LES TROIS PÉCHÉS PAR OMISSION

Publié le par Ny Marina

Le 31 janvier 2010

  

Dans le journal catholique La Croix, l’illustre spécialiste de Madagascar qu’est Laurent d’Ersu fait un rapide tableau de la situation malgache, avec un semblant d’objectivité, mais un véritable talent qui lui fait choisir les termes dépréciatifs pour rabaisser l’homme qu’il continue à vouloir abattre. En dehors de ce petit péché véniel, le petit Laurent fait trois gros péchés par omission.

Le premier lui fait omettre de parler de la responsabilité de la France dans l’organisation et le déroulement de l’affaire, et dans la manipulation par celle-ci des différents « médiateurs » africains, Jean Ping, Ouedraogo, Dramé et Kodjo. Dans la Françafrique actuelle, les acteurs africains respectent habilement les consignes du metteur en scène.

Le second lui fait omettre de mentionner les déclarations officielles du sous-secrétaire d’Etat américain qui, en le révélant sur la place publique, ont condamné le soutien financier et militaire que la France accorde à un régime mis en place par un coup d’Etat. Les bonnes relations que Sarkozy pensait avoir établies avec Obama et les Etats-Unis ne font pas que ceux-ci continuent à appuyer la préférence française pour les régimes militaires sur le continent africain.

Le troisième lui fait omettre les problèmes graves que commence à vivre l’Eglise catholique apostolique et romaine à Madagascar après le trépas de Son Eminence le Cardinal Armand Razafindratandra. Car au sein de son Eglise, l’actuel archevêque d’Antananarivo qui, poussé par la haine de Ravalomanana, a délibérément pris parti pour les putschistes, connaît aujourd’hui la haine de nombre de ses fidèles. Lui-même l’a reconnu devant de grands Monseigneurs.


Ces trois omissions ne sont pas les trois sommets du triangle équilatéral d’une quelconque conspiration. Elles montrent que La Croix reste bien au service politique de la fille aînée de l’Eglise dans ce qu’elle a plus traditionaliste.

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