PARIS, LA NOUVELLE CAPITALE (SUITE)

Publié le par Ny Marina

Le 10 février 2010

 

 

Ndimby ayant publié ma chronique sur fijery.wordpress.com, j’y ai eu droit aux critiques de Rotsaka et d’Andriamtsimbazovina auxquelles je me sens obligé de répondre. Question d’honneur. Voici donc la réponse que j’ai faite.

 

Rotsaka écrit qu’il ne pense pas « qu’il y ait eu briefing en haut lieu des journalistes que ce soit de RFI ou de LCI » et que les questions des Journalistes étaient « pugnaces ». Parlant de l’intervioue faite par Vincent Hervouët, je ne disais qu’une chose, c’est que l’on sentait le briffage dans sa présentation. Une analyse du contenu et du style montre bien la différence entre le discours préliminaire et les questions « pugnaces » qui suivirent et qui furent celles d’un vrai et bon journaliste.

Admettons encore à la limite que les journalistes ne soient « la que pour laisser s exprimer la parole quand bien meme cette derniere s integre dans un plan de communication a visee politicienne ». S’il en était vraiment ainsi, le journaliste aurait avant l’émission demandé au « Monsieur le Président » – en off, dit-on – les questions qu’il souhaitait lui être posées. Manifestement, il n’en est rien.

Il faut aussi resituer cet entretien. Il n’avait pas été intégré dans le plan du voyage et a beaucoup tardé à venir. Il n’entrait pas « dans un plan de communication » prévu au départ d’Antananarivo. Rappelons, confidence faite au moment du départ par un diplomate français, que Marc Châtaignier est parti à Paris par le même avion que le célèbre jeune homme et qu’il n’a pas dû perdre son temps aux Folies Bergères.

Autre remarque qui mérite commentaire, celle d’Andriantsimbazovina : « se moquer de l’accent de quelqu’un est un signe de mépris pas digne ». Je suis tout à fait d’accord avec cette remarque que l’on pourrait appeler une sentence si l’on y décelait une forme de belle langue – ce qui n’est pas le cas. Mais je ne peux absolument pas adhérer à ce point de vue, car je n’ai pas parlé de l’« accent » – ce qui ne m’était absolument pas venu à l’esprit. J’aurais pu encore y ajouter que le célèbre jeune homme avait, quant à lui, parlé de « sociétés civiles » au pluriel – ce qui montrait à l’évidence qu’il n’avait pas compris le sens que les sociologues donnent à l’expression au singulier.

Ce « Prince à qui on n’a pas besoin de demander qui il est », puisque l’on sait qu’il est bardé de diplômes et de charges électives, est donc professeur. Mais voyons – à professeur professeur et demi – d’où lui vient une critique qui ne repose sur rien dans ma copie. Je ne peux évidemment l’affirmer, mais je suppose qu’il a entendu les propos dont nous parlons, qu’il y a détecté un accent auquel je n’avais pas songé et qu’il en fut d’une certaine façon gêné. Sans doute aurait-il préféré un accent disons parisien et universitaire. Il me le reproche donc à tort. C’est mauvais pour un professeur de droit, même de droit public. La docimologie – c’est la science de la notation – m’a appris il y a un demi-siècle qu’il ne fallait jamais, même du haut d’une chaire, reprocher à un étudiant des faits dont il n’était pas responsable. Admettez, professeur, que reprocher à un étudiant ce qu’il n’avait pas dit est un indigne signe de mépris.

Ajoutons un détail nouveau. Le patron d’une compagnie pétrolière malgache constate que la consommation de carburant a nettement diminué depuis le mois de décembre : la compagnie enregistre une baisse de 25% de son volume de vente depuis plus de deux mois. Il annonce aussi que les prix de carburants à la pompe enregistreront une forte hausse prochainement. Micro-Ubu va faire fonctionner la « pompe à phynances ». Ce serait le moment de relire Alfred Jarry et aussi Bertold Brecht et sa Résistible ascension d’Arturo Ui – également jouée par Georges Wilson –, car je ne pense pas qu’un metteur en scène malgache s’en inspire pour monter un spectacle à Antananarivo. Les crocodiles d’Ambohitsorohitra nous suffisent à satiété.

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