LE CHINOIS AU DEVANT DE LA SCÈNE

Publié le par Ny Marina

 

 

Le 12 octobre 2010 

 

Quand j’avais essayé de jeter un coup d’œil dans les coulisses, je savais que La Lettre de l’Océan Indien en avait dit un mot. Je ne l’avais pas lue. Elle vient de me parvenir (n° 1293 du 25 septembre). La LOI peut se tromper, notamment quand elle voit des questions de corruption là où il n’y en a pas. Ses informateurs malgaches sont, au moins pour certains, des journalistes non investigateurs et qui alimentent la rumeur publique avec leurs suppositions. Dans le cas présent, cette lettre confidentielle corrige et complète ce que je savais. Aussi je ne résiste pas à vous communiquer ce qu’elle écrit

 

Le Néo-sino-malgache : Hui Chi Ming

Le magnat chinois Hui Chi Ming, 46 ans, qui préside la Banque industrielle & commerciale de Madagascar (BICM), ainsi que les sociétés Madagascar Petroleum International etMadagascar Mining Group, a obtenu la nationalité malgache. C'est ce qui apparaît à la lecture de son CV récemment mis en ligne sur le site de l'ambassade de Madagascar en Chine. Il y est également précisé qu'il dispose de deux passeports malgaches, l'un civil et l'autre diplomatique. Hui Chi Ming était déjà consul honoraire de Madagascar à Hongkong, mais il a maintenant été nommé conseiller spécial en charge des affaires économiques et asiatiques auprès du président de la Haute Autorité de transition (HAT), Andry Rajoelinaet de son premier ministre, Camille Vital. Et il apparaît comme le numéro trois de l'ambassade malgache à Pékin, derrière l'ambassadeur Victor Sikonina et le ministre conseiller Eugène Mahaonison. Hui Chi Ming a récemment démissionné de la présidence du groupe chinois Sunpec (LOI n°1291).

 

Je ne résiste pas à vous communiquer aussi ces quelques nouvelles qui sont plus que vraisemblables et édifiantes

 

Fahazaran-dratsy : Où prendre l’argent ?

Les dépenses engagées par les autorités pour la tenue de la conférence nationale, qui vient d'avoir lieu à Madagascar, auraient été financées sur le budget d'un organisme social, à hauteur de 11 milliards FMG (1,5 million €). Selon nos informations recueillies à Antananarivo, c'est sur réquisition du secrétaire général de la présidence de la HAT, Haja Resampa, que cette somme a été réclamée à la Caisse nationale de la prévoyance sociale (CNAPS). Depuis lors, le directeur général de l'organisme, Raoul Rabekoto, un ex-magistrat à la Cour suprême nommé à ce poste à l'époque deMarc Ravalomanana, est dans tous ses états. Car les administrateurs de le CNAPS se sont opposés à cette ponction financière.

 

Vues sur l’intra-Hâtif où : Le ministre des transports défie TGV

Le fossé ne cesse de se creuser entre le président de la Haute Autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina, et son ministre des transports, Rolland Ranjatoelina.

Avant de démissionner de son poste, à la mi-août, en désaccord avec plusieurs décisions du président de la Haute Autorité de transition (HAT), Andry Rajoelina, dit TGV, l'ancien ministre des télécoms, lharizaka Rahaingoson, avait contacté son collègue des transports, Rolland Ranjatoelina, pour lui proposer une sortie en bloc du gouvernement. Les deux hommes font partie d'un petit groupe de ministres déçus par Rajoelina, au même titre que leurs collègues des pêches, le lieutenant-colonel Georget Mandehatsara, et de l'environnement, le général Herilanto Raveloharison. A l'époque, Ranjatoelina avait refusé de quitter son poste, estimant devoir conduire à son terme le processus de sélection de la société privée qui assurera la sécurité des aéroports malgaches (lire p.6). Cette question fait partie des sujets d'achoppement de plus en plus nombreux entre le ministre et l'entourage de TGV. Au même titre que le projet de vente du Boeing Business Jet (BBT) de l'ancien président Marc Ravalomanana à la compagnie indonésienne Indika Energy, par l'intermédiaire de Rinah Rakotomanga, une proche de TGV. Le ministre des transports conteste le montage financier concocté par Rakotomanga, qui prévoit un paiement par l'acheteur sur un compte offshore à Singapour ou dans un autre pays asiatique. Enfin, Ranjatoelina n'apprécie guère de voir la présidence de la HAT gérer seule les 24 millions $ déjà versés par la société minière chinoise Wisco sur les 100 millions $ correspondant à son contrat d'exploitation du fer de Soalala. Mis bout à bout, tous ces désaccords font que le ministre des transports se trouve actuellement sur un siège éjectable.

