LA MUE DE RFI — SUITE

Publié le par Ny Marina

Le 13 février 2010 

Je n’écoutais plus Rfi depuis quelque temps, me contentant de sa nioue letteur qui arrivait sur mon ordinateur. Par hasard, je l’ai écoutée ce matin et j’ai eu la confirmation de ce que j’écrivais hier. Grégoire Pourtier, permanent de la radio mondiale à Antananarivo, posait des questions à Jacques Maurisset – je ne suis pas sûr de cette orthographe –, de Jacques Maurisset donc qui travaille à la Banque Mondiale dans la capitale malgache et dont on peut penser qu’il est du nombre des personnes bien informées sur l’économie du pays, tout comme les Malgaches de la Banque.

Rfi lui pose les questions qui fâchent les Hâtifs, les relations économiques à l’international pouvant être oubliées et Madagascar pouvant vivre sur soi-même dans un isolationnisme parfaitement ranavalien.  Et le mot qui fâche tant en France qu’à Madagascar, est lancé par le journaliste : Madagascar est-elle entrée en récession ?

Jacques Maurisset constate que l’année 2008 – la dernière année de Ravalomanana – avait été bonne. Puis que l’année 2009 était celle non seulement d’une crise politique mais aussi d’une crise économique. La chute d’un tiers des investissements publics provenant de l’aide internationale en était la cause. Avaient été particulièrement touchés les secteurs de la construction, de l’industrie textile et du tourisme. Rfi nous apprenait un peu plus tard que l’année 2009 avait été une grande année pour le tourisme en Afrique – preuve s’il en est encore besoin, que la Grande Île n’est pas en Afrique.

Poursuivant son analyse économique, Jacques Maurisset constate que la situation n’avait pas été parfaitement catastrophique et que deux secteurs s’en étaient bien tirés. Le secteur minier qui, avec Rio Tinto et Qmm à Fort-Dauphin pour l’ilménite, était entrée en production et, avec Sheritt International pour Amborovy pour le nickel, qui continuait ses travaux d’établissement et donc ses investissements avec toutes ses retombées locales. Le secteur agricole de même, grâce aux effets de la politique antérieure et à l’absence de troubles climatiques. Pour l’année qui vient, le secteur minier devrait continuer à apporter sa contribution à l’économie nationale, mais l’on ne pouvait rien prévoir pour l’agriculture.

Le « gouvernement » radzouëlien s’en était bien tiré en diminuant le train de vie de l’Etat et les investissements publics. Les importations ayant été elles aussi ajustées alors que le niveau des exportations avait été maintenu, la valeur de l’ariary avait pu être relativement maintenue. L’explication est intéressante. Quant à la loi de finances pour 2010, elle prévoit toujours la même aide internationale au budget de l’Etat, comme si la situation politique allait être reconnue par la communauté internationale, mais comme celle de 2009, les dépenses publiques et le train de vie de l’Etat peuvent être revus à la baisse selon l’évolution sur le terrain international. Les sanctions ne sont toujours pas exclues. Les nouveaux riches Hâtifs finiront-ils par le comprendre et mettront-ils un terme à leurs féroces appétits ? Les amis étrangers de la communauté internationale, eux, l’ont bien compris. Finiront-ils par se faire entendre ?

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