les quatre derniers succès radzouëliens
Le samedi 11 avril
2009 LES QUATRE DERNIERS SUCCÈS RADZOUËLIENS
Pour Pâques, je peux vous offrir un grand et bel œuf en chocolat 100%, car les dernières nouvelles nous montrent les progrès de l’autorité radzouëlienne dans quatre des plus importants domaines pour la nation : l’armée, l’économie, le tourisme et la santé.
> Dans l’armée, même en l’absence de « ministre » de la défense, nos vaillants mutins réussissent à rassembler l’armée.
La presse radzouëlienne nous apprenait hier la réussite du chef d’Etat-major colonel de l’armée malgache – à moins que ce ne soit le chef d’Etat-minor colonel… – qui fait rentrer dans les rangs les presque déserteurs de la Garde Présidentielle.
L’on sait mieux aujourd’hui l’importance chiffrée de cette réussite : sur les 600 membres de la garde, 150 sont revenus dans les casernes. Il ne reste donc plus que 450 presque déserteurs. Bravo au colonel Ndriarijaona !
La presse radzouëlienne nous montre combien nos mutins sont des démocrates, puisqu’ils « jouent la transparence ».
Le commandant Charles Andrianasoavina, responsable de l’arrestation manquée du général Rasolomahandry, a fait publiquement le bilan de son opération : outre la Nissan 4x4, il a également arrêté deux Kalachnikov.
> Dans l’économie, deux rapports très confidentiels circulent dans la communauté internationale. Le premier concerne la Sadc et nous apprend que si la rupture est consommée, cela fera perdre 75.000 emplois au secteur privé malgache.
Le rapport n’est encore parvenu ni sur le bureau du DJ ni sur celui de Zazah.
Ils ont bien d’autres choses à faire. Mais quand ils pourront enfin les consulter, ou quand une bonne âme leur en dira le contenu, ils pourront se féliciter, ajoutés à ceux de Tiko et des autres, des progrès de la statistique des emplois perdus pour le Nouveau Bonheur.
Dans l’économie toujours, l’on sait, par le second rapport, que les traités de l’Agoa dans la Comesa, nous avait obligés de travailler pour les Etats-Unis.
Or, le traité doit être renouvelé en septembre de cette année. Dans leur politique désastreuse, les Etats-Unis s’opposeront à nous faire « bénéficier » – c’est ce qu’ils disent – des « avantages » de cet accord, puisque ce n’est que l’année suivante qu’auront lieu nos élections. Finies les exportations d’articles textiles vers l’Oncle Sam.
La statistique des Nouveaux Heureux fera encore un bond.
Magnifique ! Louons et remercions Dieu de ses bienfaits, ou plutôt remercions-Le de nous avoir envoyé notre cher et coûteux DJ.
> Dans le domaine de la santé, beau succès d’Augustin Andriamananoro qui, outre ses responsabilités de « ministre » des Postes, de la Télécommunication et du Développement des nouvelles technologies, ajoute l’intérim du « ministre » non-nommé de la Santé.
Une docteure généraliste avait été nommée à la tête de l’Hôpital de Befelatànana. Il y a eu de la grogne et, horribilis, un projet de ce que certains appellent une grève.
Augustin de Madagate n’a pas hésité et il a réussi à remettre le Professeur Paul Rajaonarivelo comme directeur de cette institution.
Ces trois friandises sont celles que l’on trouve quand on casse le grand et bel œuf de Pâques. Celui-ci et le ruban qui l’entoure nous est fourni par Gilbert Raharizatovo, « ministre » du Tourisme.
> L’Ontm, Office National du Tourisme de Madagascar, organisait à Antananarivo une grande réunion de tous les offices régionaux du tourisme, de tous les opérateurs, facilitateurs et associations professionnelles de Madagascar. C’était une très grande réunion dont l’organisation coûte très cher et que l’on ne peut renouveler souvent.
Le « ministre » évidemment devait en être et faire un discours. Il est bien venu en inaugurant dans son domaine le nouveau protocole radzouëlien, c’est-à-dire avec une demi-heure de retard sur l’horaire prévu. C’est vraiment le nouveau protocole des petits qui nous gouvernent et qui ne veulent pas faire comme Ravalomanana.
