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Publié le par Ny Marina

Andry Rajoelina : manipulé ou débordé ?

26 avril 2009

Depuis le début du mouvement orange, beaucoup se pose cette question. L’intéressé a déjà à maintes reprises nié catégoriquement et publiquement cette accusation. Cependant l’évolution des faits au sein même de la HAT et de l’entourage d’Andry Rajoelina tend à contredire ses déclarations.

 

A l’insu ou au su d’Andry Rajoelina, les positions de la HAT se contredisent et les conflits d’intérêts de ses membres se règlent déjà sur la place publique.

A peine au pouvoir, il est déjà contesté par son entourage et ses sympathisants : les évêques le taxent de « mitavozavoza », ses sympathisants le qualifient de « jeune d’esprit », sa femme paraît-il l’abandonne, quelques membres de sa famille proche s’affichent aux côtés des légalistes à Paris,…

Il était “au pouvoir” pendant une trentaine de jours, et beaucoup de ses détracteurs avancent qu’il a fait pire que Ratsiraka en 24 ans. Selon eux, en l’espace de quelques mois, Madagascar a régressé à cause de l’incompétence et du mauvais leadership de l’ancien DJ.

Est-il en train de se rendre compte de l’énorme différence entre “l’animation” de quelques milliers de personnes sur la place du 13 mai et la gouvernance d’un pays de 20 millions d’habitants ? Lui qui n’a jamais voulu être à la tête du pays et qui est maintenant obligé de diriger à la force des choses … et des manipulations.

Selon un politicien, Andry Rajoelina n’a jamais pu montrer qu’il est capable de maîtriser :

- ses sympathisants, principaux initiateurs et instigateurs du black Monday

- les militaires qui l’ont porté au pouvoir et les milices armées,

- la divergence de vue manifeste, et non plus latente, au sein de la HAT qu’illustre la gestion du dossier Rajaonarivelo et des exilés politiques. Monsieur Roindefo voit en Monsieur Rajaonarivelo un sérieux concurrent pour la prochaine élection présidentielle ! Il veut l’empêcher de préparer le terrain trop tôt.

L’animateur Andry Rajoelina commence à s’effacer au profit des politiciens « présidentiables » !

A moins qu’il ne soit écarté purement et simplement de la scène politique, Andry TGV donne l’impression d’avoir laissé le champ libre aux politiciens qui l’entourent.

Principales signes : l’ancien DJ, qui est un très bon animateur, passe moins de temps à l’antenne que son “premier ministre” présidentiable ! Pourtant, Andry Rajoelina est un adepte de la sacro sainte conférence de presse et un fervent des plateaux télés. Lorsqu’il était Maire d’Antananarivo, il y a eu en moyenne une conférence de presse et un plateau télé tous les deux à trois jours ! Aux plus forts moments du mouvement TGViste, les conférences de presse improvisées et les apparitions TV s’enchaînaient à un rythme soutenu.

Pourtant, depuis quelques semaines, ses plus importantes apparitions publiques se limitent aux tournées provinciales, à quelques annonces télévisuelles : baisse du prix du pain et de l’huile, annonce des prochaines augmentations des impôts, aux quelques interviews accordés aux chaînes étrangères. A Toamasina, il s’est même penché vers un de ses collaborateurs avant d’annoncer le milliard (d’Ariary ou de francs ???) octroyé aux Tamataviens.

 

Les promesses de Rajoelina… aux oubliettes et il est fréquemment court-circuité lors des prises de décisions importantes.

Aux yeux de beaucoup d’observateurs, Andry Rajoelina traîne depuis le début de son mouvement l’image d’une personne manipulée. Cette image commence maintenant à lui coller à la peau et tend même à se confirmer. Ses premières promesses, gênantes pour beaucoup de ses compagnons de lutte, sont maintenant rangées aux oubliettes : celles de la démocratie et de la liberté d’expression, entre autres.

Ces deux revendications, principal leitmotiv du mouvement orange, qui se sont concrétisées par la naissance d’une place spéciale pour la démocratie et la restitution des émetteurs confisqués de Viva TV et Radio ne sont plus à l’ordre du jour. Elles font presque partie de l’histoire. Depuis une semaine, par une décision imposée par ses proches collaborateurs, toute manifestation et toute récrimination visant la HAT sont interdites sur tout le territoire malagasy.

