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Publié le par Ny Marina

Illusion et Chimère
03-02-2010| Écrit par E. R.
Pour sauver une énième fois la face, le pouvoir en place et ses partisans gravitationnels proposent, à défaut de carrément disposer, une nouvelle date pour l’élection législative, paraît-il, simultanément constituante. En même temps, les procès, menaces d’arrestations, refus de libération, continuent à « hanter » les esprits, tout comme les conférences / consultations « grandioses » organisées par une institution de l’ancien pouvoir / régime pourraient faire croire qu’il existe bel et bien une réelle autorité pour décider en lieu et place de celle mise à mal depuis plus d’un an. Passe encore que les références à des lois et / ou principes fondamentaux de gouvernement soient pris dans un « panier » ou d’une illumination individuelle devenue collective. Mais en faire état devant la communauté internationale devient une chose bien différente que même les révolutionnaires les plus ultras n’oseraient imaginer.  Et faire comme si de rien n’était, tout va très bien, les (v)messies veillent …
A qui se référer désormais, et surtout faire « crédit » si, un jour une institution décide, et un autre, une autre opère le changement. Pour l’extérieur simplet, c’est du changement dans le coup d’état et / ou le centre de décision définitif et … vice-versa. Il n’est plus à s’étonner dès lors si la confusion devient le mot d’ordre, pour s’en remettre comme avancée à un désordre cumulé irréductible.
Plus loin, quelle confiance accorder à ceux partis en « visites privées » sur les autres continents, puisque tout sera « remanié », à défaut d’être nié franchement, une fois leur retour au pays ? En effet, il est bien question de faits privatifs puisque déjà l’anticipation aux sanctions individuelles, comme le renoncement officiel aux titres / fonctions publics devant les interlocuteurs, ceux-là vraiment reconnus comme tel, démontre un aveu aussi bien personnel que collectif de l’illusion créée.
Et des promesses de vie meilleure, il y en a eu, il y en a, et espéré pour certains qu’ils pourront toujours en émettre. Car c’est bien au nom de la démocratie et de la liberté qu’il en fut question au départ, de l’intérêt supérieur de la nation, durant les négociations, quand le blocage général était trop palpable, et juste d’une sortie de crise honorable, surtout pour les tenants actuels, après les ultimes éventuelles négociations. Pour preuve, cette visite infructueuse en terres africaines, Tripoli pour l’un, Addis pour les autres et le reste du monde pour les prétendants. Aussi, ce « sit-in » improvisé, avec comme base arrière la capitale française, revêt des relents de la dernière chance avant la séance d’hara-kiri collectif. Y aura-t-il ce courage ?
Jusqu’à preuve du contraire, il semble que les « cibles » soient faussées par l’idée qui est faite de la situation. Ce, par méconnaissance des réalités ou encore par mauvaise acception de la culture mondiale, en niant la multipolarité pour le bilatéralisme, voire l’unilatéral.
Attitude étonnante aussi, dès le départ, pour des tenants de l’adaptation constante et permanente, quand les pôles ont changé de variante. N’était-il pas plus judicieux d’aller en Afrique Australe que dans le Golfe de Syrte ? De même, Bruxelles aurait été plus attentive par rapport à Paris, plus soucieuse de ses régionales que d’appuyer Françafrique. Sans oublier la négligence faite aux utiles recommandations de l’O I F, dans sa dernière intervention, qui sait, elle, comment suivre la direction et / ou la vitesse du vent. Ainsi, même les promesses les plus simples à réaliser, les projets les plus utiles à exécuter, et les intentions semblant louables, sont-ils devenus au fil de l’an des chimères.  
Bref, la décision du report électoral, considéré comme le principal, base de toute bonne et ultime fin à l’impasse, mais « décrété » par la Médiature, sonne le glas de toutes les institutions de fait, anciennement légales, supposées légitimes, sensées être crédibles aux yeux de tous sans exception, en dedans comme au dehors. Les prolongations existent et sont prévisibles, mais cette fois, tous les chemins mènent … à la S A D C ! plus Canossa.  

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Extrait des résolutions de la conférence de l’Union Africaine
03-02-2010| Écrit par UA

DECISION SUR MADAGASCAR
La Conférence,
1. SE DECLARE profondément préoccupé par la crise politique qui persiste à Madagascar ;

2. RECONNAIT l’importance et la validité de l’Accord de Maputo et de l’Acte additionnel d’Addis-Abeba ;

3. SOULIGNE que ces Accords demeurent la seule feuille de route permettant une solution globale à la crise à Madagascar et LANCE UN APPEL pour une mise en oeuvre rapide et juste de ces accords ;

4. DEMANDE INSTAMMENT au régime illégal à Madagascar de mettre fin à ses tentatives d’imposer des solutions unilatérales à cette crise, contournant ainsi l’Accord de Maputo et de l’Acte additionnel d’Addis-Abeba ;

5. RECONNAIT les efforts déployés par l’Union Africaine et la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) dans le but de rétablir l’ordre constitutionnel à Madagascar ;

6. SALUE les différentes réunions au sommet et les décisions des dirigeants de la SADC, les réunions à Maputo les 8 et 9 Août 2009 et à Addis-Abeba du 2 au 6 novembre 2009 ;

7. DEMANDE INSTAMMENT à l’Union Africaine et à la SADC de poursuivre leur collaboration en apportant leur assistance au processus de négociation à Madagascar ;

8. SOULIGNE le rôle majeur joué par la SADC dans le processus de médiation compte tenu de ses responsabilités et avantages comparatifs régionaux ;

9. SOULIGNE la nécessité de créer un mécanisme de suivi tel que prévu dans le paragraphe 12 de l’Acte additionnel d’Addis-Abeba du 6 novembre 2009 ;

10. EXPRIME SON APPUI TOTAL à S.E. Joaquim Chissano, ancien Président de la République de Mozambique et médiateur de la SADC et à son équipe de médiation pour leurs efforts en vue de la restauration de la normalité constitutionnelle à Madagascar ;

11. PREND NOTE des propositions présentées par le Président de la Commission de l’Union Africaine aux parties malgaches au cours de la mission qu’il a effectuée à Madagascar du 21 au 22 Janvier 2010 et exhorte les parties à répondre rapidement auxdites propositions ;

12. ORDONNE au Conseil de Paix et de Sécurité de se réunir en temps opportun pour réviser la situation et prendre les décisions appropriées à la lumière des instruments pertinents de l’UA ; et,

13. LANCE UN APPEL aux partenaires internationaux pour qu’ils continuent de fournir leur appui total aux efforts déployés en vue de la résolution de la crise à Madagascar et de la restauration de l’ordre constitutionnel dans le cadre institutionnel approuvé par la Conférence de l’UA.
Addis-Abeba, 02 Février 2010

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