Une semaine plus tôt, le « ministre » de l’Education, Julien Razafimanazato – étant donné les décisions du «gouvernement», il faut désormais mettre le prénom avant le nom à la mode de la nouvelle teny enti-mampianatra – assistait à l’hommage donné par l’université d’Antananarivo – faut-il dire Tananarive ? – à la Professeure Céline Ratovoson, fille d’Arthur Besy, qui venait d’être assassinée avec son mari à Ambolokandrina.
Le « ministre » et toute son équipe avaient trois quarts d’heures de retard.
Et l’on a vu qu’au dessus, au niveau présidentiel, le nouveau protocole veut que l’on retarde les réunions et que le «président» se hâte de n’y pas venir.
Il est réjouissant de voir la cohérence du « gouvernement » et l’on commence à comprendre qu’il soit difficile de compléter la liste de l’équipe, alors même qu’il y a trois semaines, Rajoelina avait déjà reçu les CV de cinq cents candidats à un poste.
Pour compléter le protocole, un appariteur précédait Raharizatovo et, entrant le premier dans la salle de réunion où était tout le monde, il a lancé un bruyant et impératif « Mitsangàna ! » que l’on peut traduire « Levez-vous, c’est un ordre ! »
Le nouveau régime innove avec bonheur.
Le « ministre » avec un air bougon et renfrogné a donc lu le discours de quatre pages qu’on lui avait déposé devant lui. Et l’on a pu constater qu’il sait lire, c’est rassurant.
Puis après, il a demandé s'il y avait des questions.
Avec audace et naïveté, le patron du Colbert lui a demandé si, pour attirer les touristes, on ne pouvait pas faire comme à Maurice et supprimer les visas de séjour pour les touristes.
Le « ministre » avait-il compris la question ? On ne peut le dire. Il s’est tourné vers la secrétaire qui l’accompagnait et lui a dit : « Notez-le ! »
Puis il a quitté la réunion.
Il est évident que ce stalinien – ou ce brejnévien – bon teint et pur produit Deuxième République a ainsi conquis son auditoire.
Les gens du tourisme, malheureusement habitués à sourire à leurs clients et à leur faire un brin de causette, ont compris que, pour bien exercer leur métier dans le nouveau régime, ils n’avaient plus à vouloir pleurnicher près du ministre et qu’ils devraient s’inscrire aux cours du soir de bougonnerie et de renfrognement pour mettre en œuvre le tourisme du Nouveau Bonheur selon Rajoelina et Roindefo. Ils vont le faire savoir dans toute l’île. Raharizatovo a gagné le gros lot.
Dans ce concert de cohérence radzouëlienne, deux petites fausses notes : les musiciens d’Ambohijatovo – ils sont connus, je n’y reviendrai pas – et l’invitée du Zomà à TVPlus. Rinah Rakotomanga, exilée à Paris, est revenue au pays.
Elle était en 2001 conseillère à la Primature sous Tantely Andrianarivo. Elle a dit publiquement à tous les téléspectateurs de TVPlus qui ont bien voulu l’entendre que, sauf pour les petites gens qui avaient suivi les grands et qui, eux, ont dû chercher et trouver du travail, les hauts responsables de le IIIe République n’étaient en France ni livreurs ni coursiers. Cela nous rassure...
Elle a dit aussi que les exilés qui ont été condamnés par la Justice ici ne peuvent se satisfaire d’une grâce, même si elle est présidentielle, car la grâce n’efface pas la condamnation et les graciés traînent leurs condamnations comme des casseroles. La seule bonne mesure serait une amnistie générale effaçant les condamnations. Elle a dit aussi – critique implicite de Rajoelina, Roindefo et tous leurs complices – que, pour une réconciliation, il fallait que Ravalomanana revienne vite au pays.
Voilà un nouveau problème pour le « gouvernement » transitionniste.
Vous voyez, ce n’est qu’un tout petit problème qui trouvera sa solution dans le Nouveau Bonheur. Bonnes Pâques !