La place de la démocratie d’Ambohijatovo, inaugurée en grande pompe, initialement accessible sans aucune autorisation, a perdu son essence même.

Ses alentours sont devenus des lieux extrêmement dangereux pour les légalistes, les pro-Ravalomanana et les simples passants. Ceux qui s’en approchent sont pourchassés et poursuivis jusqu’à leur domicile par les militaires et les milices qui tirent à balles réelles sans aucune hésitation. Malheur à ceux qui s’y trouvent par hasard ou par nécessité : la balle peut vous frapper à tout moment ! C’est ce qui est arrivé à une vendeuse de livres d’occasion dans une des kiosques des bouquinistes. “Haja, une vendeuse de livres, est devenue une victime innocente de cette décision arbitraire, lâche et la barbarie – fanjakan’i Baroa - d’un pouvoir qui se veut démocratique et libre” hurle de douleur l’une de ses voisines de kiosque. ” Depuis le début de la manifestation légaliste le 17 mars 2009, aucun manifestant n’est venu nous importuner à la fin de chaque meeting “, témoignent quelques bouquinistes venus lui rendre un dernier hommage.

Radio Mada et Radio Fahazavana font aussi régulièrement l’objet d’intimidations et d’incursions militaires. Les équipements de ces deux radios sont détruits ou confisqués après chaque visite des militaires. Les journalistes qui y exercent sont menacés d’arrestation.

NTR

Article et caricatures : NTR dans “A Vous la Parole”, envoyé à TopMada (topmada@gmail.com)

NDLR : les articles “A Vous la Parole” n’engagent que le point de vue de leur(s) auteur(s) et non celui de TopMada

 

Lettre à Haja

26 avril 2009

A toi, Haja

Elle s’appelait Haja, elle travaillait au Boky Tonta à Ambohijatovo.. Hier, 24 avril 2009, elle a eu le crâne fracassé par une balle perdue en essayant de fermer sa boutique.

Je venais souvent acheter, échanger des livres chez elle. Elle était serviable, elle était gentille, elle était sérieuse. Elle faisait partie de ces gens de peu, les laborieux, ceux qui travaillent en silence. Vous savez, ceux que vous n’entendez jamais hausser le ton ! Elle fait partie de ces gens qui ont quitté leur lointain village pour essayer de trouver du travail dans la capitale. Elle n’était pas la patronne, elle secondait la propriétaire et la remplaçait quand cette dernière était absente, car elle était honnête et courageuse.

Il y a une semaine, elle m’a aidé à choisir des livres et elle qui ne parlait pas beaucoup d’habitude, m’avait confié qu’elle vivait, en permanence, dans l’angoisse : sur la route pour aller travailler ou pour rentrer le soir dans un quartier chaud tout toute la journée au travail. Elle m’a avoué que les affaires marchant déjà très mal, la boutique ne pouvait se permettre de fermer et qu’elle avait aussi peur de perdre son travail. Peur de tout : du chômage, des pickpockets, des casseurs, des militaires, d’être blessée, d’être tuée…

Savez vous que le marché des Boky Tonta d’Ambohijatovo fait partie des petits marchés pittoresques de Tana ? Ce sont des échoppes en bois ou les livres les plus hétéroclites s’entassent, se vendent, s’échangent. C’est aussi l’un des rares endroits de la capitale ou on peut acheter des vieux livres sur Madagascar. Le dernier catalogue de Surcouf côtoie le Tantaran’ny Andriana et les Fleurs du mal de Baudelaire ainsi qu’un précis de comptabilité !

Haja ne lisait pas beaucoup mais vous pouvez lui demander le dernier Harry Potter ou le Da Vinci code en version poche, elle vous le retrouvera en un rien de temps en fouillant dans un amoncellement invraisemblable de livres ! Tous les matins, Haja sortait les livres en mettant bien en valeur les nouveautés. Lors de cette « dernière fois », elle m’a dit : notre problème en cas de troubles, c’est qu’il nous faut beaucoup de temps pour fermer. Ce n’est pas la porte métallique que l’on peut pousser très vite, il faut d’abord ranger les livres pour pouvoir mettre les plaques de bois faisant office de volets !

