tour d'horizon : jusqu'à quel point l'intolérable est tolérable ??
sur Mydago.com
Fusillade dans la conference de presse
Samedi 26 septembre, la manifestation des légalistes au stade de Mahamasina a Antananarivo a été empêchée par les militaires des putchistes. De ce fait, les leaders de trois des quatre mouvances politiques de Madagascar se sont dirigées vers Solimotel. Les militaires, a la solde de la quatrième mouvance, qui est celle des putchistes ont alors tiré à balles réelles sur ces représentants désarmés de la population. Il y a des blessés qui ont été emmenés à l’hôpital d’Antananarivo. Il semblerait que des leaders des trois mouvances fassent partie des blessés.
sur pimaso.info
Communiqué officiel de l’ONU sur la censure du PHAT
Assemblée générale : AG/10863
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York
Assemblée générale, Soixante-quatrième session
7e et 8e séances plénières – matin & après-midi
ASSEMBLÉE: LE PRÉSIDENT MALGACHE PRIVÉ DE PAROLE À UN DÉBAT QUI CONTINUE D’ÊTRE MARQUÉ PAR LES TENSIONS RÉGIONALES ET LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Le débat général de l’Assemblée générale, qui a continué d’être dominé par les tensions régionales et la lutte contre les changements climatiques, a été interrompu pendant plusieurs minutes aujourd’hui par une discussion sur l’opportunité de laisser monter à la tribune le Président de la Haute Autorité de la Transition du Madagascar, Andry Nirina Rajoelina.
Les délégations ont suivi la motion d’ordre de la République démocratique du Congo (RDC) qui, au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), a nié au Président malgache le droit de s’exprimer. La contre-proposition du Président de l’Assemblée générale a donc été rejetée par 23 voix contre, 4 voix pour et 6 abstentions; la très grande majorité des États Membres ayant choisi de ne pas participer au vote.
La SADC considère la prise de pouvoir de M. Rajoelina comme un coup d’État et réclame le retour à l’ordre constitutionnel. Le nouveau Président tient son pouvoir d’un directoire militaire qui le lui a remis après le départ forcé, le 17 mars dernier, du Président Marc Ravalomanana, pourtant réélu en 2006.
Lien du site ONU pour ce communiqué: http://www.un.org/News/fr-press/docs/2009/AG10863.doc.htm
sur rasl.trib.mid.over-blog.com
Il y a une explication à tout ceci. L'Amérique latine était le continent le plus secoué par les coups d'Etat dans les années cinquante, soixante et soixante dix. C'était le terrain où la guerre froide prenait tout son sens. Les guerillas se multipliaient contre les pouvoirs pro-américains. Les latino-américains savent mieux que personne combien un putsch peut être devastateur tant au niveau de l'économie, qu'au niveau du respect des droits de l'homme, et au niveau social. Ils se sont tous rangés derrière les Etats-Unis pour condamner la déposition du Président Zelaya. Et s'ils n'ont pas hésité à refuser la parole à Andry Rajoelina, c'est sans doute parce que les similitudes entre Madagascar et le Honduras sont nombreuses quant à la réaction de l'opinion intérieure et la réaction internationale. Même les révolutionnaires, mais élus, comme Hugo Chavez et Evo Morales, ont condamné le putsch contre leur pair du Honduras. En Amérique latine, les coups d'Etat font partie du passé. Passé que l'on ne veut plus revivre.
C'est la même chose pour les Seychelles. James Mancham et France Albert René se sont succedé à la présidence de cet archipel par des coups d'Etat. Et à une certaine époque, ce pays a même eu récours aux services de ses voisins, comme Madagascar, pour se protéger contre des menaces d'attaques de mercenaires.
En tout cas, les votes montrent que très peu de pays sont disposés à tolérer les coups d'Etat. Andry Rajoelina a obtenu trois voix, à part le propre vote de Madagascar: celle du Danemark, de l'Equateur et de la Jamaïque. Il est très peu probable que même s'il y avait plus de votants, Tgv aurait été admis à parler.
Cette gifle était bien plus que nécessaire. Contrairement à ce que certains soutiennent, les Malgaches n'ont aucune honte à ressentir du fait que Tgv n'ait pas pu parler. Il ne peut pas représenter le peuple malgache puisque celui-ci ne lui a jamais accordé un mandat. Il ne représente que lui même et ses partisans qui l'acceptent comme président. S'il veut représenter la Nation malgache, il n'a qu'à se faire élire dans des conditions transparentes et acceptables pour tous. Jusqu'à ce qu'on y arrive, il reste un putschiste et un tyran. Et ce n'est pas la repression contre les légalistes qui va y changer quelque chose. En quoi avoir laissé les légalistes accéder au stade de Mahamasina aurait pu troubler l'ordre public ? Et en quoi avoir blessé des gens sert-il la cause des putchistes ?
Si les manifestants s'étaient dirigés vers Ambohitsorohitra comme les pro-Rajoelina avaient fait le 7 mars, ou vers un camp militaire, on aurait compris la repression mais le stade de Mahamasina est un endroit clos et qui, de ce fait même, aurait empêché les débordements et les casses en ville. Alors qu'est-ce qui justifie la repression bestiale ?
