Danse avec les loups
| 23-01-2010| Écrit par E R I sur madatimes.com | |
| Jean Ping reparti, la nouvelle activité du monde politique malagasy pourrait s’appeler « danse avec les loups » ou plutôt « danse entre loups », car de bergerie il n’en est point. Et l’intitulé aurait pu tout aussi être : calendrier annuel des festivals. En effet, avec la « réception » populeuse que l’ancien premier ministre organise aujourd’hui, les festivals de réjouissance continuent bien. En premier, ce fut celui donné par le président de la transition à la cérémonie building du palais d’Iavoloha. Bien évidemment, les invités étaient triés sur le volet. Pour l’édition de l’ex primature donc, c’est à l’opposé de ce qui fut présenté il y a deux semaines. Opposé géographiquement puisque se déroulant dans la partie nord de la capitale, et opposé aussi dans le style et le nombre de convives. Bref à chacun sa manière de commencer l’année civile, la trêve politique n’ayant eu lieu en fait que le jour de l’enterrement du cardinal. Toujours est-il, cette année sera parsemé de célébrations ; dans certains pays du monde, les manifestations sont dénommés « festivals ». Et les dates exactes n’étant pas certaines, elles sont juste données à titre indicatif. Janvier : - festival organisé au palais présidentiel par le pouvoir de fait. Cette manifestation est dénommée : présentation des vœux officiels aux / par les institutions de l’état. - festival des propositions et contre-propositions organisé par le Groupe International de Contact. A peine terminé, ce dernier reprendra dans 15 jours, sous réserve toutefois de la disponibilité des participants. Joaquim Chissano restant le monsieur Loyal de service. - festivité donnée par l’ancien premier ministre à la population de la capitale ; la dénomination pourrait être : « festival bois de rose », puisque celui-ci a avoué dans une de ses déclarations qu’il a bien touché à ce produit protégé, mais jamais aux biens du président déchu. Février : - commémoration en grande pompe et non sous le recueillement du « massacre » des manifestants. Jusqu’à preuve du contraire, ce festival sera dénommé ainsi tant qu’une commission d’enquête ne sera pas instituée pour écrire le scénario et la mise en scène, donc faire la lumière et la vérité sur cette journée machiavéliquement macabre. Mars : - double festivals de célébration, tant de la prise de pouvoir des putschistes que celle des députés mal élus à l’assemblée « croupion » constituante. Avec réserve pour cette dernière, qu’elle pourra être organisée ultérieurement. - festival de commémoration de la lutte pour l’indépendance. Cette année elle revêtira une solennité particulière car en plus il y aura la lutte contre la dictature néocoloniale et contre la censure des médias. En outre, le premier jet du code de communication devrait sortir, selon le chronogramme établi par le PNUD. A voir impatiemment, du fait de l’emprisonnement d’un journaliste et d’un directeur de presse ! Avril : - festival de ferveur judéo-chrétienne pour Pâques et Pessah ou vice-versa. Est-il besoin d’ajouter que ces mots signifient aussi bien résurrection que libération. Mai : - festival aussi bien laïc que politique. A chacun pour ce qui le concerne, mais il n’est nullement interdit de cumuler les deux. D’autant plus, le festival de l’assemblée croupion unilatérale pourrait finalement avoir lieu à cette période. Juin : - festival culturel de l’Océan Indien dénommée DONIA. Aux dernières nouvelles ; les organiseraient jetteraient l’éponge mais il est à gager qu’il aura bien lieu, élection présidentielle en vue. - festival du cinquantenaire de la « pseudo-indépendance », politique surtout car, économique, le pays ne l’a jamais été et ne le sera jamais, mondialisation et françafrique étant. - festival de la musique, le jour du solstice d’hiver austral. Est-il à dire encore qu’initiée par mère patrie, la manifestation est désormais universelle. Juillet : - festival des réussites aux différents examens scolaires. Par la suite chaque écolier, collégien et lycéen éprouveront intra muros ou aussi de par le monde leur véritable niveau capacitaire. Août : - festival des préparatifs aux élections générales ou partielles, si ce n’est déjà commencé depuis le coup d’état. Ici beaucoup de « vedettes » sont attendus sur la ligne de départ, avant les désistements / ralliements éventuels à l’ouverture de la campagne électorale. Septembre : - festival des baleines et partant de la saison touristique en globalité, si cette dernière n’aura pas démarré plus tôt. Octobre : - festival de jazz, Madajazzcar - festival des rentrées des classes - festival de la victoire de l’un des candidats à l’élection présidentielle véritablement « anticipée » ; si ce n’est ce mois là, ce sera pour le mois suivant, dixit le porteur de propositions officielles du G I C. Novembre : - festival de la continuité de l’état en cas de deuxième tour à l’élection tant attendue. Les campagnes électorales sont toujours sujettes à profusion et superlatif pour faire pencher la balance en sa faveur. Décembre : - festival letchis - festival des bilans et perspectives en tous genres avec en filigrane tout au long du mois la préparation de ceux prévus pour l’année prochaine. Bien rempli, ce calendrier est susceptible de pas mal de rajouts vu les imprévisions et les improvisations qui ne manqueront pas d’avoir lieu. Du genre festival Backbone, festival pour le retour de l’AGOA, festival du monopole sur la Bière, etc…, etc…, etc. |
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