POLITIQUE DE LA TABLE RASE ?

Publié le par Ny Marina

La semaine du 27 avril a été riche en émotion.

On a pu constater à quelle vitesse les militaires - ordonnés, sinon, payés par la HAT – ont accéléré et cumulé les actions terroristes, les perquisitions et arrestations, sans parler de leurs continuelles parades à travers la ville, histoire de rappeler aux citoyens que ce sont eux qui tiennent le pouvoir par les armes.

Ainsi, après l’arrestation des députés et des parlementaires TIM, du Premier Ministre, du leader des femmes légalistes…, la HAT poursuit sa politique de la table rase en s’en prenant à tous ceux qui ont, de près  ou de loin travaillé avec le Président Ravalomanana.

Les faits cités précédemment ont été diffusés dans la presse et à la télé. Mais sachez qu’en arrière plan, d’autres actions allant dans le même sens sont menées avec moins de tapage médiatique, mais avec autant de hargne.

La semaine du 27 avril a été consacrée à l’axe RN1. D’Anosizato à Ambatomiravavy, les militaires ont perquisitionné pas moins de 6 maisons appartenant à des personnes ayant travaillé avec le Président, ou que l’on sait simplement sympathisants. Mais dans la majorité des cas, ces personnes ont fait l’objet de délation ou « tondro molotra » de la part de vautours qui marchent au fric. Tous les prétextes sont bons : intox, désinformation, invention de preuves, faux témoignages…  C’est ainsi que des domiciles et propriétés privées ont été fouillés pour des raisons plus ou moins fallacieuses.

Que cherchent-ils exactement ? A faire taire toutes les personnes qui sont contre le pouvoir actuel, c’est certain, mais surtout à les nuire, à les maltraiter physiquement et moralement de préférence, et les voler en passant. Ils cherchent de l’argent que l’on aurait convoyé de Swaziland disent-ils, et un camion rempli d’armes, comme si un simple citoyen pouvait cacher ça dans sa cour ! Pour des militaires formés par les services secrets français, ils sont bien mal informés ! Ou alors ils sont devenus paranoïaques et tellement aux abois, qu’ils croient à leurs propres hallucinations !

Malheureusement, le fait de ne rien trouver les rend encore plus dangereux. Jusqu’où iront-ils ? Très loin apparemment, tant que ça leur rapporte et que ça leur donne l’impression d’avoir le beau rôle d’un film d’action de série B que les petites salles de vidéo clameraient comme étant « gidra gidra be», avec des gros bras armés à l’affiche. Parce qu’il faut les voir avec leurs lunettes noires et  les armes prêtes à tirer, dans leurs véhicules sans plaque…

 

UNE ARMEE MAFFIEUSE ET DES MILITAIRES POURRIS

Leurs méthodes : avec ou sans mandat, c’est l’intimidation, les menaces, le racket, le chantage.

L’intimidation :

Forts de leur uniforme et de leur badge de police ou autre corps de l’armée, ils viennent en groupe, jamais moins de 4, la mine patibulaire, arme au poing, histoire de se montrer supérieurs et menaçants. Deux chargeurs tête-bêche reliés à l’adhésif, comme dans les pays en guerre et comme si, dans une maison de particuliers, on allait leur donner l’occasion de tirer en rafale. C’est clair, le peuple est leur ennemi.

Durant les perquisitions, ils donnent des coups de pied partout, toujours arme en main, chien relevé, trépignant et voyant une arme de guerre dans tout ce qu’ils voient. C’est ainsi qu’un simple fusil de chasse devient à leurs yeux une arme de guerre (effectivement, si on tire un homme avec un fusil de chasse, rien ne garantit qu’il sera toujours en vie après !), des balles à blanc deviennent des balles à gaz asphyxiant (mais où ont-ils appris leur métier ? Dans les films d’action ? Ou peut-être au zoo ?).

Ce qui leur plaît le plus : c’est quand on a peur.

Les menaces :

Il y a ceux qui menacent de simples citoyens en rôdant chaque jour autour de leur propriété jusqu’au moment où ils investissent le lieu en proposant au propriétaire leur protection moyennant finance. Et bien entendu, ils s’installent dans la dite propriété aux frais des occupants légaux !

Le racket :

Bien des opérateurs et commerçants refuseront pour le moment de témoigner, et pour cause, mais nombreux sont ceux qui l’ont vu de leurs propres yeux ou en sont les victimes.

Il y a ceux qui, sous peine de voir leur stock de marchandises détruit ou volé, sont tenus de verser une somme importante (l’unité étant le million d’Ariary) toutes les semaines ou tous les mois.

Le chantage avec ou sans kidnapping :

Cette fois-ci, ils sont en civil, mais toujours munis de badges. Ils vous coincent quand vous êtes seul, vous emmènent quelque part bien loin d’un bureau officiel, font mine d’être de votre côté et de faire ami- ami. Ils vous révèlent comme une confidence que votre maison va bientôt faire l’objet de perquisition, mais qu’ils ont les moyens de vous éviter cela : pour quelques millions d’Ariary bien entendu.

De peur de représailles, vous allongez la monnaie, ils vous assurent que rien ne vous arrivera et quelques jours plus tard, des militaires (d’autres) débarquent chez vous pour une perquisition.

Si on y réfléchit bien, cela veut dire que les premiers savaient qu’un mandat contre vous était en cours, et qu’ils s’en sont servis pour vous faire chanter et prendre leur part du gâteau avant les autres « officiels ».

 

Marc Ravalomanana était un dictateur disent-ils ? Et comment se qualifient-ils donc ? Nous parlons ici de personnes physiques, mais ça ne s’arrête pas là. La politique de la table rase concerne toutes les entités susceptibles de dénoncer leurs actions.

« A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, on notera qu’aucune presse d’opposition à Andry Rajoelina ne peut exercer sereinement à Madagascar. Les médias publics sont censurés, les journalistes subissent continuellement les intimidations et les menaces du pouvoir, et les dernières radios d’oppositions subissent les brouillages ou se voient réquisitionner leurs émetteurs par les militaires. » (source Topmada)

 

Faisant partie de la famille d’une des personnes ayant fait l’objet de perquisition et étant actuellement surveillé « discrètement » par des militaires en civil, j’interpelle ceux qui, par haine du personnage qu’est Marc Ravalomanana, se délectent da la situation et des sévices causées aux proches, aux partisans ou même aux familles de ceux qui ont peut-être approché (même de loin) ce dernier.

Je suis choqué de constater que les rancœurs envers un seul homme mènent à un désir insensé de pouvoir, pour assouvir une vengeance personnelle, en se foutant royalement de ce qui peut advenir de son propre pays : sans honte, sans scrupule, sans aucune morale, sans se soucier de sa descendance et des conséquences sur l’avenir. Juste se satisfaire, jouir de ce petit moment de sentiment de puissance, et après moi le déluge.

Et je dénonce ceux qui, pour une poignée (de millions, certes) d’Ariary vont dénoncer leurs  voisins à coup de fausses informations, juste pour se donner de l’importance aux yeux des gros bras.

Mais savent-ils seulement que, comme l’a si bien dit le soi-disant président de cette soi-disant HAT, la roue tourne ?

 

Mais à ceux qui ont encore la foi et qui croient qu’on peut encore sauver notre pays, pour ne pas dire le monde, je leur dis de tenir bon comme je tiens bon.

 

Mais je dis aussi que parfois, le pacifisme ne suffit plus pour lutter contre ce type de menace…

 

 

 

 

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