J" Rajoelina, le nouveau protégé français, joue ce jeu français et s'y prête sans renâcler. "On" - le Quai d'Orsay - lui colle une jeune et jolie diplomate française, telle une sirène bienvenue, qui le suit partout, tout spécialement jusqu'à Maputo, avec une couverture qui ne trompe personne (car, très curieusement, alors qu'aucun autre membre du Groupe International de Contact n'a bénéficié de ce statut, à Maputo la France était présente en tant qu'observateur et c'est sous ce couvert que cette jeune diplomate y fut pour être constamment, et avec une proximité surprenante, aux côtés du protégé de la France). C'est ainsi que, fort de l'appui occulte de cette France omniprésente et de l'Organisation Internationale de la Francophonie dans le rôle de supplétif, et étant si sûr d'obtenir l'attribution de la présidence de la transition issue de la Charte de Maputo, mais très surpris de la résistance inattendue des autres mouvances politiques, le jeune "D.J.", en enfant gâté qu'il est resté, est rentré précipitamment et furieux à Antananarivo pour ourdir sa "vengeance" qui s'est matérialisée par la formation de son "gouvernement d'union nationale" que l'on sait.
 
Deal stratégique

Mais, la sirène française n'est finalement qu'un élément secondaire qui laisse supposer une réalité autrement plus dense et inquiétante. Revenons à l'affaire des infirmières bulgares finalement libérées grâce à un  "coup de génie" du Président Sarkozy. Du moins, c'est ce qu'on laisse accroire. La réalité est moins glorieuse. Pour faire court, disons qu'à ce moment-là un deal stratégique de grande envergure, à la mesure des deux grands hommes et imaginé et mis en œuvre par Claude Guéant, le Secrétaire Général de l'Elysée, a été conclu entre Sarkozy et Kadhafi consistant en ceci: à toi (Kadhafi) l'Afrique politique - n'est-il pas devenu quelques mois après, avec moins de facilité que prévu, l'"empereur" de l'Afrique en devenant le Président de l'Union Africaine ? -, à moi (Sarkozy) l'Afrique économique - n'a-t-il pas mis en application sa nouvelle "vision" relationnelle avec l'Afrique basée sur l'exploitation de ses richesses en sources d'énergie ? -. Survient alors la crise institutionnelle et politique à Madagascar mettant en farouche opposition les deux fonceurs de la vie politique malgache, le sémillant maire de la capitale malgache d'un côté, et le dynamique président de la République de l'autre. Le tout, s'agissant de la France, avec un arrière-plan de désir de revanche contre une politique jugée trop francophobe du Président Ravalomanana.

Sources d’appui

Jusque là tapis derrière la scène d'une tragédie annoncée, certains grands groupes d'entreprises français sautent finalement le pas pour prendre fait et cause pour le jeune maire de la capitale, lui apporter leur soutien financier, logistique et "méthodologique" dans la réalisation sans coup férir de son "coup"...qui s'est transformé en coup d'Etat tout court...mais s'étant préalablement assuré d'un "feu vert" du puissant réseau "africaniste" du Quai d'Orsay, dont certains membres, et pas des moindres, avaient été récemment en poste à Madagascar et qui connaissent donc bien les "travers" du Président Ravalomanana. Ici, intervient un autre homme-clé du système sarkozien, chantre de la France-Afrique, Robert Bourgi, l'avocat des causes putschistes en Afrique francophone, et qui s'en vante. Il fait le déplacement à Madagascar avec discrétion pour rendre visite à son nouveau protégé et lui assurer le soutien sans faille mais discret de la France sarkozienne. L’ « assurance risque » est par ailleurs fourni par la Lybie, ce en application du deal franco-libyen, consistant en la fourniture de conseils avisés en matière militaire et d'ouverture de la manne financière pour garantir une certaine permanence des sources d'appui. La boucle étant ainsi bouclée, il ne restait plus qu'à consolider l'acquis, c'est à dire investir tous les rouages de l'appareil étatique, les verrouiller et sanctuariser le pouvoir. Si donc le nouveau rapport franco-malgache est si mauvais à l'heure actuelle, il ne faut pas s'en étonner et il ne faut surtout pas jeter la pierre aux Malgaches. "Français, vous avez tiré les premiers", pour paraphraser les mots fameux qui ont illustré la fatidique bataille de Waterloo fatale aux Français..., alors assumez-en les conséquences !

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