Ratsimatahobitsika
2009 LES QUATRE DERNIERS SUCCÈS RADZOUËLIENS
Pour Pâques, je peux vous offrir un grand et bel œuf en chocolat 100%, car les dernières nouvelles nous montrent les progrès de l’autorité radzouëlienne dans quatre des plus importants domaines pour la nation : l’armée, l’économie, le tourisme et la santé.
> Dans l’armée, même en l’absence de « ministre » de la défense, nos vaillants mutins réussissent à rassembler l’armée.
La presse radzouëlienne nous apprenait hier la réussite du chef d’Etat-major colonel de l’armée malgache – à moins que ce ne soit le chef d’Etat-minor colonel… – qui fait rentrer dans les rangs les presque déserteurs de la Garde Présidentielle.
L’on sait mieux aujourd’hui l’importance chiffrée de cette réussite : sur les 600 membres de la garde, 150 sont revenus dans les casernes. Il ne reste donc plus que 450 presque déserteurs. Bravo au colonel Ndriarijaona !
La presse radzouëlienne nous montre combien nos mutins sont des démocrates, puisqu’ils « jouent la transparence ».
Le commandant Charles Andrianasoavina, responsable de l’arrestation manquée du général Rasolomahandry, a fait publiquement le bilan de son opération : outre la Nissan 4x4, il a également arrêté deux Kalachnikov.
> Dans l’économie, deux rapports très confidentiels circulent dans la communauté internationale. Le premier concerne la Sadc et nous apprend que si la rupture est consommée, cela fera perdre 75.000 emplois au secteur privé malgache.
Le rapport n’est encore parvenu ni sur le bureau du DJ ni sur celui de Zazah.
Ils ont bien d’autres choses à faire. Mais quand ils pourront enfin les consulter, ou quand une bonne âme leur en dira le contenu, ils pourront se féliciter, ajoutés à ceux de Tiko et des autres, des progrès de la statistique des emplois perdus pour le Nouveau Bonheur.
Dans l’économie toujours, l’on sait, par le second rapport, que les traités de l’Agoa dans la Comesa, nous avait obligés de travailler pour les Etats-Unis.
Or, le traité doit être renouvelé en septembre de cette année. Dans leur politique désastreuse, les Etats-Unis s’opposeront à nous faire « bénéficier » – c’est ce qu’ils disent – des « avantages » de cet accord, puisque ce n’est que l’année suivante qu’auront lieu nos élections. Finies les exportations d’articles textiles vers l’Oncle Sam.
La statistique des Nouveaux Heureux fera encore un bond.
Magnifique ! Louons et remercions Dieu de ses bienfaits, ou plutôt remercions-Le de nous avoir envoyé notre cher et coûteux DJ.
> Dans le domaine de la santé, beau succès d’Augustin Andriamananoro qui, outre ses responsabilités de « ministre » des Postes, de la Télécommunication et du Développement des nouvelles technologies, ajoute l’intérim du « ministre » non-nommé de la Santé.
Une docteure généraliste avait été nommée à la tête de l’Hôpital de Befelatànana. Il y a eu de la grogne et, horribilis, un projet de ce que certains appellent une grève.
Augustin de Madagate n’a pas hésité et il a réussi à remettre le Professeur Paul Rajaonarivelo comme directeur de cette institution.
Ces trois friandises sont celles que l’on trouve quand on casse le grand et bel œuf de Pâques. Celui-ci et le ruban qui l’entoure nous est fourni par Gilbert Raharizatovo, « ministre » du Tourisme.
> L’Ontm, Office National du Tourisme de Madagascar, organisait à Antananarivo une grande réunion de tous les offices régionaux du tourisme, de tous les opérateurs, facilitateurs et associations professionnelles de Madagascar. C’était une très grande réunion dont l’organisation coûte très cher et que l’on ne peut renouveler souvent.
Le « ministre » évidemment devait en être et faire un discours. Il est bien venu en inaugurant dans son domaine le nouveau protocole radzouëlien, c’est-à-dire avec une demi-heure de retard sur l’horaire prévu. C’est vraiment le nouveau protocole des petits qui nous gouvernent et qui ne veulent pas faire comme Ravalomanana.
