Un pretexte pour Roindefo

Publié le par Ny Marina

Lundi 12 octobre 2009
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                 Andry Rajoelina est contesté de l'intérieur même de sa mouvance actuellement. Monja Roindefo refuse d'abandonner son siège de Premier ministre. On ne peut pas, pour l'heure, évaluer la portée de cette fronde. On le saura à la réaction de l'armée puisqu'une certaine opinion affirme qu'il est soutenu par les militaires. Cette réaction de l'armée sera la question déterminante puisque c'est grâce à elle que la mouvance Rajoelina a pu s'accrocher indûment au pouvoir. Qui vivra verra !
               Selon Monja Roindefo, le communiqué du GIC ne suffit pas. Il faut au minimum la signature des quatre chefs de mouvance pour que la convention de Carlton sur la répartition des sièges de la transition puisse être considérée applicable. L'auteur de ces lignes ne voit aucune utilité à discuter du bien fondé ou non de cet argument mais elle soulève une question: si cette convention n'est signée que par trois chefs de mouvance, est-ce que Monja Roindefo va s'y plier ?
              Marc Ravalomanana a déjà annoncé qu'il n'admettrait pas que la présidence de la Transition soit attribuée à Andry Rajoelina.  Ceci signifie qu'il ne signera pas la convention. Bien sûr, une partie des médiateurs internationaux a déjà déclaré que la convention s'appliquerait avec ou sans sa signature. Mais dans la mesure où les trois mouvances n'avaient pas pu procéder à une application des Accords de Maputo parce que le camp Rajoelina s'était retiré des négociations de Maputo II, il est tout aussi logique de s'attendre à ce que cette convention de Carlton ne reçoive aucune application tant que Marc Ravalomanana ne l'accepte pas. Comment justifier que quand Rajoelina se soustrait à la conclusion d'un accord, tout le monde soit obligé d'attendre son bon vouloir et quand c'est Ravalomanana  qui n'est pas d'accord, certains puissent affirmer que sa signature n'est pas indispensable ? Rien sauf...peut être...l'effectivité. Mais on sait déjà sur quoi repose cette effectivité: sur les armes. Alors doit-on légitimer cette effectivité ? Jusqu'à la convention de Panorama, toute la communauté internationale, à l'unanimité, s'y est opposée. Alors pourquoi va-t-on admettre ce qu'on a toujours refusé ?
             En tout cas, on peut se demander si Monja Roindefo va considérer la convention comme officielle et donc applicable, compte tenu de sa déclaration qu'il faut la signature des quatre chefs de mouvance, s'il manquera aux documents la signature de Marc Ravalomanana. Et jusqu'où ira-t-il si des chefs militaires se mettent à le soutenir ?
             Le problème, en effet, est qu'il sera difficile de l'"évacuer" manu militari de la primature s'il décide de faire de la résistance avec le soutien d'une partie de l'armée. Le récours aux armes pour le déloger de Mahazoarivo pourrait être l'étincelle qui embraserait le pays.
             Le summum de l'horreur redouté par tous est le conflit armé. Mais si conflit armé il y a, il n'opposera pas nécéssairement le camp Rajoelina à la mouvance Ravalomanana.     

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