DES ROUTES

Publié le par Ny Marina

Le 20 août 2010

 Nous n’avons pas besoin de l’aide de la communauté internationale, c’est évident et nous l’avons tous admis, même pour faire des routes et construire des hôpitaux. Après le cyclone Hubert, il fallait d’urgence rétablir la circulation sur les routes et les ponts endommagés. C’est donc non sur son budget d’investissements mais sur son budget d’aide sociale que notre parrainmalala a trouvé de quoi venir au secours des populations victimes du cyclone, mais il n’y aura pas d’inauguration des travaux achevés, non reconnaissance internationale oblige.

Il y a une autre route dont on a parlé ces derniers temps, c’est la bretelle qui joint le baille-passe à Ankadimbahoaka et qui, pour les véhicules allant du centre de la capitale vers le sud et retour, permet d’éviter les engorgements de Tanjombato et d’Andoharanofotsy. Les travaux des Japonais étaient bien avancés mais sans plus. Des problèmes constitutionnels, qui n’étaient pas japonais, ont arrêté la bonne fin des travaux. Les putschistes ont trouvé de quoi recouvrir le hérisson d’une mince couche de goudron, qui en fait le modèle de la belle route sous-développée et non durable. Une fois le hérisson modestement caché, la bretelle fut mise en service sans flonflon ni afflux de personnalités. Personne – peur de la honte assurée par un avenir certain – n’a voulu faire le geste : la couverture, qui n’était ni de laine ni de coton mais de raphia variété capsate, déjà s’effiloche. On la laissera dans l’état aborder la prochaine saison des pluies.

Par contre, un grand projet routier pour la capitale va utiliser un budget de cinq milliards d’ariary, ou vingt-cinq milliards de Fmg. Il s’agit, à Ankorondrano, de joindre Antanimena à Alarobia par une quatre voies et, souci du vahoaka oblige, une piste cyclable. Il y avait déjà trois voies. Ce n’était pas assez pour ce qui sera le centre moderne de la Tananarive de demain. L’on y a déjà construit quelques beaux immeubles modernes – mais beaux selon quelle esthétique ? Je vous laisse le soin de juger. L’on va mieux faire avec la plus grande tour du sud-ouest de l’Océan Indien. C’est le projet d’Ylias Akbaraly, qui veut devenir célèbre dans l’histoire.

Pour qui ne connaît pas Ylias de Sipromad, disons que c’est un des très grands de la Karanie de Madagascar avec des sociétés en Afrique et ailleurs. L’Union Africaine aurait pu l’ajouter à sa liste des 109 où il aurait pu remplacer quelques personnes qui n’avaient aucune raison d’y être. Lui en aurait été quelque peu gêné avec ses sociétés et leurs comptes bancaires en Afrique. C’est un grand ami du plus jeune putschiste du monde. C’est avec son jet privé que le plus jeune président non élu du monde se déplace souvent. C’est lui qui a été le principal contributeur avec un chèque de 90 millions d’ariary à l’association Fitia de Mialy, comme la télévision l’a montré au grand public.

Outre la plus haute tour du Sud-Ouest de l’Océan Indien, Ylias a un autre projet grandiose : celui de créer à Madagascar un hôpital spécialisé dans le traitement du cancer. Cette idée lui est venue parce que sa femme a elle-même été soignée d’un cancer. Pour ce faire, il a fait appel à l’Aga Khan dont on sait qu’il n’est pas insensible aux petits et grands problèmes humains de notre terre. L’affaire est dans les tuyaux. Sans doute est-ce à ce projet que pensait notre « M. le président », quand il nous avait promis un tel hôpital dont on aurait eu tort de croire qu’il serait une initiative de l’Etat capsate, mais qu’il aurait pu inaugurer. On comprend donc le projet de notre grande quatre voies d’Ankorondrano. Elle partira des embouteillages d’Antanimena et aboutira à la minuscule route d’Alarobia à Ambohimanarina. L’on pourra y faire des « pointes » la nuit. Dans la journée, elle risque bien d’être – autre record de notre gouvernement – le plus grand parking de la capitale à partir de laquelle les automobilistes auront le loisir et le temps d’admirer la plus grande tour de l’Océan Indien.

A côté de ce petit projet routier, il en est d’autres que le ministre des Travaux publics a présenté hier à la télévision. Une dizaine ou une quinzaine – je ne sais plus – de routes tout aussi intéressantes les unes que les autres. Il a dit qu’ils étaient – ou seraient, je n’ai pas bien saisi le propos – financés sur des fonds de la Bad et des fonds koweitiens. C’est – ou ce serait – beaucoup mieux que ce que financerait l’Union Européenne. C’est donc – ici, il ne faut pas de conditionnel – une affaire à suivre pour savoir s’il ne s’agissait que pour un effet d’annonce sans suite ultérieure.

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