sur topmada.com : j’ai bien peur que l’on aboutisse à une guerre civile

Publié le par Ny Marina

Naika Eliane, « j’ai bien peur que l’on aboutisse à une guerre civile »
24-09-2009| Écrit par L.G.

Elle a accordé au Times of Madagascar une interview exclusive mercredi soir avant de s’envoler jeudi pour la France. Choquée mais plus que jamais décidée à rendre justice, elle revient sur ce douloureux moment.    

Le 12 septembre, le Sénateur Naika Eliane était arrêtée dans sa chambre d’hôtel par les éléments de la F.I.S. Les vrais motifs de cette interpellation ne seront jamais clairement connus. Toujours est-il, outre l’accusation d’être l’une des meneuses du combat pour le retour à l’ordre constitutionnel, l’autre raison pourrait être bien qu’elle fut l’une des membres de la délégation de la mouvance Ravalomanana présente à Maputo.



The Times Of Madagascar :    Vous êtes partisante du Président Ravalomanana, qu’en est-il aujourd’hui ?
Sénateur Naika Eliane :     « Je reste fidèle au président Ravalomanana. Je voudrais préciser que j’en suis à mon deuxième mandat en tant que sénateur et j’ai été désignée à deux reprises par le Président Ravalomanana. Il y a donc une confiance mutuelle que nous respectons l’un et l’autre ».

TTOM :      Au sein de votre famille, il y a des pro Ravalomanana et des pro Ratsiraka, cela pose-t-il problème ?
S.N.E. :     « Il y a aussi des Pro H.A.T. Chacun a sa vision et son éthique politique. Cela ne me pose donc pas de problèmes ».

TTOM :    Allez-vous continuer à faire de la politique ?
S. N. E :    « Plus que jamais » !

TTOM :     Toujours avec le T.I.M ?
S.N.E. :    Oui toujours. Je reste fidèle à mon parti.

TTOM :    Et toujours au poste de Sénateur ?
S.N.E. :    « Oui, le Parlement me plait beaucoup. A deux reprises, on m’a proposée des postes ministériels au sein de différents gouvernements mais je suis très bien au Parlement. Le Parlement me plait ».

TTOM :    Comment voyez-vous l’issue de cette situation ?
S.N.E. :    « Pour le moment, c’est assez flou mais j’espère que nous allons rapidement trouver un terrain d’entente pour sortir Madagascar de cette crise ».

TTOM :     Comment envisagez-vous les prochaines manifestations ? A l’image des évènements de février ?
S.N.E. :    « C’est possible. Si chacun ne met pas de côté ses ambitions politiques, cela risque d’aller très mal pour le pays ».

TTOM :    On parle même de guerre civile ?
S.N.E. :    « Oui, j’ai bien peur que l’on aboutisse à une guerre civile ».

TTOM :    Vous allez rentrer en France, qu’allez-vous faire ?
S.N.E. :     « Je m’en vais, je prends du recul mais je continuerai à me battre ».

TTOM :     Je sais combien cela doit être douloureux pour vous mais pouvez-vous revenir sur votre arrestation ?
S.N.E.:    « Le samedi 12 septembre, je me trouvais dans ma chambre d’hôtel aux 67 ha à l’hôtel Nalugaru. Vers 12h30, les éléments de la F.I.S. sont arrivés pour saccager, piller et casser. Ils ont ensuite essayé de défoncer la chambre dans laquelle je me trouvais. Afin d’éviter qu’ils croient que j’avais quelque chose à cacher, j’ai ouvert la porte. Ils sont entrés dans ma chambre et ils ont commencé, passez- moi le terme, à me tabasser. A partir de là, ils m’ont arrêtée, sans mandat d’arrêt ni même de perquisition. Ils m’ont embarquée de 12h30 à 16h30. J’ai subi toutes les violences possibles. J’ai eu affaire à des personnes d’une violence extrême. On devrait les traduire devant la justice. Ensuite, j’ai été emmenée à la gendarmerie et les choses se sont bien passées car j’ai enfin eu un traitement humain. Les enquêtes se sont déroulées comme il fallait. Puis, j’ai été déférée au parquet qui a décidé de me mettre en mandat de dépôt. J’ai été donc mise en prison. Voilà le parcours difficile que j’ai subi ».

TTOM :    Sous quel motif vous ont-ils emmenée ?
S.N.E. :    « J’avais dans ma chambre un sac de billes et deux fléchettes. Ils ont jugé que ces instruments étaient des armes ».

TTOM :     Certaines personnes disent que vous avez été violée ?
S.N.E. :    « Je n’ai pas été violée physiquement mais moralement oui. C’est ce qui me fait le plus mal ».

TTOM :     Comment va se positionner la France ?
S.N.E. :    « Je pense que les autorités françaises vont réagir car je vais les saisir. Tout le monde me demande de porter plainte, ce que je ne vais pas faire. C’est la justice qui doit faire son travail. Elle doit arrêter ces personnes. Aujourd’hui, on va me traduire devant le tribunal le 13 octobre, mais logiquement ce n’est pas moi que l’on devrait juger mais ces personnes ».

TTOM :     Quel est le message fort que vous aimeriez faire passer ?
S.N.E. :    « Je ne souhaite pas à mon pire ennemi de vivre le dixième de ce que l’on m’a fait subir lors de mon arrestation ».

TTOM :    Vous vous sentez comment aujourd’hui ?
S.N.E. :    « J’ai encore très mal, mais je me sens forte. Ce qui ne m’a pas tuée me rend plus forte » !  

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