Rien à part la peur de voir la réalité en face, à savoir que son pouvoir est de plus en plus impopulaire.
"Un empire fondé sur les armes a besoin de se soutenir par les armes". C'est Montesquieu, auteur de l'"Esprit des lois", et père de la théorie de la "séparation des pouvoirs", qui le disait. Et cette phrase est tout ce qu'il y a de plus juste en ce qui concerne le pouvoir de Tgv. Il est fondé sur les armes, manque manifestement de légitimité et a besoin de réprimer pour survivre. Il se fait accepter uniquement par la violence. Ni par les idées, ni par le dialogue, ni par le droit. Plutarque déjà, à son époque (Antiquité grecque), écrivait "le temps des armes n'est pas celui des lois". Tous les penseurs l'ont reaffirmé. Nous pouvons ré-citer Jean Paul Sartre, le père de l'existentialisme, en la matière: "La violence, sous quelque forme qu'elle se manifeste, est un échec".
Bien sûr, il y aura une accalmie tout ce qu'il y a de plus précaire pour quelques jours, ou pour queluqes semaines, mais il ne faut pas croire que la résistance à un pouvoir illégitime et illégal va s'arrêter. Au lendemain du putsch, les manifestations sur la place de la "démocratie" avait attiré du monde. Les putschistes ont usé de la violence pour repousser les légalistes au Magro. Ensuite, quelques semaines plus tard, c'était les bombes artisanales qui, heureusement, n'ont pas tué. Ou du moins, une bombe a fait une victime mais son propre poseur . Maintenant, il n'y a pas que les pro-Ravalomanana qui s'opposent aux usurpateurs au pouvoir, les partisans de Ratsiraka et les partisans de Zafy les ont rejoints pour revendiquer la mise en place de la vraie Transition, celle prévue par les Accords de Maputo, et pour refuser l'unilatéralisme des putschistes. La communauté internationale, elle aussi, vient de réaffirmer par vote, lors de l'assemblée générale des Nations Unies, son rejet du coup d'Etat et de l'unilatéralisme. Mais Tgv et ses soutiens, seuls contre toute l'humanité, pensent pouvoir se maintenir au pouvoir par les armes. Ils n'ont rien compris aux leçons de l'histoire: la démocratie a toujours fini par l'emporter sur la dictature. Les grands dictateurs (Hitler, Mussolini, Napoleon) tout comme les petits tyrans (Bokassa, Idi Amin Dada, Duvallier) avaient eu une triste fin. Le bloc sovietique a disparu et nombreux dirigeants des pays de l'Europe de l'Est avaient été jugés et certains avaient été executés. Personne ne souhaite, surtout pas les Malgaches, un dénouement tragique à l'actuelle crise. Alors encore une fois, il ne faut pas acculer à la haine ceux qui militent pour l'équité, pour la justice et pour la démocratie. Il est plus que temps de penser réellement à l'intérêt supérieur de la nation et mettre en place cette fameuse transition consensuelle et inclusive. Ou, on peut aussi sérieusement refléchir à l'organisation d'une élection. Une organisation qui ne peut être, elle-aussi, tant au niveau de l'exécution que de l'arbitrage, que consensuelle. Sinon le pays rétombera dans la crise au moment de la proclamation des résultats.
"La guerre, c'est la guerre des hommes; la paix, c'est la guerre des idées", disait Victor Hugo, le célébre écrivain, farouche opposant à Napoleon. Alors choisissons la guerre des idées, moins meurtrière et plus valorisante.
sur topmada.com
- Les noms de Zina Andrianarivelo-Razafy, et du Colonel Jean-Émile Tsaranazy ont été cités dans un scandale de corruption impliquant la société Mabey & Johnson sur l’obtention de contrats à Madagascar. Zina Andrianarivelo-Razafy, classé pro Rajoelina, est représentant permanent de Madagascar à l’ONU
- Nouvelle répression des manifestations : suite à la décision du pds, les militaires dispersent les manifestants venus à Mahamasina. Les chassés-croisés se poursuivent et les hommes armés en pick up sillonnent les alentours d’Anosy
- Malgré l’acceptation de la Préfecture de Police, le pds d’Antananarivo, Edgard Razafindravahy (classé pro Rajoelina) a refusé d’autoriser la manifestation des 3 mouvances au stade municipal de Mahamasina
- [URGENT] Une gifle démocratique au régime issu du coup d’Etat à l’Assemblée générale de l’ONU : 2ème déconvenue pour Andry Rajoelina. Après un scénario rocambolesque (le représentant de la SADC ayant appelé les représentants des pays membres de l’ONU à quitter la salle en cas de prise de parole de Rajoelina) le leader de la HAT s’est vu refusé une prise de parole suite aux votes des membres présents à l’assemblée. Sans compter Madagascar, 3 pays ont voté pour que Rajoelina prenne la parole, 23 contre et 6 se sont abstenus. La SADC, représentée par la République Démocratique du Congo, dans une allocution applaudie par la salle, a « rejeté » et « condamné fermement » la mise en place par Rajoelina d’un gouvernement unilatéral contraire aux accords de Maputo.