Et oui Haja, tu avais raison, çà prend du temps de fermer, le temps pour une balle d’arriver jusqu’à toi…

Aujourd’hui, à Ambohijatovo, pour te dire adieu, nous n’étions pas nombreux. Mais la plupart avait les larmes aux yeux en voyant ton cercueil en planche de sapin sur ce taxi-brousse, cet unique taxi-brousse qui va t’emmener vers ton Tanindrazana, là-bas ou tu n’allais pas souvent parce que c’est tellement cher le billet.

Nous étions là le cœur serré et la peur au ventre, sous l’œil impassible de militaires casqués et armés jusqu’aux dents… il paraît que Dieu ou les Grands de ce monde sont très occupés en Irak ou au Sri-lanka et qu’ils ne peuvent pas encore s’occuper de nous.

Pour cela il faudrait plus que la mort d’une jeune femme « insignifiante » qui s’appelait Haja.

Adieu et bonne chance à toi dans ta nouvelle vie. Puisses-tu y trouver la paix.

Je n’ai pas encore fini de lire le livre que tu m’as choisi…

Antananarivo le 25 avril 2009

Nosy R - dans “A Vous la Parole” envoyé à Topmada (topmada@gmail.com)

 

Les envoyés de la SADC en mission d’évaluation

26 avril 2009

Les envoyés de la SADC ont rencontré le Premier ministre Manandafy Rakotonirina et une délégation des partisans de la légalité samedi après-midi. Une réunion d’information au cours de laquelle la SADC a entendu la position des légalistes vis-à-vis de la situation que vit le pays actuellement. Le Premier ministre et la délégation ont réitéré leur revendication : le retour à l’ordre constitutionnel, donc le maintien des institutions et ont fait part des autres étapes qu’est entre autres la mise en place d’un gouvernement d’ouverture. Compte tenu de la situation actuelle, la délégation a demandé l’aide de la Brigade de la SADC. La SADC est encore en train d’écouter toutes les parties prenantes. Malgré la suspension de Madagascar dans les organes de l’organisation, la SADC a manifesté son soutien pour aider le pays à sortir de la crise actuelle, un émissaire permanent viendrait dans la grande île d’après les informations. La SADC va statuer dans quelques jours, la réunion a duré plus d’une heure trente.

Le matin, la délégation de la SADC a rencontré le ministre des affaires étrangères de la HAT. Selon Ny Hasina Andriamanjato, la SADC est venue pour épauler la HAT dans la résolution de la crise actuelle. Selon lui, un groupe de contact composé d’organisations internationales et des pays partenaires sera mis en place pour épauler la HAT dans l’accompagnement de son gouvernement vers la résolution de la crise et l’organisation d’une élection.

 

250 000 enfants menacés par la sécheresse dans le sud

26 avril 2009

Selon l’UNICEF, près de 250 000 enfants risquent de souffrir de malnutrition et de maladies dans le sud de Madagascar, alors que le pays est victime de catastrophes naturelles et d’une grave crise politique qui pourrait aggraver les pénuries alimentaires.

L’agence avertit que la Grande Île est au bord d’une catastrophe humanitaire et ajoute que l’absence de pluie actuellement dans le sud de l’île, a dévasté les dernières récoltes et réduit la quantité de l’eau potable disponible pour la consommation.

« Ma fille a faim. Nous ne mangeons que des raketa (fruit de cactus) et nous n’avons rien d’autre », a confié Zefita à l’UNICEF, « si seulement il pleuvait, on pourrait cultiver du maïs ou des pommes de terre, mais maintenant, nous ne pouvons rien faire », a-t-elle ajouté.

Plus tôt ce mois-ci, l’Organisation des Nations Unies à Madagascar a fait un appel d’aide d’urgence de 37 millions de dollars et les principaux donateurs ont maintenu leur financement d’urgence.

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