Quand les putschistes se critiquent entre eux ...

Publié le par Ny Marina

Dimanche 11 octobre 2009
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                      Monja Roindefo refuse de céder sa place. On se croirait au théâtre, en train d'assister à un gag. Quelque part, il refuse l'autorité de Andry Rajoelina, celui qui l'avait nommé. Si les leaders putschistes se "bouffent" entre eux, cela ne peut que servir la cause des légalistes. Et pour l'auteur de cet article qui ne voit en Rajoelina comme en Roindefo que des opportunistes parvenus au pouvoir et qui s'y accrochent, les arguments de l'un ou de l'autre ne présentent aucun intérêt. Malgré tout, il est curieux tout de même d'entendre Roindefo déclarer que personne, sous entendu de leur camp à Rajoelina et à lui, n'a été élu. La suite logique de la déclaration est que personne n'est censé avoir plus de pouvoir que l'autre, d'où il refuse à Andry Rajoelina le droit de le "démettre". Et alors, monsieur Roindefo, l'argument que les légalistes utilisaient contre vous et votre président était presque le même, cela ne vous empêchait pas de prendre des décisions unilatérales et autoritaires.
                      Monja Roindefo a annoncé par ailleurs avoir l'intention de se porter candidat à l'élection présidentielle si "les règles de jeu sont claires". Tiens !  Il y a des risques qu'elles ne soient pas "claires" maintenant ? Et pourtant s'il fallait croire votre camp, c'est justement pour une nouvelle Constitution plus claire et plus cohérente, et également pour une loi électorale plus claire et plus juste, que vous avez mis à terre la République, détruit l'économie de Madagascar et a envoyé au chômage des dizaines de milliers de gens et, en même temps, precipité dans la précarité des dizaines de milliers de familles.
                        La situation prêterait à rire si elle ne concernait pas la vie de la nation. En tout cas, elle démontre le peu de consistance idéologique qui sous-tendrait la prise de pouvoir par la violence chez les putschistes. Il n'y avait rien de sérieux , ou plutôt de sincère, dans les critiques adressées à Marc Ravalomanana. Le but était de s'emparer du pouvoir et rien d'autre. Ensuite, tous leurs actes n'avaient qu'un seul motif: rester au pouvoir coûte que coûte. Lors des négociations, ils posaient des conditions irréalistes et à chaque fois qu'on allait aboutir à un accord, ils se retiraient. Les toutes premières négociations avaient buté sur la question de l'amnistie. Ensuite, ils avaient refusé d'aller à Addis Abeba. Lors de Maputo II, ils s'étaient retirés sous pretexte de consulter leur base. Ensuite, ils avaient déclaré ne plus vouloir négocier et avaient affirmé qu'ils pouvaient se passer de réconnaissance. Il n'y avait aucune sincérité derrière tout cela puisqu'en même temps, ils n'arrêtaient pas de manoeuvrer avec leurs soutiens extérieurs pour se faire admettre dans les instances internationales. Vainement, il faut le préciser. Et quand Andry Rajoelina a eu l'assurance auprès de ses tuteurs qu'il pourrait avoir la réconnaissance mais qu'il lui fallait se séparer de Monja Roindefo, il s'est lancé. L'important, pour lui, c'était de rester "président" , juste pour être président. Il y avait constance dans l'objectif, c'est à dire s'accrocher au titre, et aucune dans les idées et arguments. S''il se souciait tant que cela de sa base, il n'aurait pas dû alors, malgré tout, se séparer de Monja Roindefo.  S'il était vraiment convaincu que Madagascar pouvait fonctionner même sans l'assistance de ses partenaires traditionnels, il aurait dû alors persévérer dans son entêtement.  Tout n'était que "fausseté" dans leurs arguments. Si bien qu'il a enfin avoué que le pays est dans une situation très difficile et qu'il faut reprendre les relations avec les pays amis.
                     Si les putschistes acceptent enfin de partager le pouvoir, s'ils acceptent de rénoncer à leur unilatéralisme, c'est qu'ils ont compris qu'ils ont eu tort. Cela veut dire aussi que les légalistes avaient raison dans tout leur argumentaire. Alors, la logique veut qu'au minimum, on réconnaît qu'il est légitime de demander à Andry Rajoelina de s'abstenir de se porter candidat à l'élection présidentielle s'il veut présider la Transition.
                     Actuellement, il est sur le point d'être enfin réconnu comme président officiel de cette Transition après avoir mené en bâteau tout le monde, du moins ceux qui voulaient bien le croire. Celui qui ne voulait plus entendre parler de Maputo se base maintenant sur les Accords de même nom pour refuser de se prononcer sur sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Il veut rester "président". Opportunisme quand tu nous tiens !   
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