Objet : Re: Panique générale à Ankorondrano

Publié le par Ny Marina

Bonjour Madame Lovasoa Rabary,

 

Je vous remercie pour les bonnes paroles apaisantes que vous avez adressées à Madame Anna, et à travers elle aux victimes INNOCENTES de cette journée à Ankorondrano et à Alarobia.

 

Le travail de journaliste est très difficile. Je fus journaliste et collabore toujours dans mon travail avec des journalistes. Je suis un lecteur assidu de "L'Express de Madagascar", qui est à mon avis (peut-être discutable) un des meilleurs dans l'art du traitement objectif des informations et surtout dans leur restitution aux lecteurs.

 

Ce que reproche Madame Anna dans sa lettre, c'est la légèreté du traitement des informations de ces évènements pour un organe de haute notoriété comme la vôtre. Je ne suis pas donneur de leçons, mais ne me prive pas de livrer ce que je pense et pour ce qu'il aurait mieux valu faire. Pourquoi à vous ? Bien, justement parce que vous êtes mon journal préféré que je lis tous les jours. Je ne voudrais pas vous rayer de ma liste de lecture.

 

Donc, toujours de mon point de vue, vous vous êtes cantonnés à ne rapporter que les déclarations "officielles et épurées" de part et d'autre et au reportage de ce que vos journalistes de terrain ont vu, constaté à l'abri derrière la police qui faisait son travail. Nous n'avions pas eu droit à des témoignages d'acteurs / victimes des évènements sur ce qui s'est passé réellement. Et aucun journal de la place ne l'a fait.

 

Je répète que c'est difficile de faire du journalisme, c'est même suicidaire dans le contexte actuel. Nous lecteurs, ne pouvons que contribuer dérisoirement (400 ariary par jour) à votre sacrifice. Mais vous avez accepté cette noble et ingrate mission que nous soutenons aussi moralement - qui vaut plus que 400 ariary par tête et par jour pour vos fidèles et reconnaissants lecteurs.

 

Pour votre gouverne, la dame qui vous a écrit (et avec laquelle je n'ai aucun lien familial ou professionnel - juste une amie) est une Malgache mariée avec un Français, comme beaucoup de nos compatriotes. Comme Malgache et patriote, elle a subi tout ce que nous avons subi depuis janvier 2009. Comme épouse de vazaha, elle a aussi subi ce qu'ont subi les vazaha depuis la même date. Ses enfants sont gasy et patriotes comme elle, mais qui adorent aussi leur papa qui a bien voulu être là pour les aimer ainsi que leur patrie qu'ils adorent autant.

 

Comme quelques amis qui ont réagi à sa communication, je remercie le jeune cycliste anonyme qui a averti Nathan (le fils d'Anna) de l'arrivée des casseurs de vazaha. C'est la preuve que tous les Malgaches ne sont pas des sauvages assoiffés de sang et de xénophobie. Je crois même que ceux-ci ne sont qu'une faible minorité au service des déstabilisateurs de tous bords qui ont intérêt à ce que le pays vive dans le chaos. Mais cela c'est de la politique qui n'est pas notre sujet ...

 

Vous êtes notre première force - d'autres disent que vous êtes la quatrième, ce qui est à mon avis faux car rien ne peut s'analyser et se décider autrement que sur la base d'informations fiables. Donc, je vous prie de bien vouloir considérer nos critiques comme constructives et comme un encouragement à toujours travailler conscienseusement pour nous livrer les informations objectives dont nous avons besoin.

 

Toujours fidèle à votre lecture et soutien fraternel.

 

Julien Rakotoarimanana / Dadazily

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