Une semaine plus tôt, le « ministre » de l’Education, Julien Razafimanazato – étant donné les décisions du «gouvernement», il faut désormais mettre le prénom avant le nom à la mode de la nouvelle teny enti-mampianatra – assistait à l’hommage donné par l’université d’Antananarivo – faut-il dire Tananarive ? – à la Professeure Céline Ratovoson, fille d’Arthur Besy, qui venait d’être assassinée avec son mari à Ambolokandrina.
Le « ministre » et toute son équipe avaient trois quarts d’heures de retard.
Et l’on a vu qu’au dessus, au niveau présidentiel, le nouveau protocole veut que l’on retarde les réunions et que le «président» se hâte de n’y pas venir.
Il est réjouissant de voir la cohérence du « gouvernement » et l’on commence à comprendre qu’il soit difficile de compléter la liste de l’équipe, alors même qu’il y a trois semaines, Rajoelina avait déjà reçu les CV de cinq cents candidats à un poste.
Pour compléter le protocole, un appariteur précédait Raharizatovo et, entrant le premier dans la salle de réunion où était tout le monde, il a lancé un bruyant et impératif « Mitsangàna ! » que l’on peut traduire « Levez-vous, c’est un ordre ! »
Le nouveau régime innove avec bonheur.
Le « ministre » avec un air bougon et renfrogné a donc lu le discours de quatre pages qu’on lui avait déposé devant lui. Et l’on a pu constater qu’il sait lire, c’est rassurant.
Puis après, il a demandé s'il y avait des questions.
Avec audace et naïveté, le patron du Colbert lui a demandé si, pour attirer les touristes, on ne pouvait pas faire comme à Maurice et supprimer les visas de séjour pour les touristes.
Le « ministre » avait-il compris la question ? On ne peut le dire. Il s’est tourné vers la secrétaire qui l’accompagnait et lui a dit : « Notez-le ! »
Puis il a quitté la réunion.
Il est évident que ce stalinien – ou ce brejnévien – bon teint et pur produit Deuxième République a ainsi conquis son auditoire.
Les gens du tourisme, malheureusement habitués à sourire à leurs clients et à leur faire un brin de causette, ont compris que, pour bien exercer leur métier dans le nouveau régime, ils n’avaient plus à vouloir pleurnicher près du ministre et qu’ils devraient s’inscrire aux cours du soir de bougonnerie et de renfrognement pour mettre en œuvre le tourisme du Nouveau Bonheur selon Rajoelina et Roindefo. Ils vont le faire savoir dans toute l’île. Raharizatovo a gagné le gros lot.
Dans ce concert de cohérence radzouëlienne, deux petites fausses notes : les musiciens d’Ambohijatovo – ils sont connus, je n’y reviendrai pas – et l’invitée du Zomà à TVPlus. Rinah Rakotomanga, exilée à Paris, est revenue au pays.
Elle était en 2001 conseillère à la Primature sous Tantely Andrianarivo. Elle a dit publiquement à tous les téléspectateurs de TVPlus qui ont bien voulu l’entendre que, sauf pour les petites gens qui avaient suivi les grands et qui, eux, ont dû chercher et trouver du travail, les hauts responsables de le IIIe République n’étaient en France ni livreurs ni coursiers. Cela nous rassure...
Elle a dit aussi que les exilés qui ont été condamnés par la Justice ici ne peuvent se satisfaire d’une grâce, même si elle est présidentielle, car la grâce n’efface pas la condamnation et les graciés traînent leurs condamnations comme des casseroles. La seule bonne mesure serait une amnistie générale effaçant les condamnations. Elle a dit aussi – critique implicite de Rajoelina, Roindefo et tous leurs complices – que, pour une réconciliation, il fallait que Ravalomanana revienne vite au pays.
Voilà un nouveau problème pour le « gouvernement » transitionniste.
Vous voyez, ce n’est qu’un tout petit problème qui trouvera sa solution dans le Nouveau Bonheur. Bonnes Pâques !
Ratsimatahobitsika
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