 

Triomphe radzouëlien : SRDI va sécuriser huit aéroports

A partir de la mi-octobre, c'est la firme luxembourgeoise SRDI qui gérera tous les services visant à assurer la sûreté des aéroports internationaux malgaches.

Malgré les réticences du secrétaire général à la présidence de la HAT, Haja Resampa, le directeur général de l'Aviation civile de Madagascar (ACM), Clarisse Douan, a signé le 13 septembre avec le président de SRDI, Jean-Marc Demoulin, une convention octroyant à cette société la gestion sur quinze ans des services de sûreté des huit aéroports internationaux du pays (LOI n°1292). La filiale SRDI Madagascar, qui réalisera ce contrat, sera à 100% luxembourgeoise : 90% de son capital appartiendra à SRDI SA et 10% à AV&C, la société mère d'AVS&C Genève dirigée par Dominique Antonini, un spécialiste de la sécurité aérienne. SRDI Madagascar sera présidée par Demoulin, avec pour cogérants Marie-Aimée Gérard (en charge de l'administration) et Daniel Logoz, qui sera basé à Antananarivo. Ce dernier est le frère d'Alain Logoz, le vice-président de SRDI France qui est né à Madagascar mais est trop souffrant pour occuper ce poste. C'est la Société générale qui devrait financer ce projet, qui prévoit un investissement de 2 millions € par an durant quatre ans.

Les personnels seront des Malgaches formés initialement en Europe par la société Ifaero, puis sur place par des formateurs accrédités par l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI). Dans l'immédiat, SRDI va employer les policiers déjà en place dans les aéroports en leur offrant une prime supplémentaire. Pour l'importation de ses équipements, elle pourrait se tourner vers les fournisseurs locaux, y compris la société Itech d'YIias Akbaraly, un de ses concurrents malchanceux pour ce contrat. Enfin, Christian Rasoarahona, qui a servi d'intermédiaire à SRDI, deviendra son représentant à Antananarivo, avec pour mission d'assurer la reconduction tacite de ce contrat et de prospecter d'autres activités pour SRDI, notamment dans la sécurité des ports.

 

 

Une entreprise mort-née. Elle ferme avant d’ouvrir.

Le spécialiste en aquaculture canadien, Jean-Pierre Réville, a finalement abandonné, en août, son projet de création d'une ferme d'élevage de tilapia à Tsararano, dans la région de Betsiboka, près de la côte Ouest de Madagascar. Il s'était associé au Suisse Patrick de Rham, un docteur en sciences naturelles de l'Université de Lausanne, et au Malgache Riana Raserijaona, directeur général de leur société commune, Betsiboka Aquaculture. Ces trois associés ont imputé l'échec de ce projet mort-né aux lenteurs de l'administration malgache, regrettant qu'aucune suite n'ait été donnée à leur demande d'autorisation pour démarrer les travaux d'infrastructures. Une nouvelle demande sera adressée auprès des autorités régionales "une fois le calme revenu", au terme de la crise socio-politique actuelle. Réville a travaillé pour la Société de recherche et de développement en aquaculture continentale (Sordac) et préside Aquaculture Service Conseil (ASC), deux firmes canadiennes.

 

Je vous souhaite une bonne soirée et vous laisse réfléchir à l’avenir de la Nation et à la manière radzouëlienne de l’envisager. Quand le mandarin, qui est une belle langue, sera-t-il inscrit comme première langue officielle de Madagascar ? Nous avons déjà la réponse : dans dix ans.

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