MUSIQUE MILITAIRE

Publié le par Ny Marina

Le 24 décembre 2009

  

 

Ce matin sur Rfi, Mamane a fait sa chronique sur les DJ et sur les compilations qu’ils produisent, quand, malgré leur ego, ils en arrivent à se réunir. C’est ainsi que, raconte Mamane, quatre grands DJ se sont réunis et ont produit des compils appelées Mapouto I, Mapouto II, Mapouto III et Addis-Abeba. Ces artistes sont DJ Deb qui a longtemps fait danser les foules avant de poursuivre sa carrière dans la banlieue parisienne à Neuilly, DJ Prof et DJ Tiko, lequel faisait danser dans les clubs en faisant manger du yaourt aux danseurs. Et le quatrième est DJ Tigivi, qui maintenant que son ego a repris de la force, a décidé d’interdire aux trois autres d’entrer dans son club que vont fréquenter ceux qui aiment à danser sur de la musique militaire. L’honneur de Rfi est donc sauf. Merci Mamane de nous ramener à la réalité.

La nouvelle circulait depuis plus d’une semaine que nous allions gagner un premier ministre militaire pour remplacer à la fois Mangalaza et Norohanta. Par le même tuyau, nous apprenions aussi que des arrestations allaient avoir lieu pour décapiter les autres mouvances. Des mandats d’arrêt étaient même annoncés pour accueillir les participants à Mapouto III sous le crime de haute trahison !

L’avenir était prévisible. Non seulement un régime militaire, mais aussi une dictature au nom du vahoaka. C’est ce qu’a bien compris le Professeur qui a traité Andry Rajoelina de « petit Hitler », petit parce qu’il n’avait pas été élu. Il n’est pas le seul à avoir eu ce pressentiment. Déjà, des observateurs, partant des photos publiées dans la presse, trouvaient au DJ un grand air de ressemblance avec le Führer : il a souvent les trois petites mèches de cheveux qui descendent sur le front. C’est, à l’origine, un artiste tout comme le Führer, qui fut un temps peintre dans la capitale autrichienne. Il n’avait pas encore fait de prison et n’avait pas eu le temps libre d’écrire un best-selaire qui aurait pu s’intituler Ny Adiko – je mets une majuscule à adiko, tout comme il y en avait une à Kampf. Tout comme lui aussi avec ses sections d’assaut, il dispose d’une milice et du soutien d’une partie de l’armée, celle des capsates mutinés.

Aujourd’hui, le processus est enclenché avec le nouveau coup d’Etat dans le coup d’Etat. Les accords de Mapouto et d’Addis-Abeba nous étaient une nouvelle constitution, celle de la Transition acceptée par les quatre chefs de mouvance. Ils ont été comme effacés et abrogés. Certains chez nous mais aussi chez la marâtre se réjouissent que soient prévues des élections pour mars, oubliant ce que peuvent être et donner des élections bien organisées. Les politiques ont bonne mémoire et les conseils donnés à l’époque coloniale ne sont pas oubliés. On peut dès lors prévoir le succès des Hâtifs, sans pouvoir toutefois encore prévoir un score stalinien.

Et surtout on peut craindre un régime militaire très autoritaire. Si ce n’est pas le modèle national-socialiste de sinistre mémoire, ce pourrait bien être le modèle birman. Tout comme dans la prison de Rangoon, la justicière a déjà prévu une maison d’hôtes pour les prisonniers de marque. C’est là qu’est aujourd’hui hébergée la Prix Nobel de la Paix depuis sa deuxième condamnation. Les visiteurs étrangers auront peut-être l’autorisation de s’y rendre pour constater les « bonnes » conditions d’hébergement.

On peut d’autant plus le craindre que le contexte international peut s’y prêter. On sait qu’à Copenhague, soixante-dix-sept pays ont décidé de suivre la Chine qui offre aux pays en difficulté un autre modèle de « démocratie » que François Fillon s’est bien résigné à ne pas molester. L’Agence Justicia pourra dès lors, comme en Chine, décider des lieux de vacances à offrir à quiconque lui semblera avoir l’intention de troubler l’ordre radzouëlien. La vie n’est pas bien gaie. L’on continue à décharger des nouilles chez Jumbo Score et on n’arrête ni le progrès ni le Vrai Bonheur

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