Quelle image déplorable que celle donnée ce week-end par nos dirigeants. A New York un leader auto proclamé mis au ban des Nations Unies et à des milliers de kilomètres de là un mouvement pacifique d’opposition purement et simplement réprimé.
Tout avait pourtant bien commencé pour Andry Rajoelina : une invitation à New York pour le sommet des Nations Unies. Une consécration pour celui qui a pris le pouvoir par les armes et qui s’acharnait pour être enfin reconnu par la communauté internationale. L’ONU était pour lui le marche pied vers la reconnaissance, la consécration. La machine médiatique était en marche : les membres de la HAT évoquaient une première étape vers la reconnaissance peu importe les élucubrations de l’opposition. Des membres de la délégation à New York avaient même apporté des caméras personnels pour immortaliser ce moment historique tandis que des préparatifs pour le retour triomphal de Rajoelina au pays se préparaient en coulisse.
Plouf, tout finalement est tombé à l’eau. A la place d’une reconnaissance, c’est 3 gifles que le leader de la HAT a reçu à New York.
Tout a commencé par ce discours sur le réchauffement climatique qui sentait le copié collé d’un discours prononcé un an plus tôt par un ministre luxembourgeois. Amateurisme ? Bourde ? l’erreur a fait très rapidement le voyage New York-Tana à la vitesse d’un TGV ce qui a très rapidement nourri les critiques de l’opposition. De son côté la HAT promet de remettre de l’ordre dans les rangs de ceux qui ont préparé le discours.
Puis vient le fameux banquet organisé par Barack Obama. Rajoelina n’a pas reçu d’invitation pour un déjeuner à la Maison Blanche donné en l’honneur de tous les chefs d’État africains. De même, Ban Ki-Moon a refusé sa demande d’audience. Ca commence à sentir le roussi d’autant plus que le discours de l’ancien DJ est reporté d’un jour. Néanmoins l’optimisme est de rigueur et c’est caméra à la main que la délégation malagasy se rend le lendemain pour entendre enfin le discours historique de leur leader.
C’est sans compter sur la SADC qui dans un discours ferme et applaudi, a dénoncé
« des hommes sans qualités (…) des putschistes »
Comme le veut le règlement du débat général de l’ONU, les membres présents ont été soumis au vote. Le verdict est sans appel 23 pays sur les 33 présents, refusent que Rajoelina prenne la parole (dont le Brésil, l’Inde et l’Argentine les puissances politiques et économiques émergentes). La fête est terminée, humiliée, caméra remballée, la délégation malagasy se lève et quitte la salle, cette 3ème gifle sonne comme le KO pour ce déplacement en terre américaine. Rajoelina comprendra-t-il cette vive fin de non recevoir de la communauté internationale pour accepter de revenir à la table des négociations et respecter sa signature de la charte de Maputo ?
Déjà Monja Roindefo, à plus de 10 000 km de New York, s’est empressé d’annoncer qu’une lettre de protestation serait envoyée au secrétariat général des Nations unies.
Pour lui :
« Les attitudes que certains membres de la SADC ont manifesté à New York étaient du lobbying que nous connaissons tous. Cela fait partie du lobbying payant par l’ancien président ou certains présidents qui se sont associés à eux. C’est peut-être l’ancien président qui a eu les moyens pour faire cela, donc pour moi ce n’est pas digne des Etats-Unis ».
Roindefo persiste : ce n’est pas la faute des leaders actuels mais de Ravalomanana, la SADC, des Etats-Unis. Les gifles reçues à New York n’ont-elles -pas suffi ?
Pendant ce temps, l’opposition unie décide de manifester pour dénoncer les condamnations politiques et la violation des accords de Maputo. C’est sans compter sur le PDS Edgard Razafindravahy (classé pro Rajoelina) et des militaires de moins en moins neutres qui n’ont pas hésité à gazer des manifestants sans armes tandis que leurs collègues armés, paradaient en 4×4 comme dans un vulgaire safari. Des blessures par balles ont été constatées par la HJRA dont des femmes et des enfants. Un militaire ivre a tiré sur l’hôtel où se tenait une conférence de presse des représentants des 3 mouvances d’opposition, et a blessé une personne.
Dans sa « version officielle » des faits, le colonel Ravelomanana précise que des faux militaires étaient présents et qu’ils sont à l’origine de coups de feu.
Honte, dégoût, les mot manque pour décrire ce qu’on peut ressentir en tant que citoyen après ce week end chaotique. Chaotique en effet de par l’image donnée par Madagascar d’un bout à l’autre du monde et au delà de ses dirigeants actuels. Madagascar, au ban des Nations du monde, est véritablement dans une impasse. De plus en plus, il semble que seule la communauté internationale pourra l’en sortir de manière durable. Encore faut-il qu’elle n’attende pas la dernière minute pour réagir.
McFly