Ihanta Randriamandranto : « Le dossier de mon mari a été changé à 3 reprises. »

Publié le par Ny Marina

sur madatimes.com

22-02-2010 à 22:35| Écrit par Naddyah.R.
L’époux du leader des femmes légalistes se porte mal. Il suit des soins au sein d’un centre hospitalier de la capitale. Appréhendé violemment par la FIS le 27 avril 2009, le colonel Ralitera et non moins directeur de sécurité de la HCC, attend comme tous les autres détenus politiques l’application des Chartes de Maputo qui devaient autoriser leur sortie, depuis plusieurs mois. Mais en tant que citoyen de la France, sa famille attend impatiemment un "petit signe de reconnaissance" de l’Etat français.

 

 Témoignages.
The Times of Madagascar (TTOM) : Comment se porte votre époux actuellement ? Il est incarcéré où ?

Ihanta Randriamandranto(I.R) : Mon mari est sous traitement médical. Il souffre notamment d'hypertension, de diabète et de calcul rénal. Il est dans un milieu hospitalier de la capitale.

TTOM : Vous avez demandé une LP pour lui, où en sont les requêtes ?

I.R : Toutes les demandes de LP ont été refusées. Et nous n'avons aucune nouvelle de la suite de ses dossiers. Pas de date pour l'audience. Rien.

TTOM : Votre époux figure dans la liste des détenus politiques devant être libérés immédiatement et sans condition après les accords de Maputo, croyez vous encore à cette libération,  après  cet entêtement de la mouvance Rajoelina ?

I.R : Mon mari avec Me Noro Rabemananjara sont officiellement reconnus par la communauté internationale comme des détenus politiques. Les différentes résolutions tant des parlementaires européens, de l'ACP, que du GIC, que des droits de l'homme exigent leur libération. Une fois ces résolutions et la charte de Maputo appliquées, nous ne voyons pas pourquoi il ne serait pas libéré. J'espère que dans les prochains jours, les protagonistes trouveront la solution à la crise. Pour le bien de tout le monde. Madagascar est aussi en quelque sorte un otage politique.

TTOM : Il paraît que le colonel Ralitera est un ancien légionnaire, donc il devrait bénéficier de la protection de la France, est-ce le cas ?

I.R : Comme vous le dites si bien, il paraît que c'est un légionnaire. Mon mari est un citoyen français. Il a servi la France comme tout bon citoyen. La France a été saisie de son cas, nous verrons la suite.

TTOM : A votre avis pourquoi n’obtient-il pas gain de cause auprès de la justice ?
 
I.R : Son dossier est un dossier purement politique. Il ne faut pas l'oublier. Personne n'a obtenu gain de cause si on devait se référer aux accords de Maputo. Moi même comme tant d'autres, suis condamnée à 6 mois d'emprisonnement avec sursis. C'est un détenu politique mais c'est aussi un otage politique. C'est tout.

TTOM : Rappelez-nous quelles ont été ses chefs d’inculpation ?

I.R : Il a 7 chefs d'inculpation dont la tuerie du 7 février, le meurtre de la bouquiniste d'Ambohijatovo, atteinte à la sûreté de l'état, association de malfaiteurs, détention d'armes sans autorisation....Il faut savoir que ces inculpations ont été modifiées, changées à 3 reprises avant de trouver les " bonnes accusations".

TTOM : Comment expliquez-vous alors la présence de toutes ces armes chez-vous ?


I.R : Il n'y avait pas d'armes chez nous, à part celles des 3 gardes officiellement de service. Il ne faut pas non plus oublié que mon mari est le Directeur de la Sécurité de la HCC. Quand il n'y a pas de mandat de perquisition et pas de constat d'huissier, on peut tout dire, tout inventer.


TTOM : Votre fille a lancé un appel à l’endroit du gouvernement actuel, quel a été l’écho de cet appel ?

I.R : Il n'y a pas eu d'écho. Il est toujours en détention provisoire. Par contre, son appel a été entendu par la communauté internationale. Et cela a eu un impact certain. L'Amnesty internationale et les droits de l'homme sont parfaitement au courant de son dossier. Et ils maintiennent mordicus qu'ils suivent de près son dossier car pour eux, il est confirmé que c'est un détenu politique.

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