RETOUR SUR BRUXELLES

Publié le par Ny Marina

Le 10 juillet 2009

 

RETOUR SUR BRUXELLES

 

La conférence de presse que le Grand Fat avait promis pour hier a été reportée à ce soir. Même pour une prise de parole, il est difficile à ces « autorités » qui le sont si peu, de tenir promesse. Qu’en sera-t-il des autres ? Il est manifeste que les gouvernants de fait et leurs thuriféraires sont bien embêtés. Que vont-ils dire ? Et que va-t-il dire à Tv Viva ce soir ?

On peut prévoir qu’il expliquera que si les travaux qui devaient prendre deux jours à Bruxelles les 6 et 7 juillet, furent expédiés dans la seule journée du 6, c’est qu’en si peu de temps, le subtil chef de délégation a réussi à dire tout ce qu’il voulait. Que Ravalomanana était un horrible dictateur, que le vahoaka – il mettrait sans doute une majuscule, mais je pense pas que la petite masse réunie Place du 13 Mai le mérite – dans ses assises locales et régionales et autres a déjà indiqué les revendications qu’il voulait voir aboutir. Etc., etc.

Ce que la délégation Hâtive a exposé à Bruxelles, elle ne savait pas que la Commission européenne le connaissait déjà. Elle ignorait que la Commission Européenne a ses propres services de renseignements et qu’elle sait sans doute mieux que Rajoelina ce qui se passe à Madagascar. Ce que la Commission attendait, c’était la proposition d’un programme pour la mise en place d’une véritable transition avec un calendrier électoral qui permette le reconstitutionnalisation du pouvoir en place. Elle n’y a pas eu droit et n’a pas jugé nécessaire de poursuivre un dialogue inutile.

Il est bon de connaître le jugement, sur les hommes et femmes de la Hat, d’un observateur attentif aux événements malgaches : « quelques brillantes personnalités au milieu d’un océan de médiocrités » – ce dernier mot étant bien mis au pluriel. Nous pouvons mettre dans ce lot certaines personnes de la périphérie tgviste comme les journaleux qui nous occupaient hier.

Que faire de ce 7 juillet imprévu et libre ? La délégation se retrouva évidemment à chez maman chérie, mieux connue que la marâtre belge. Chacun vaqua à ses petites affaires et à faire ses courses en fritaxe. Quant à notre Dj, toujours très occupé par les affaires de l’Etat du coup d’Etat, il partit – vraisemblablement pour traiter ses dossiers – non pas à l’ambassade, lieu on ne peut plus dangereux – mais dans les rues de Paris avec un copain et sans garde du corps. Le hasard fait mal les choses. Un journaliste le rencontra, le filma en train – à très petite vitesse – de se promener, et en obtint une petite intervioue. Le soir même, les Tananariviens qui ont la chance d’avoir LCI sur la Parabole, ont pu le voir dans les informations du monde de Vincent Hervouët avec un commentaire désabusé. Les fans de Tv Viva ne furent pas du nombre. C’est dommage, car ils auraient pu juger de la subtile simplicité du jeune homme.

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Le temps est à l’hiver. Mamirifiry ny andro sady mangaviana. Dans cette petite bruine froide d’hiver, le petit monde Hâtif s’agite beaucoup à Ambohitsorohitra où la déception est plus que grande. On a fait grand bruit de la visite d’un petit-fils du feu roi Séoud d’Arabie avec tapis rouge et grand comité d’accueil : tout le « gouvernement » présent sur le tarmac. Le prince avait sans doute peur du bemangovitra qui sévit dans nos campagnes, car arrivé tôt le matin, il est reparti tôt l’après-midi. On l’a vitement fait Grande Croix de 2e classe de l’Ordre National et Docteur Honoris Causa. Mais Docteur Honoris Causa de quoi ?

Si c’est de l’Université d’Antananarivo, le grade n’est pas valable, car dans la règle universitaire, le grade doit être décerné dans les locaux d’Ambohitsaina. Un jour du temps passé, le tonton Président Mitterrand en visite officielle n’a pu être ainsi honoré, car c’était un moment où il n’était pas recommandé de s’y rendre. Pour le prince, le grade ayant été décerné à Iavoloha, il a donc été fait Docteur Honoris causa radzoueliana. Dans cette visite éclair, le prince n’a pas oublié de donner – ou n’a pas oublié de promettre de donner – son voan-dàlana : deux milliards d’ariary qui, pour le vahoaka de la place du 13 Mai, compensent largement les 630 millions d’euros prévus par Bruxelles.

Tous les Hâtifs n’en conviennent pas. Pour sauver l’éventualité d’une reconnaissance, le « ministre » des affaires étrangères qui sait compter les sikajy, eranambatry et variraiventy, et qui sait ce que représente deux milliards d’ariary, lâche le morceau dont on sait qu’il fait les conversations à Ambohitsorohitra et que le Grand Fat aurait déjà accepté. Il n’a pas pu en parler à Bruxelles, car il était aussi entouré de petits copains pas encore convaincus et qui souhaitent retourner souvent dans d’autres voyages ultramarins. Ny Hasina lâche donc le morceau pour l'ancien président mozambicain Joaquim Chissano, médiateur choisi par la Sadc et annonce la volonté cachée de la Hat : «Le gouvernement est prêt à tenir les élections législatives et présidentielles avant la fin de l'année, s'il en a les moyens». La venue de ce médiateur nous aura donc fourni une information de bon aloi. Quelles réactions cette annonce va-t-elle provoquer dans le petit milieu Hâtif ? Le « ministre » va être obligé de maintenant convaincre ses petits camarades…

Dans les milieux de la communauté internationale où l’on n’ose pas envisager que le jeune homme soit élu à la tête de l’Etat et où chacun des acteurs des événements a pu être évalué à sa juste valeur, on aimerait bien un président dans le genre de Rajemison qui, quand il présidait du Sénat et n’avait pas une majorité Tim, avait satisfait tous les membres de cette assemblée. Et un Premier Ministre comme Pierrot Rajaonarivelo, qui est un homme d’expérience et qui réunit et enthousiasme les foules comme à Tamatave, pourrait jouer ce rôle. Voilà du moins ce que m’a révélé la voyante extralucide que je suis allé consulter.

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