Guerre de com' anglo-saxonne

Publié le par Ny Marina

sur sobika.com

La communication en politique, c'est le nerf de la guerre et donc de la réussite ou de la défaite. Ce week end a été un épisode concret de cette guerre de com'. Ainsi, Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana tentent de communiquer au delà du traditionnel cercle francophone ( Andry Rajoelina dans le Wall Street Journal, Communiqué anglais de Marc Ravalomanana ). La raison est simple : l'avis des Etats Unis pèse de tout son poids dans cette crise. Qui dit Etats Unis, dit Angleterre, Sadc, et tous pays sous influence américaine, ce qui n'est pas rien. Le récent rejet de l'Agoa décidé par Barack Obama lui même et les déclarations de Mr Wycof, sous secrétaire d'Etat aux affaires étrangères ont mis à mal l'image de Andry Rajoelina et de la HAT aux Etats-Unis. En réponse à cela, Andry Rajoelina s'est offert une tribune ouverte dans le Wall Street Journal, une référence en matière de journaux même si le Times ou même USA Today aurait été plus approprié. Dans cette page, Andry Rajoelina explique la vision de son mouvement et de la Transition actuelle  en réponse indirecte aux propos de Mr Wycof. A la lecture de cette tribune, ce que les malgaches qui l'auront lue retiendront, c'est l'énorme bévue qui a été faite ( les américains n'y verront que du feu, ne connaissant pas l'histoire de Madagascar ) en déclarant que les élections pour la constitution de la 6ème république ( au lieu de 4ème !  ) auraient lieu le 20 mars prochain ( date qui sera probablement reculée ) ! " I can announce that the election of the members of the Constituent Assembly of the Sixth Republic will take place on March 20, 2010"  En réponse à cette tribune, Marc Ravalomanana a fait diffuser un communiqué, en anglais lui aussi, par l'intermédiaire de son porte parole Guy Rivo Randrianarisoa, où lui aussi donne sa vision du mouvement et attaque lui aussi directement Andry Rajoelina. L'objectif de cette communication n'est bien entendue pas de toucher les malgaches mais les décideurs anglo-saxons et d'essayer d'influer sur leur jugement. Mais cela restera sans effet. En communication politique, ce qui compte vraiment, ce qui marche vraiment c'est le lobbying physique et la propagation virale par l'internet. Barack Obama pourrait en témoigner, lui qui n'était qu'un outsider derrière Hilary Clinton. Dans les pays occidentaux, les autres formes de communication, dont les tribunes payantes ou les communiqués sont considérées comme de la publicité, donc peu crédible aux yeux des lecteurs. Il ne faut pas oublier que les anglo-saxons savent très bien faire la différence entre une opération de com' et une vraie communication. En communication politique, il y a deux objectifs que les services com' doivent comprendre : "Faire savoir" c'est une chose, "savoir convaincre" en est une autre. La première est assez facile, la seconde est réservée aux vrais pros de la com'.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article