Toute ressemblance ... n'est malheureusement pas le fruit du hasard

Publié le par Ny Marina

Madagascar : éviter à tout prix le scénario guinéen

topmada.com
30 septembre 2009

157 civils tués de sang froid par le régime putschiste. La communauté internationale a unanimement et fermement condamné cet acte criminel et sanglant. Malheureusement, le scénario du putsch guinéen nous rappelle ce qui se passe actuellement à Madagascar, et fait froid dans le dos. Voici un rappel des faits.

Promesses de démocratie, remises en question des contrats miniers

La prise de pouvoir en Guinée du jeune capitaine Moussa Dadis Camara (45 ans), le 24 décembre 2008, avait suscité beaucoup d’espoir. Sa prise de pouvoir, au lendemain de la mort de Lansana Conté, avait été saluée par une grande partie de la société civile guinéenne et les partis politiques, impatients de tourner la page d’un régime vieillissant, miné par la corruption, le népotisme et le narcotrafic.

A la tête du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), Dadis Camara promettait de s’attaquer à tous ces maux. Il promettait mondes et merveilles, jurait de renégocier des contrats miniers bradés à des sociétés étrangères de restructurer une armée déliquescente. (La Guinée abrite plus du tiers des réserves mondiales de bauxite, dont il est le premier exportateur et deuxième producteur mondial, après l’Australie.Son sous-sol contient également d’importantes réserves d’or, de diamant, de fer, de nickel, et des réserves d’uranium ont été découvertes en 2007 sur différents sites.)

En fanfare, il a annoncé un

« programme d’action pour combattre l’injustice et l’insécurité et promouvoir une belle élection libre et transparente », il a fustigé « l’irresponsabilité et l’incapacité notoire de l’Assemblée nationale et la corruption notoire du gouvernement » renversé.

La transition démocratique promettait d’être courte. Il avait aussi promis de ne pas se présenter aux élections présidentielles de 2010. Cependant, petit à petit, s’habituant au pouvoir, et sous l’appel de plus en plus fort de politiques proches, il est revenu sur sa parole. L’opposition unie dans les Forces Vives s’était dès lors réunie dans un stade pour dénoncer la possible candidature du putschiste alors que celui-ci avait juré de n’en rien faire et étendu ce serment à tous les membres du CNDD. La provocation de trop de la part de l’opposition apparemment : le bilan est lourd près de 157 morts et 1 200 blessés. Les « bérets rouges » ont tiré à balles réelles « dans le tas » affirme-t-on au Quai d’Orsay.

La diplomatie officieuse française avait ménagé l’auteur du putsch

Comme l’affirme le journaliste de l’Express, Vincent Hugeux, la France est vraiment dans l’embarras suite à ce carnage car elle avait ménagé Camara depuis son putsch en s’appuyant apparemment sur des conseils avisés de personnalités du Quai d’Orsay ou proches de Claude Guéant, le Monsieur Afrique de Sarkozy.

1er acte : Emissaire automandaté sur divers fronts africains, Patrick Balkany, député maire UMP de Levallois-Perret, avait jugé que la candidature à la présidentielle du 31 janvier 2010 du capitaine Dadis Camara, chef de la junte, « ne pose pas de problème »,

2e acte : le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant a lui aussi traité les envoyés de Conakry avec beaucoup d’égards. Au point de recevoir en audience le général Konaté, ministre de la Défense. Simple fait du hasard s’interroge Mr Hugueux, le groupe de Vincent Bolloré l’un des capitaines d’industrie préférés de la Sarkozye, persiste à vouloir remporter la concession du terminal portuaire de Conakry.

Le bourbier africain

Après les carnage, on redoute à l’Elysée qu’en réalité le bilan ne se chiffre à des centaines de morts d’autant plus que des corps auraient été dissimulés. Déjà mis à mal par les dossiers congolais, mauritaniens, on ne souhaite pas du côté du président français que le bilan africain ne s’empire. Déjà la France s’est reprise et a été très ferme suite au crime :

« La France réitère sa condamnation de cette répression sauvage et sanglante », « La France a décidé la suspension immédiate de sa coopération militaire avec la Guinée. Elle réexamine parallèlement l’ensemble de son aide bilatérale »,et condamne les « graves violations des droits de l’homme ».Enfin le conseil de sécurité l’ONU a été convoqué pour envisager des actes suites à ce drame.

Et Madagascar dans tout ça ?

Il est clair que les scénarii des 2 putschs sont très proches. Comme en Mauritanie et en Guinée, la France s’appuie aussi sur des conseils d’autoproclamés spécialistes de l’Afrique. Il y a quelques mois, Andry Rajoelina,  l’auteur du coup d’Etat à Madagascar, avait été reçu par Claude Guéant à l’Elysées, qui l’avait présenté à Khadafi et en juin Robert Bourgi était présent à la fête de l’indépendance à Mahamasina. Par ailleurs en début de semaine, des personnalités proches des affaires et de la politique en France ont, en leur nom propre, affirmé qu’il était temps de redorer le blason de Madagascar, sous entendu de la Haute Autorité de Transition (HAT) de Rajoelina, qui avait donné des signes d’ouverture. Ces personnes ont ajouté qu’elles connaissaient des personnalités pouvant aider à rouvrir le robinet des bailleurs de fonds.

Parmi ces personnes on retrouve, Charles Villeneuve, ancien dirigeant de TF1, le professionnel de la communication, Jean-Charles Brisard, expert de la nébuleuse Al-Quaeda et de ses réseaux financiers distingué par Nicolas Sarkozy chevalier de l’ordre national du Mérite en Décembre. Enfin Amar Dib, membre de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) chère au président français et chevalier de l’ordre national du Mérite depuis Mai.

Les politiques malagasy sont prévenus. Nous ne sommes pas à l’abri d’un scénario à la guinéenne. La répression est de plus en plus forte, l’accès aux médias publics n’est pas possible, la jadis place de la Démocratie est interdite à l’opposition. La colère gronde de plus en plus face à un pouvoir sourd qui s’accroche au pouvoir. Personne n’a intérêt à ce que tout cela s’empire. Encore une fois, toute guerre se termine autour d’une table et il est primordial que chacun respecte sa parole.

 

McFly

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