VACANCES

Publié le par Ny Marina

Le 27 septembre 2009

 

VACANCES

 

 

Comment mes correspondants se sont-ils expliqués l’absence de mes chroniques ? Je tiens à les rassurer. Je n’avais pris pension ni à Ambohibao ni à Antanimora et n’étais pas non plus allé bénéficier du bon air ni d’Ambatolampy ni de Manjakandriana ou Mantasoa. Quant à Sainte-Marie, ce n’est pas un lieu de vacances administratives depuis qu’André Resampa y avait séjourné à la fin de la Ire République. Non, leur absence tient aux aléas d’internet, quand on a perdu la connexion, et aux aléas de la santé, quand on traite par le mépris une mauvaise angine et que l’on tarde à consulter son tromba préféré pour en obtenir le remède miracle. Ayant passé quinze jours dans ma campagne lointaine privé d’internet et d’amis au courant des événements, je commence à comprendre ce que c’est qu’être sourd et hémiplégique.

Pourtant, il s’en est passé des choses pendant ces quinze jours. On arrêté Niaka Eliane, une sénatrice ou une sénateure. On ne sait plus très bien comment écrire le français qui peine à sortir de son traditionnel machisme. Elle a donc été arrêtée, brutalisée par les capsates arrêteurs avant d’être remise à une gentille gendarmerie et incarcérée, puis remise dans la circulation. Il faudra bien que l’on en tienne compte dans le projet à venir de Constitution : il faudra penser à un article accordant non un privilège mais un droit spécial à nos forces tout aussi spéciales de brutaliser et de tabasser toute personne, surtout si c’est une femme, soupçonnée de penser mal et de ne pas vouloir faire allégeance au pouvoir Hâtif. C’est ce que nos nouveaux lieutenants-colonels, Charles et Lilyson, vont sans doute appeler la courtoisie malgache.

Notre gentille justice – je n’ose plus mettre une majuscule, tant elle est nouvelle – que notre gentille justice, disais-je, s’est finalement pressée de prononcer le droit – sans majuscule lui non plus – dans l’affaire Manandafy, Ihanta et consorts. Ils ont donc tous été condamnés, ce qui n’est que justice pour des gens qui ont voulu troubler l’ordre putschiste et ont abusé de titres que ne leur avaient pas donné nos gentils Hâtifs. La poigne de notre gentille justice s’est faite bien tendre. Pas de travaux forcés et peu de mois ou d’années de prison, mais le tout accompagné du sursis. Cela les empêchera non seulement de demander un dédommagement, mais aussi de se présenter aux futures élections. Sans doute comprendront-ils qu’il leur est préférable de prendre leur retraite. Sinon…, sinon, je n’ose l’imaginer.

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Comment fonctionne notre gentille justice ? Une affaire récente dont la presse n’a pas beaucoup parlé mérite d’être ici proposée à votre réflexion.

Une grande manifestation du secteur privé que le ministère concerné voulait chouchouter, devait réunir, dans un véritable esprit de Mapouto économique, des opérateurs privés qui se livrent, osons le mot, à une véritable guerre dans la Grande Île. L’un de ces opérateurs, mal vu par un opérateur rival et par l’un de ses actionnaires étatiques, voulait y prendre part. Injonction ministérielle : il fallait l’exclure de ce Mapouto local. Et le Joachim Chissano local reçoit la décision de l’exclure. Fort de son droit, un mardi matin, l’exclus fait donc constater l’exclusion par un huissier et, pour un référé, en appelle à la Justice, du moins y croyait-il encore. L’affaire était urgente, car la réunion de Mapouto X devait commencer le mercredi matin. Selon la coutume ou la règle – je ne sais trop bien –, la justice décide de siéger le mercredi matin de bonne heure.

L’avocat du non-candidat à l’exclusion expose au tribunal les faits et demande des dommages et intérêts pour les frais déjà engagés et pour les dommages subis, si toutefois il ne pouvait pas être présent à la réunion. Les observateurs impartiaux estiment que sa position était juste – on pourrait y mettre une majuscule qui ne serait pas trompeuse.

La présidente du tribunal, au lieu de dire tout de suite le droit comme on s’y attend en tout référé, renvoie le jugement l’après-midi à 14 heures. L’affaire ne devait pas être claire, car à 14 heures, la même présidente commence à bégayer et, arguant d’éléments nouveaux, renvoie le jugement au lendemain jeudi. Le jeudi arrive et, continuant à bégayer, la présidente, toujours elle, annonce que la décision sera prise le vendredi à 17 heures. La réunion mapoutophilesque avait commencé le mercredi et devait se terminer le dimanche. Le calendrier était mal engagé pour les plaignants.

Arrive le jour où le droit devait enfin être dit : sans prendre la précaution de justifier son jugement, la présidente a simplement débouté les plaignants. Les observateurs ont alors estimé qu’aucune justification n’était envisageable et que la magistrate avait donc été comprimée tout autant que son jugement. Les plaignants étaient donc bien exclus et sans dommages ni intérêts. On doit dire que la gentille présidente ne s’était pas pressée pour rendre une justice vraiment hâtive. On sait maintenant à quoi s’attendre à l’avenir. La Justice est morte, vive la justice.

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On s’agite beaucoup dans les milieux de la Hat. Le très cher Benja, Razafimahaleo pour les intimes, quand on lui demande ce qui lui est arrivé et rappelle que la Banque mondiale et le Fmi ont jugé favorablement sa gestion des finances publiques, constate « Que veut faire avec des fous pareils ? ». Ce qui ne l’empêche pas de discuter et penser à l’avenir avec deux de ces fous, Charles et Lilyson. On les a vus se réunir dans un salon privé du Colbert. On a appris aussi et de source sûre que Lilyson, le général Fidy et Alain Ramaroson ont mangé ensemble à La Varangue. Que se sont-ils dits ? Il n’y avait pas de micro enregistreur près de ces conciliabules.

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Une seule nouvelle, indéniablement bonne, pour tous ceux qui vivent ou séjournent à Madagascar. Le détestable Ravalomanana, aux dépenses toujours condamnables, avait prévu de doter son pays d’un ensemble complet de matériel d’imagerie médicale qui aurait dû être prêt à fonctionner pour le sommet de l’Union Africaine. Un institut avait même été construit sur le terrain de l’hôpital Ravoahangy-Andrianavalona à Antananarivo. Le bâtiment est debout et très bien conçu. Le directeur, recruté par le même détestable Ravalomanana, est un médecin malgache qui, dans ce domaine, a travaillé dix ans à Monaco. L’écho Dopler fonctionne. Et l’I.R.M. est déjà arrivé ; on peut espérer qu’il sera bientôt en service.

L’on doit aussi reprocher à l’horrible et détestable Ravalomanana de ne pas avoir prévu vraiment l’avenir et de ne pas avoir installé un hôpital psychiatrique pour soigner tous les fous qui prétendent nous gouverner aujourd’hui. La vie n’est pas bien gaie. On décharge des nouilles chez Francis.

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