« Je n'ai pas confiance en l'émissaire de l'ONU »
Marc Ravalomanana
Dans une interview exclusive que Marc Ravalomanana a accordée hier à Midi Madagascar, il a réagi par rapport aux événements politiques de ces dernier temps. Marc Ravalomanana a également répondu aux accusations dont il fait l'objet sur le transfert des reliques royales de Manjakamiadana à Ambohimanga. Sans avoir manqué de s'exprimer sur la rencontre de Tripoli.
*** Midi Madagascar : Le président de la HAT Andry Rajoelina a été officiellement reçu à Tripoli par le président de l'Union Africaine, Muhammar El Kadhafi. N'est-ce pas là un début de la reconnaissance internationale ?
*** Marc Ravalomanana : En tant que président de l'Union Africaine, le Guide libyen Muhammar El Kadhafi doit être ouvert à tout le monde. S'il a reçu chez lui Andry Rajoelina, je ne crois pas qu'il y a un début de la reconnaissance internationale. Rappelez-vous que la SADC et l'Union africaine ont condamné sans équivoque le coup d'Etat qui s'est passé à Madagascar. C'est pour vous dire que quels que soient les sujets que le Guide Kadhafi a abordés avec Andry Rajoelina, l'Union Africaine ne changera pas de position.
*** Midi : Qu'est-ce qui détermine vraiment votre retour au pays ?
*** MR : Il faut trois choses. D'abord, le soutien de la communauté internationale. Ce soutien est déjà acquis à partir des déclarations d'Addis Abeba et de Bruxelles. On attend la concrétisation. Ensuite, il faut voir la question de sécurité. Ce n'est pas seulement ma sécurité, mais aussi et surtout celle des Malgaches. Et enfin, il faut convaincre les bailleurs de fonds à apporter leur contribution au redressement national. Je m'efforce d'accomplir cette mission durant mon séjour à l'extérieur du pays.
*** Midi : N'êtes-vous pas prêt à concéder pour trouver un consensus pour la sortie de crise ?
*** MR : Je me suis entretenu avec l'ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter et l'ancien secrétaire général de l'ONU, Koffi Annan. On a convenu d'appuyer la proposition de la SADC qui devrait diriger l'action du groupe de contact international. Je n'ai pas confiance en l'émissaire de l'ONU, qui favorise un régime anticonstitutionnel lorsqu'il propose que je ne dois plus me présenter à la prochaine présidentielle. Or, je suis le dernier président élu démocratiquement de Madagascar. A mon retour au pays, je mettrai en place un gouvernement de consensus auquel participeront les politiques et la société civile. Ce gouvernement organisera la réconciliation nationale. Une élection présidentielle sera organisée. Je suis prêt à me soumettre au résultat qui en sortira.
*** Midi : Votre régime est accusé d'avoir transféré des reliques royales de Manjakamiadana à Ambohimanga. Qu'en dites-vous ?
*** MR : Tout est actuellement diabolisation à Madagascar. La reconstruction ou la réhabilitation du Rova de Manjakamiadama et des autres Palais royaux de Madagascar fait partie de mes ambitions. Et je promets que j'y arriverai un jour. Quant au transfert des reliques royales dont vous parlez, je n’en sais rien. Je n'ai rien à voir avec cette histoire. Demandez plutôt aux « Jaky Mena » ou aux autres associations des « Taranak'andriana ». Je tiens tout simplement à rappeler que la reconstruction du Rova de Manjakamiadana est devenue possible avec le soutien de l'UNICEF.
Interview réalisée par RAJAOFERA Eugène